• Comme indiqué dès octobre 2012 dans notre article 98 (voir cet article du blog), Bernard Arnault avait bien délocalisé son holding personnel Groupe Arnault en Belgique à hauteur de 64,26% (soit 25,17% en pleine propriété et 39,09% en usufruit). Ceci est confirmé par la publication des comptes de Pilinvest de l'année 2011 en ce mois de janvier 2013. Ce qui va lui permettre de gérer sa succession en payant un minimum d'impôts.

    Le "roi" du luxe est également celui de l'exil fiscal. La valorisation des titres (pour environ 3,1 milliards d'euros) doit évidemment prendre en compte le fait qu'une partie des titres apportés à Pilinvest est en usufruit. Nous pouvons donc maintenir notre évaluation de l'article 98.

    Pour le solde des actions "Groupe Arnault", soit 35,74%, aucune indication ne transparait pour l'instant. Seule une société Middleton, inscrite au Luxembourg avec un capital de 160,7 M€ et un apport en liquidités en contrepartie d'actif, a été créée en 2010. Rien n'a bougé en 2011.

    Les 18,08% du capital - anciennement détenus par Albert Frère via Belholding en Belgique et mystérieusement passés en filiale de Groupe Arnault (donc auto-détenus indirectement) via les sociétés Delcia et Ophydis (Delcia filiale directe et indirecte de Groupe Arnault) remplaçant la société Gesecalux d'Albert Frère entre 2008 et 2009 - demeurent sous Delcia en 2011. Par contre, et contrairement à l'affirmation des dirigeants du Groupe Arnault dans l'article de Libération du jeudi 24 janvier (en page 4), les titres de Belholding valorisés en 2008 à 11,65 M€ en 2008 dans les comptes de Gesecalux n'ont pas donné lieu à une véritable plus-value, en rapport avec la réelle valeur des 18,08% de Groupe Arnault : les comptes de Gesecalux 2009 donnent une plus-value sur cession de titres (donc sur les titres Belholding) de 3,6 M€ ; ce qui est une plus-value totalement ridicule. Il y a donc bien eu portage de la part du groupe Albert Frère. D'ailleurs, aucune plus-value significative dans les comptes sociaux de Frère Bourgeois en 2009. Par ailleurs, aucune vérification n'est possible pour Groupe Arnault, qui ne publie plus ses comptes depuis ... 2009 ! Année de cette "transaction" avec Albert Frère. Etrange, non ?

    B. Boussemart


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  • Après groupe Auchan, une autre composante du groupe Mulliez vient de s'adresser aux marchés financiers plutôt qu'aux banquiers habituels de la famille.

    Il s'agit de groupe Adeo, qui émet un emprunt obligataire de 100 M€ négociable sur le marché NYSE Euronext à Paris. Le taux proposé est particulièrement faible : 2,75%. Emission le 30 janvier 2013, à échéance du 30 janvier 2020.

    Comme quoi un groupe Mulliez présente des avantages.

    Ce qui conforte nos analyses, le groupe Mulliez faisant connaître ses comptes (notamment des SCA) à l'Autorité des Marchés Financiers, alors qu'il ignore superbement les publications aux greffes depuis des décennies pour les sociétés faîtières du groupe. Après tout, les injonctions éventuelles d'un Procureur de la République ne valent rien relativement aux intérêts de la finance internationale.

    B. Boussemart


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  • Bonjour

    Encore en 4ème position mondiale des grands distributeurs mondiaux en 2011, avec plus de 71,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires, le groupe Mulliez devrait prendre la 2ème place mondiale en 2012, derrière Wal Mart, et dépasser Carrefour et Tesco (Royaume-Uni). Ceci en ne prenant pas en compte les sociétés Mc Kesson et CVS Pharmacy, spécialisées principalement aux USA dans le domaine des services de santé.

    En 2011, (en M€) Wal Mart réalisait un chiffre d'affaires consolidé de 319 087, Carrefour de 81 271, Tesco de 74 381, Mulliez de 71 603 et Metro de 66 702.

    Avec la présentation de son chiffre d'affaires en 2012 (voir article 107 ci-dessous), Carrefour devrait avoir un chiffre d'affaires consolidé de 77 Mds€ (cessions de nombreuses activités intervenues en 2012 pour limiter la gestion catastrophique du groupe depuis l'arrivée du tandem Arnault-Colony).

    En revanche, le groupe Mulliez va intégrer :

    - la reprise des magasins Saturn France (venant de Metro) chez Boulanger ;

    - la reprise des hypers Metro d'Europe de l'Est, venant d'être rachetés par Auchan à Metro : chiffre d'affaires annuel de 2,6 milliards d'euros ;

    - l'acquisition des hypermarchés Delhaize en Hongrie ;

    - les investissements d'Auchan en Inde, d'Adeo en Turquie ...

    - la croissance organique des nombreuses filiales du groupe Mulliez. Déjà, au premier semestre 2012, le chiffre d'affaires du seul groupe Auchan enregistrait une croissance de 5,5% (rien à voir avec Carrefour, à - 1,8% sur la même période !!!).

    Par suite, le groupe Mulliez devrait atteindre sans difficulté au moins 78/79 Milliards d'euros de chiffre d'affaires.

    Et devenir second mondial, derrière l'impossible challenge Wal Mart.

    B. Boussemart

     


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  • Aujourd'hui, à 13h44, l'action Carrefour gagne 8,48% à 21,05 € par titre, après l'annonce d'une augmentation du chiffre d'affaires du groupe de 1% à 86,6 Mds d'euros.

    Les "pékins" ordinaires feraient bien d'y regarder à deux fois. Ce chiffre d'affaires est un chiffre d'affaires TTC (taxes comprises). Or, le CA Hors Taxes de 2011 (revu après toutes les ventes de filiales en 2012) est de 76 067 M€ (contre 81 271 M€ en 2011 lorsque ces filiales étaient encore dans le groupe). Si on ajoute le 1% de croissance, le chiffre d'affaires consolidé de 2012 devrait être logiquement aux alentours de 77 Mds d'euros, soit une baisse de 5,3% (dans le meilleur des cas). Carrefour devrait alors passer en 6ème position mondiale, et être dépassé par Wal Mart, Mc Kesson, CVS Pharmacy, Tesco et probablement le groupe Mulliez (après ses récentes reprises, notamment dans le groupe Auchan - avec le rachat de filiales au groupe Metro et l'investissement en Tunisie).

    Par ailleurs, le résultat opérationnel du groupe ainsi restructuré reste négatif en pro-forma 2011 à - 140 M€. Ce qui ne devrait pas augurer des résultats améliorés en 2012 (il faudra tenir compte de l'impact des éléments exceptionnels et des plus-values - réalisées une seule fois - sur les ventes des filiales). Arnault et Colony sont en train de dépecer le groupe Carrefour, pour s'en sortir (très mal) financièrement.

    Et on laisse encore faire longtemps ? Les petits actionnaires (notamment l'association qui a aidé Arnault lors de l'affaire Hermès) : que disent-ils ? Leur silence est assourdissant !!!

    B. Boussemart


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  • Comme rien ne se fait jamais au hasard dans le groupe Mulliez, l'augmentation de capital de Surbolem à hauteur de 44 995 K€ le 19 décembre 2012 laisse rêveur. Faite par les 3 holdings du groupe Mulliez (Acanthe à 37,8%, Cimofat à 27,7% et Valorest à 34,5%), elle permettrait de descendre vers Bolem, puis vers HTM Group (Boulanger). HTM Group a lui-même fait l'objet d'une augmentation de capital par Bolem (89,3%) appartenant au groupe Mulliez et par Ausspar (10,5%) appartenant en propre à Gérard Mulliez le 25 septembre 2012 pour 47 643 K€ au total.

    Si l'on regarde Virgin Stores (le holding qui contrôle directement les magasins et certaines filiales comme Virgin Mega, Virgin Café, VIP 400, et juste avant sa cession une participation dans Disticket), les résultats ne sont pas en effet très brillants depuis la reprise par Butler (France Private Equity III, à 69,15%) et Lagardère (qui a gardé 19,73%). Il faut dire que Butler se dit un partenaire financier stable (c'est une aimable plaisanterie pour un fonds d'investissement ; il a investi notamment - en ce moment - chez Partouche et Sernam). La seule participation qui dure semble être celle d'Osiatis (1998). Les autres participations sont postérieures à 2006.

    S'agissant de Virgin Stores, le Chiffre d'affaires diminue d'année en année (252 989 K€ en 2008 - sur 8 mois ; 340 698 en 2009 ; 330 775 en 2010 et 304 947 K€ en 2011), mais avec des cessions de magasins !!! Les résultats sont tous négatifs depuis 2008 (date de la reprise par Butler via VSSA Holding), à savoir - 3 757 K€ en 2008, - 8 961 K€ en 2009, - 2 038 K€ en 2010 et - 8 485 K€ en 2011 (mais avec d'importantes provisions). En même temps que les cessions, les effectifs ont fondu : 1 486 en 2008, 1 326 en 2009, 1 248 en 2010 et 1 216 en 2011 (les mêmes recettes que tous les fonds d'investissements - ces braves gens ne s'intéssent pas au coût financier).

    En parlant de coût financier, le holding par lequel est passé Butler, VSSA Holding, a apporté pour la reprise uniquement 15,2 M€, et a fait trois emprunts obligataires (bien évidemment convertibles) de 14 175 K€, 11 500 K€ et 4 000 K€. Comme d'habitude, les fonds d'investissement utilisent à fond ... l'effet de levier d'endettement. A condition (cf aussi Carrefour pour Arnault et Colony) que les profits soient suffisamment au rendez-vous pour couvrir les charges financières. Entre 2008 et 2011, VSSA Holding a perdu 23,2 M€. Et quand les profits ne sont pas au rendez-vous, on trouve de bons prétextes pour se désengager. Enfin, au niveau consolidé, le groupe VSSA a des fonds propres négatifs (- 7,6 M€), et des dettes financières de 35,6 M€ (emprunts obligataires), de 8,2 M€ (Natixis) et 5,6 M€ (HDS). Bon courage au repreneur.

    Et pour se désengager, il faut un bon repreneur ... Mais qui posera ses conditions. Le groupe Mulliez (et Boulanger) n'est pas du tout dans les mêmes dispositions que le fiston de Stéphane Mulliez, lorsqu'il a repris Surcouf, avec le "succès" que l'on sait, à la FNAC de Pinault.

    Ah, ces grandes familles !!! Bonnes négociations ?

    A suivre

    B. Boussemart

     


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