• Bonjour

    Effaré.

    Après avoir promis de revoir la fiscalité en faveur de la transmission des entreprises (merci qui ?), notre premier ministre de droite Ayrault vient d'annoncer une simplification administrative de taille : les PME de moins de 10 salariés et réalisant moins de 700 000 euros de chiffre d'affaires ne seront plus soumises à la publication officielle de leurs comptes.

    Transparence pour les ministres, et peut-être les députés .... Sans vérification aucune pour l'instant ... Et sans imposition sur les oeuvres d'art, n'est-ce pas Mr Fabius (voir les commentaires de l'article) !!! Mais absence totale de transparence qui deviendra effective pour tous les holdings de nos grandes fortunes, Mulliez en tête.

    Avec une telle simplification, c'est ... simple. Les holdings financiers n'ont jamais de salariés, et ne réalisent pratiquement jamais de chiffre d'affaires. Ils n'ont donc pas de déclaration à faire au greffe. Conclusion. Tous mes ouvrages auraient été impossibles à réaliser avec une telle "simplification". A se demander pour qui travaille ce gouvernement. On avait déjà eu un tel massacre sur la transparence des entreprises avec la création de la Société Anonyme Simplifiée (SAS) soit disant créée pour favoriser la création d'entreprises par les chercheurs français. On devait cette belle "simplification" à un autre homme de "gauche" : le grand ami de Jospin : le "mammouth" Claude Allègre. J'hésite encore pour savoir si c'est un gouvernement de "vendus" (n'est-ce pas Mr le Président qui n'aime pas les riches) ou si c'est un gouvernement d'incompétents. Mais dans les deux cas ... 

    Mittal : il rigole ... La sidérurgie, la pétrochimie, l'automobile ... françaises ... A la poubelle de l'histoire.

    C'est fini. Je ne voterai jamais plus "socialiste". A aucune élection. Et à commencer par les prochaines. Et idem. pour tous les partis de gauche, deuxième tour ou pas. Les élections, piège à cons ... N'est-ce pas, Dany le rose tendre ?

    B. Boussemart

     

    PS. Il est 23h57. Je voudrai ajouter ceci, suite à quelques appels téléphoniques. Au milieu des années 1970, était édité un livre très important (à l'époque je faisais un peu de philo. et je m'intéressai beaucoup à la question de l'Etat) de l'anthropologue Pierre Clastres (Editions de Minuit - 1974) qui disait ceci en page 169 : "Quand, dans la société primitive, l'économique se laisse repérer comme champ autonome et défini, quand l'activité de production devient travail aliéné, comptabilisé et imposé par ceux qui vont jouir des fruits de ce travail, c'est que la société n'est plus primitive, c'est qu'elle est devenue une société divisée en dominants et dominés, en maîtres et sujets, c'est qu'elle a cessé d'exorciser ce qui est destiné à la tuer : le pouvoir et l'exercice du pouvoir. La division majeure de la société, celle qui fonde toutes les autres, y compris sans doute la division du travail, c'est la nouvelle disposition verticale entre la base et le sommet, c'est la grande coupure idéologique entre détenteurs de la force, qu'elle soit guerrière ou religieuse, et assujettis à cette force. La relation politique de pouvoir précède et fonde la relation économique d'exploitation. Avant d'être économique, l'aliénation est politique, le pouvoir est avant le travail, l'économique est une dérive du politique, l'émergence de l'Etat détermine l'apparition des classes". Le titre de cet ouvrage : La société contre l'Etat.

    Ce qui explique à la fois la conclusion de mon ouvrage (cité dans mon commentaire ci-dessous, pages 332 à 347), portant sur une axiomatique de la valeur et la position de ce jour vis-à-vis du politique. Quand les bornes sont dépassées ...


    4 commentaires
  • Bonjour

    Surprise ce jour : Bernard Arnault déclare à trois "journalistes" du "Monde" (Vincent Giret, Stéphane Lauer et Virgine Malingre - ils s'y sont mis à trois, c'est tout dire) : "Je retire ma demande de nationalité belge". Tu parles. Il avait déjà été retoqué par l'Office des étrangers du ministère de l'intérieur belge et par le parquet de Bruxelles ; seule la Sureté de l'Etat (les services de renseignement belges) avait donné un avis favorable. Et il n'y avait guère de chance pour que la commission de naturalisation de la Chambre des députés se prononce favorablement. Il a donc préféré se désister avant de subir un nouveau camouflet. Il faut dire que la Belgique n'est ni Guillaume Durand, qui avait fait un film dithyrambique sur la vie et l'oeuvre de Bernard Arnault (il faut aussi dire que Guillaume Durand n'est qu'un employé d'une chaîne appartenant à Bernard ... mais ceci n'a évidemment rien à voir), ni les journalistes du "Monde". Ces braves journalistes mangent d'ailleurs le morceau au début de l'interview : suite au "Casse-toi riche con", "le PDG de LVMH ... n'a pas hésité à l'époque à ne plus publier de publicité dans les pages du quotidien". Ben ma brave dame, il faut bien vivre, et la liberté de la presse (comme la tartuferie) ne connaît pas de limite. Champion, les trois "journalistes". Faut dire qu'ils ont des excuses. Quand j'ai appris ce revirement de Bernard Arnault, j'ai immédiatement mis sur le "blog RTL" les commentaires (voir ci-dessous) qui s'imposaient. Ce commentaire figure sur ce blog. Mais je crains fort qu'il n'y reste, et ne sera pas repris par Apathie et consorts, et notamment ce soir dans la grande émission "on refait le monde", libéral bien sûr.

    Toujours est-il qu'il n'est pas inintéressant de reprendre les questions-réponses de cet "interview".

    1. Les éventuelles "querelles" familiales sur son empire lors de sa succession sont totalement "bidon". La famille Mulliez a tout à fait réussi (et en France) a préserver son empire ; y compris avec de nombreux membres de la famille ayant émigré en Belgique pour des raisons fiscales. C'est d'ailleurs ce qu'a fait Bernard Arnault avec la société belge PilInvest (voir nos articles dans ce blog).

    2. Notre Bernard Arnault restant national paie ses impôts en France. Mort De Rire. Nos journalistes ne savent même pas que sa société personnelle "Groupe Arnault SAS" (tiens, je vais les aider : le numéro du registre du commerce est 314 685 454 ; il suffit d'aller sur Infogreffe pour se renseigner) a déclaré entre 2000 et 2008 un peu plus de 427 M€ de bénéfices avant impôts, et 499 M€ après impôts : ce qui veut dire que c'est le fisc français qui a fait des chèques pour près de 72 M€ à la famille Arnault. On comprend mieux pourquoi Bernard Arnault ne veut pas quitter la France pour des raisons fiscales, tant que c'est l'Etat qui lui reverse de l'argent. Il confond sciemment ici l'impôt payé par LVMH (et il n'y a pas que lui comme actionnaire) et le retour d'impôt qu'encaisse son holding personnel. Mais bon, nos grands journalistes ne doivent pas y connaître grand chose. Bernard Arnault a d'ailleurs des pudeurs : "je ne vous dirai pas ce que je paye comme impôt à titre personnel". Tu parles, Charles. Cher Bernard Arnault, pouvez-vous dire également pourquoi vous ne publiez plus les comptes de ce même holding personnel depuis 2009 (compris) ; donc bientôt depuis 4 ans. Encore quelque chose à cacher, comme citoyen et famille exemplaires ?

     3. Ensuite, Cher Bernard passe aux nombreux emplois qu'il crée en France. Au secours !!! En 2004, le nombre de CDI et CDD en Equivalent Temps Plein appartenant à LVMH en France était de 18 670 personnes ; fin 2010, il était de 18 679 personnes. Et fin 2012, il est de 21 095 (20 456 en 2011). Où sont les 3 000 embauches indiquées dans l'article ? Quelles sociétés ? D'autant qu'entre 2010 et 2012, il a racheté des sociétés (comme Bulgari) qui occupaient déjà des salariés en France, et qu'il faut bien évidemment ajouter à l'ancien total pour faire une véritable comparaison. Cher Bernard Arnault a l'habitude de s'approprier le travail des autres ... Mais aussi les emplois créés par d'autres.

    4. Sur son exil fiscal. Il ne parle que de sa fondation. Ici encore, les journalistes ne sont pas très curieux. N'est pas Médiapart qui veut !!! Notre Cher Bernard Arnault mélange sa fondation (ProtecInvest - Registre du Commerce belge 808 656 336) avec la société qui détient les titres de Groupe Arnault SAS (voir notre article ci-dessous) : PilInvest (RC belge 466 270 684). Et la fondation n'y est pour rien là-dedans. Les titres du holding Groupe Arnault SAS sont bel et bien en Belgique pour éviter l'impôt sur les successions. Encore un mensonge de Cher Bernard Arnault à nos journalistes ... très bien in(dé)formés !

    5. Cerise sur le gâteau : l'utilisation des paradis off shore. Cher Bernard Arnault reconnaît bien que des filiales de son groupe LVMH sont dans des paradis fiscaux. Mais bon, c'est uniquement pour le business et créer des emplois en France. Donc, c'est pour vendre de la quincaillerie pour riches chinois (il cite Hong-Kong et Singapour). Encore un mensonge. Il oublie par exemple que ce sont 4 sociétés panaméennes (voir également l'article 115 ci-dessous) qui ont fait toutes les manipulations purement financières pour tenter de reprendre le groupe Hermès International. Notre Cher Bernard Arnault est comme sa filiale de "distribution sélective". Il a la mémoire "sélective".

    6. Toujours dans les paradis fiscaux, il oublie ... la Belgique pour un autre motif : les intérêts notionnels dont bénéficient les filiales financières de Carrefour et de LVMH en Belgique. Là encore ... Mémoire sélective et journalistes de non-investigation !!!

    J'ajoute que tout ceci est bien connu. Non seulement via ce blog, mais aussi via nos ouvrages divers, dont le dernier sur "Les grandes fortunes, les banquiers et les politiciens". Mais cet ouvrage, que le "Monde" a bien évidemment reçu lors de sa publication comme toute la presse française (y compris la presse locale - suivez mon regard vers "La Voix du Nord") n'a fait l'objet ni de commentaires, ni de critiques. Vive la presse "libre".

    B. Boussemart


    1 commentaire
  • Bonsoir,

    Si vous avez regardé l'émission de dimanche soir, il y avait une vraie syndicaliste - FO - qui parlait de ses conditions de travail, notamment des questions de temps partiel ... imposé etc. ... Nous ne sommes pas là dans un discours qui quémande des miettes contre une aggravation du temps de travail ... ou dans des pratiques qui renient une action en justice (engagée par ces mêmes vraies syndicalistes) pour faire reconnaître un grand groupe. Suivez mon regard ... D'ailleurs, il est permis de se demander pourquoi un tel abandon de ces autres "syndicalistes".

    B. Boussemart


    2 commentaires
  • Bonsoir

    Ne pas crier avec les loups ... Trop facile. Par contre, ce que nous avions indiqué depuis plusieurs articles de ce blog, avec un seul exemple, celui du très célèbre Bernard Arnault :

    - affaire LVMH / Hermès. Pour reprendre Hermès, LVMH a notamment utilisé 4 sociétés panaméennes, toutes situées au Bâtiment PH 2000, 50ème avenue, à Panama City : il s'agit de Eley Finance Corporation, qui contrôlait à la même adresse les sociétés Ashbury Finance Inc, Bratton Service Inc, et Ivelford Business SA. Ces trois dernières sociétés contrôlaient respectivement fin 2009 le capital de Hermès International à hauteur de 0,51%, 0,79% et 2,08% ; chacune de ces sociétés exotiques avait 1 € de capital, et était avec des dettes "groupe" de 331 538 K€, venant de Eley Finance Corporation, qui avait elle-même emprunté 330 352 K€ au groupe LVMH (aucune société n'est mentionnée dans les comptes 2010 publiés de Eley Finance SA, société devenue française le 2 décembre 2010). Il faut dire que le miracle de la transformation d'une société panaméenne en société française s'est produit à cette même date du 2 décembre 2010 pour les 4 sociétés en même temps, qui deviennent respectivement Eley Finance SA, Ashbury Finance SA, Bratton Service SA et Ivelford Business SA. Il faut dire que les 4 sociétés panaméennes ont été bien conseillées, par un cabinet juridique et comptable français de réputation internationale : il s'agit du Cabinet CMS Bureau Francis Lefebvre, avec la mention suivante dans les statuts transformant les sociétés panaméennes en sociétés françaises : la société (chacune des 4 panaméennes) ... donne dans l'ordre du jour ... "mandat ... ainsi qu'à Maître Bruno Peillon et à tout autre avocat du Cabinet CMS Bureau Francis Lefebvre, pour accomplir les démarches nécéssaires au Panama et en France pour organiser et officialiser le transfert de siège social". C'est y pas beau, l'internationale des avocats d'affaires, en liaison avec les multinationales présentes dans les paradis fiscaux ... Pour info, après quelques achats supplémentaires de titres par Ashbury Finance SA en 2011, les trois sociétés filiales de Eley Finance détenaient 3,53% du capital Hermès International, sans jamais avoir déclaré les franchissements de seuil, avec la complicité de banques françaises (l'instruction est en cours au niveau judiciaire suite aux demandes d'Hermès) pour un total investi de 329 M€ à l'achat, valorisé fin 2011 à 860 M€. Qui a dit que les paradis fiscaux n'intéressaient pas les multinationales françaises ? Petite plus-value à fin 2011 de 531 M€ pour LVMH sur cette opération menée depuis le Panama ... Il est pas beau, mon chapeau ? Et pas en paille ...

    - affaire des intérêts notionnels en Belgique. LVMH comme Carrefour disposent de sociétés, qui ont réalisé sur les deux années 2010 et 2011 avant impôt des bénéfices de 185,5 M€ pour LVMH Finance et de 1 239 M€ pour GMR et Carrefour Finance ; LVMH Finance a payé pour ces deux années 20,3 M€ d'impôts (11% de taux d'imposition) et les deux sociétés dépendantes du groupe Carrefour 0 € !!! Carrefour Finance déclarait en Belgique pour la seule année 2011 plus de 171 M€ d'intérêts notionnels, c'est à dire de charges financières fictives. Comme quoi il ne faut pas seulement regarder très loin pour trouver des paradis fiscaux.

    - affaire des droits de succession. Nous avons déjà dit dans ce blog l'évasion fiscale de la famille Arnault (et notamment de Bernard Arnault pour les droits de sa succession) programmée avec la délocalisation en Belgique de 64,22% du holding familial "Groupe Arnault" via la société Pilimvest. Ces 64,22% du groupe Arnault peuvent être valorisés à environ 15 milliards d'euros. De quoi devoir payer des droits de succession en France.

    Comme dirait la presse bien pensante : mais tout ceci est parfaitement légal.

    Sans blague ? Et ça ne pose pas de problème ? Aux salariés qui gagnent péniblement 1 200 € par mois ; et à qui des gens comme Ghosn ou la famille Michelin vont demander au nom de l'ANI de ne pas augmenter leurs salaires pendant deux ans et de travailler plus. Par qui cet ANI a t-il été signé ? Et qui est en train de faire passer en douce au parlement (pendant qu'on parle d'autre chose - de broutilles à côté de ce qui vient d'être indiqué pour Arnault - et il est loin d'être le seul, et tous les gouvernements européens sont de mèche pour les paradis fiscaux - ne pas faire peur aux capitalistes internationaux voulant garder leur fric pour eux seuls et ne pas le partager avec les mécréants qu'ils exploitent davantage chaque jour) cet ANI qui devrait être honni par toutes les organisations syndicales qui méritent ce nom !!! Par ce gouvernement en place ... Parlons d'autre chose, pendant que l'on détricote un peu plus, pardon, pendant qu'on écrase sous le joug capitaliste les avancées sociales issues des luttes du XXème siècle ; il suffit de voir comment la presse s'est emparée du problème des paradis fiscaux. Ni Chirac, ni Sarkozy, ni Hollande ... ne se sont attaqués et ne s'attaquent à cette question, dans le cadre d'une Union Européenne social-libérale qui entend bien rester de plus en plus libérale et de moins en moins sociale. La presse, une nouvelle fois, fait diversion et vend du papier sur un problème (les paradis fiscaux) dont elle sait pertinemment qu'il ne sera pas attaqué par les gouvernements actuels. Arnault peut dormir sur ses deux oreilles.

    Bien plus grave, ceci permet de faire passer des lois scélérates, comme l'ANI. Qui sont un recul pour les travailleurs, avec un petit "bonus" pour faire avaler la pilulle. Au fait, bénéficier de mutuelles ... ce n'est pas aussi favoriser la privatisation (rampante) du démantèlement de la sécurité sociale (pourquoi des mutuelles, quand la sécu rembourse de moins en moins ; et qui est aux aguets derrière, sinon les compagnies d'assurances). Et de Montebourg qui en plus veut vendre les derniers bijoux de famille de la France aux intérêts privés. Il réfléchit de temps en temps à ce qu'il raconte ? Et à ses contradictions ? Que reste t-il à privatiser, cher "camarade" de Montebourg ? Alors que par ailleurs il fallait nationaliser la sidérurgie ... Du grand n'importe quoi !!!

    B. Boussemart

     


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