• Bonjour

    Groupe Arnault vient de publier les informations concernant une augmentation de capital.

    C'est la bonne occasion de vérifier les estimations de la fortune familiale que nous réalisons pour le magazine Capital, par rapport à l'estimation habituelle de Challenges. Nous donnions comme fortune familiale la valeur de 28,96 milliards d'euros fin juin 2015 ; et Challenges 34,66 milliards d'euros fin juillet 2015.

    En juin/juillet, la valeur de LVMH (principal actif de groupe Arnault, avec la participation dans Carrefour) tournait autour de 160/165 €uros. En décembre 2015 (date de l'augmentation de capital) elle était autour de 145 €uros (dernier cours fin janvier à 148,2 €).

    La valorisation de groupe Arnault lors de l'augmentation de capital est de 25,07 milliards d'euros. Nous laissons aux spécialistes de Challenges la réalisation des calculs à partir des informations publiées officiellement. Cette valorisation est incontestable et traduit bien ce que vaut le groupe dans sa totalité, l'opération étant ouverte fin novembre 2015 à tous les actionnaires. Nos lecteurs savent notamment que la famille Arnault ne possède pas la totalité des titres du groupe, le Crédit agricole détenant 5,51% du capital (ce pourcentage tombe à 5,41% après l'augmentation de capital). L'augmentation de capital a été intégralement souscrite (pour 283 549 titres sur 322 214 offerts) par Pilinvest, la société belge qui contrôle les intérêts personnels de Bernard Arnault et de ses enfants. En tout état de cause, la famille Arnault dans son ensemble (et il faudrait dénouer les relations financières au sein du groupe) ne possède pas plus de 94,59% ; ce qui valorise la fortune familiale à 23,714 milliards d'euros.

    En tenant compte de la baisse de valeur de LVMH (et de Carrefour) entre juin/juillet 2015 et décembre 2015 (environ 12%), notre évaluation de juin serait actuellement de 25,48 milliards d'euros (écart de 7,4%), et celle de Challenges de 30,5 milliards d'euros (écart de 28,6%).

    Il n'y a pas photo entre les deux valorisations. Ce qui confirme en même temps la troisième position de la famille Arnault dans les grandes fortunes françaises, derrière la famille Mulliez et la famille Bettencourt.

    Comme je le disais déjà, Messieurs de Challenges, retournez à vos bouliers.

    B. Boussemart

     


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  • Bonjour

    Vous avez entendu ce Week-end de nombreux commentaires sur ce contrat de travail "agile", qui permettrait à tout employeur de licencier comme il veut ses salariés. Ces malheureux chefs d'entreprises sont en effet traumatisés par l'exigence de justifier leurs décisions de licenciements, et sont confrontés à des décisions de prud'hommes. Ils ne veulent plus prendre de risque financier sur l'emploi.

    Bien. Mais j'avais toujours appris lors de mes études d'économie que l'entrepreneur libéral méritait son profit (c'est ce qui le distingue du prêteur qui veut un intérêt pour l'usage de son argent) parce qu'il prenait un risque. C'est la fonction de l'entrepreneur schumpétérien : révolutionner les modes de production par l'innovation, en prenant des risques sur les moyens (techniques, humains ...) permettant une offre distinctive (nouveaux produits ou services ...). L'entrepreneur, c'est celui qui prend un risque pour le capital qu'il investit.

    Donc, nos nouveaux entrepreneurs ne veulent plus prendre de risques. Eux qui critiquent la fonction publique ; pas de risque sur le contrat de travail, pas de risque sur le coût du travail (pas de charges sociales patronales sur un salaire brut jusque 1,3 SMIC - ce devrait être un nouveau dispositif du Xième plan d'Hollande pour lutter contre le chômage ...) ... Ils vont bientôt devenir adeptes de la planification à la soviétique en exigeant des consommateurs qu'ils achètent obligatoirement leurs produits sous peine de sanction. Ils y sont d'ailleurs presque, à partir de positions oligopolistiques conquises dans de nombreux secteurs, avec une concurrence réduite au minimum, des ententes sur les produits, les prix ...

    En fait, ce contrat de travail "agile" est le nouveau ballon d'essai du patronat, destiné en réalité à faire avaler la pilule du barème qu'il essaie d'imposer pour les indemnités décidées par les prud'hommes. Avec la bonne vieille tactique de "demander plus" pour effrayer, afin d'obtenir moins (en fait l'objectif réel), ce qui permettra aux politiques et aux syndicats d'afficher une nouvelle victoire contre le patronat, alors qu'il s'agira d'une capitulation en rase campagne (Macron 1 avait été retoqué par le conseil constitutionnel sur ce dispositif des prud'hommes).

    Nos chers libéraux sont indécrottables. Beaucoup de libéralisme pour les autres, et le maximum de protection pour eux. Le risque, c'est pour les salariés, pas pour eux.

    Vive les nouveaux emplois "Hollande/Macron". Par petits pas, le code du travail pour lesquels les salariés ont lutté pendant des décennies va bientôt être vidé de toute substance. Le social-libéralisme est dépassé par le libéralisme pur et dur. Et surtout, ne bougez pas le petit doigt : l'état d'urgence est là, pour une durée ... indéterminée. On sait maintenant à quoi ça sert ! Et il s'agit de renouveler la flamme de la peur avec toutes les commémorations ... alors que les franciliens préfèrent aller aux soldes plutôt que Place de la République ... Mais ce sont des lève-tard, d'après Anne Hidalgo. Une petite larme à la "Obama" peut-être ?

    B. Boussemart


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