• Bonjour,

    Les journalistes de Challenges, avec l'article 234 ci-dessous, n'avaient qu'à reprendre les informations de la pièce attachée "Kalimera" - indiquée à nouveau ici :

    Télécharger « Kalimera2015d.pdf »

    Puisqu'ils ne savent même pas lire, il suffisait de prendre les pages 10 et 11 et où l'expert indiquait qu'il avait repris l'évaluation de Financière Pinault par la banque Rothschild (excusez du peu), et que cette évaluation - reprise en détail en page 12 - donnait la fortune Pinault à 7 856 M€.

    Cette évaluation tenait compte de l'ensemble de la fortune (Kering, Fnac, vignobles, collections d'art, immobilier ...), estimée à 11 981 M€, mais aussi - comme nous le faisons pour nos évaluations dans le magazine "Capital" - de l'endettement de la famille au niveau le plus élevé, soit un total de 4 124 M€. Ce qui donne effectivement une fortune de 7 856 M€.

    Nous sommes loin de l'évaluation "2016" de la fortune de la famille Pinault (11 300 M€). "Challenges" s'est contenté d'ajuster les cours de bourse ; et comme à son habitude, ignore superbement l'endettement des riches. C'est comme si - lorsque vous achetez votre appartement ou votre maison (par exemple 250 000 €), votre fortune serait évaluée à cette valeur de 250 000, alors que par exemple vous avez dû vous endetter auprès de votre banquier de 150 000 €. En fait, votre patrimoine réel - et le banquier vous le rappellera si vous ne remboursez pas les mensualités d'emprunt - ne vaut en fait que 100 000 €, tant que la dette n'est pas éteinte.

    C'est valable aussi pour les grandes fortunes.

    Challenges, c'est donc du "bidon". Il est vrai que reprendre toutes les sociétés de contrôle du groupe (Financière Pinault, les diverses Artemis, TEM avant sa radiation, ...) ça demande du temps et de l'investigation. Il est préférable pour le journaliste de Challenges de s'extasier en pages 56 et 57 sur le mécène Pinault ! Airy Routier nous avait habitué à du plus "lourd". Mais s'il faut se mettre à la "hauteur" de vues de Challenges !!!

    Prochain article - le cas Dassault

    B. Boussemart


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  • Bonjour

    Non, ce n'est pas une conversion à la "macronite" aigüe qui fait le buzzzzz actuellement ; après la rencontre entre Gérard Mulliez et Macron dans la villa de ce dernier au Touquet.

    Plus prosaïquement, il s'agit tout simplement (si on ose dire) de la "cross-border conversion", en langage français du transfert du siège social des Pays-Bas vers la France de la société Burgodam BV, que contrôlait Gérard Mulliez. Nous avons souvent indiqué que contrairement à ce qu'il affirmait, Gérard Mulliez n'avait pas seulement des sociétés en France, mais également une société aux Pays-Bas, à savoir Burgodam, qui gérait certains de ses intérêts financiers. Les 6, 7, 8 et 9 juin 2016, les diverses modalités de ce transfert ont été enregistrées aux Pays-Bas, et les statuts d'une société française, Burgodam, adoptés antérieurement le 23 mars 2016, ont été officiellement déposés au greffe du tribunal de commerce de Paris (et non pas Lille Métropole) le 23 juin 2016.

    Ces statuts de la Burgodam "France" consistent en une Sarl au capital de 18 152,12 €, avec 40 002 parts sociales détenues par les 3 sociétés civiles Arfil, Pafil et Amfil à parts égales ; ces trois sociétés civiles sont celles des enfants de Gérard Mulliez, en sachant que ce dernier et son épouse sont les gérants des 3 sociétés civiles.

    La coupe d'Europe de football a été particulièrement fructueuse, puisque dans la foulée de ce transfert en France, la dite société Burgodam France a fusionné avec la société Ausspar, qui regroupe dorénavant tous les intérêts familiaux de Gérard Mulliez et de ses enfants. En effet, le 24 juin, les membres de la famille de Gérard Mulliez ont procédé à la fusion de la nouvelle société Burgodam avec Ausspar. En contrepartie de cet apport, les trois sociétés civiles ont reçu chacune 854 913 actions nouvelles ADP 2, chacune de ses actions étant valorisée à 148,62075 €. Les apports totaux ont donc donné lieu à une augmentation de 854 913 x 3 x 148,6275 € = 381 173 443,73 €. Beau transfert de capital vers la France, d'autant que cet apport a donné lieu en outre au constat d'une prime de fusion de 23 033 462,99 €, l'apport total des actifs net de Burgodam BV, puis Burgodam France étant de 404 206 896,72 €. Admirons la précision des calculs.

    Le nouveau capital d'Ausspar est depuis divisé en 20 824 435 actions, réparties entre :

    - 17 308 819 actions AOA ;

    - 314 752 actions AOB ;

    - 636 125 actions ADP 1 ;

    - et 2 564 739 actions ADP 2.

    Rappelons que la mise en ordre de la maison "Ausspar" avait déjà été partiellement réalisée avec des apports de titres "groupe Mulliez" en octobre 2014 par ces mêmes trois Sociétés civiles, apports qui avaient donné lieu à la création de 30 218 actions AOB.

    Le total du capital d'Ausspar (hors les primes de fusion ...) est donc actuellement de 3 095 M€. Ce qui donne une première approximation de la valeur du patrimoine familial. Attention, les "bouliers de Challenges", ce n'est que la partie "capital" de la société ...

    En outre, lors des apports de Burgodam, le patrimoine de cette société a été dévoilé. Burgodam contrôlait aux Pays-Bas à la date du 30 novembre 2015 : 66,67% de la société belge Astrid Management (le reste étant détenu la famille de son frère Philippe), 99,97% de la société belge Damburg et 41% de la société française Corot, cette dernière détenant une participation de 12,38% dans le groupe Décathlon.

    Rappelons également qu'au 30 septembre 2004 (dernier exercice publié au greffe ; depuis Gérard Mulliez s'est exonéré de toute publication des comptes annuels, sans faire l'objet de poursuites du greffe et/ou du procureur de la République) Ausspar détenait 70,96% de la société Soparsam, 32,7% de la société Cadi (qui va devenir le groupe Acadie - en 2015, Ausspar a probablement cédé à son frère Patrick la participation de 33% qu'il possédait dans Acadie, contre 33% d'Astrid Management, qui contrôle le groupe belge Maco Pharma), 9,32% dans le groupe Leroy-Merlin (qui va devenir Adeo) et diverses participations de 0,95% dans Auchan, 0,21% dans Boulanger et 0,35% dans Agapes. En 2008/2009, après la fusion entre Soparchan B et Soparsam, la séparation des titres détenus par Soparsam dans Boulanger et Agapes vers Ausspar, puis la fusion entre Soparsam (ainsi réduit) et Auchan, Ausspar détenait environ 10% de titres Auchan, de titres Leroy-Merlin, de Boulanger et d'Agapes.

    Ce transfert et cette fusion achèvent une série d'opérations qui préparent en fait la succession de Gérard Mulliez.

    Petite remarque finale : vous avez appris ici sur une partie de la famille Mulliez des informations inédites, et clairement argumentées. Je ne vous renvoie pas à l'article de Challenges sur les "Fortunes de France" (pages 74 à 76) où il n'y a que du baratin, à la mode habituelle du "journaliste" bidon (c'est du tintin à la plage). Et bien évidemment, aucune évaluation sérieuse de la famille Mulliez, classée en 3ème position avec 26 Mds€. Nous renvoyons à nos articles récents pour la véritable valeur détenue par la famille Mulliez.

    B. Boussemart

    Voir les commentaires d'Erwan ci-dessous annonçant le recul quant à l'étendue du mariage qui avait été projeté entre Auchan et Système U. La presse du 13 juillet (le Monde, le Figaro ....) avaient repris cette information.

    B. Boussemart

     


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  • Bonjour

    Challenges vient de publier son  classement 2016 des grandes fortunes.

    Nous sommes particulièrement satisfaits de voir que Challenges reprend notre classement sur la famille Bettencourt et sur la famille  Arnault. Il faut dire qu'ils n'avaient pas beaucoup le choix après nos publications dans ce blog.

    Par contre, ils n'ont toujours pas compris le classement de  la famille Mulliez. Pourtant, les 3 holdings qui forment le groupe Mulliez viennent de publier leurs comptes, qui confirment notre classement pour le magazine Capital.

    Et toujours les mêmes bêtises pour les autres fortunes. Notamment pour Dassault, Pinault ...

    Nous allons donc nous attacher dans nos prochains articles à faire ce que nous avions fait pour décrédibiliser Gobin par rapport à nos travaux qu'il avait utilisés ; et dès que la séparation a été actée, plus aucune information fiable chez ce "journaliste" de pseudo investigation (y compris dernièrement sur la question du fisc - voir le blog dans les articles ci-dessous) ; et nous allons donc publier nos  propres calculs (sans que Challenges puisse "pomper" nos informations à l'avenir), sur les 50 premières fortunes, qui constituent l'essentiel du classement.

    En espérant que les médias qui reprennent habituellement le classement de "Challenges" comprennent enfin qu'il ne relaient que des données "bidon", et fassent preuve de discernement. Mais peut-être est-ce trop leur demander.

    B. Boussemart


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  • Pas d'autre commentaire à faire. Ce premier ministre ne vaut rien de plus.

    Reste l'espoir que les députés le virent (on peut toujours rêver sur leur petit confort parlementaire). Mais les français n'auront pas cette fois la mémoire courte.

    B. Boussemart

    Petite remarque supplémentaire ce jour 7 juillet : nous avions indiqué sur Radio Campus entre 12 et 13 h hier midi (donc le 6 juillet) que les clowns contestataires du PS (ceux qui s'appellent eux-mêmes les frondeurs) ne réuniraient pas à 2 voix près le nombre de députés permettant de déposer une motion au titre du 49.3. Pari gagné (il n'y a aucun mérite). Voir dans Radio Campus Lille  nos explications ; et sur le double (ou triple) jeu entre Hollande, Valls et les frondeurs, pour sauver ce qui reste du PS !!! Honte à ces frondeurs qui font semblant de contester pour mieux garder leurs petits avantages. Là encore, il faudra se rappeler de tous ces clowns ... bien tristes.

    B. Boussemart


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  • Bonjour

    Décidemment, la désinformation continue. Cette fois, en la personne même de Gérard Mulliez, qui affirme sans aucune information chiffrée que les sociétés de la famille Mulliez ont payé 12,2 milliards d'euros d'impôts sur les résultats en dix ans, dans une interview à Valeurs Actuelles, reprise notamment par LSA et La Voix du Nord.

    On se demande comment Gérard Mulliez arrive à un tel résultat. Ou il ne sait plus compter ... ou il ne dispose pas des bonnes informations sur les sociétés du groupe ... ou il ment. Les trois ne sont pas exclusifs.

    Voici donc les impôts payés par les plus grandes sociétés du groupe. Nous avons compté large, en prenant les comptes consolidés des groupes(qui comprennent les résultats des implantations à l'étranger), lorsque ces comptes étaient publiés. Et avons validé en regardant pour les principales sociétés françaises les comptes sociaux de chaque groupe (voir pièce attachée ci-dessous). Pour les trois principales composantes du groupe, le total des impôts payés par les principales sociétés françaises de chaque composante est largement inférieur à l'impôt consolidé.

    Télécharger « LES IMPOTS PAYES PAR LES SOCIETES DU GROUPE MULLIEZ.pdf »

    Nous arrivons péniblement à 8,6 milliards d'euros sur 10 ans en données consolidées. Il est permis de se demander où Gérard Mulliez a pris ce chiffre de 12,2 Mds€ : les quelques "trous" dans le tableau - suite à la non publication des comptes de certaines sociétés (Cultura, Picwic, des sociétés de diversification ...), ou l'absence de données consolidées pour certains groupes (Agapes,  Boulanger), ne permettraient jamais d'arriver à 12,2 milliards d'euros. Les sociétés reprises sont en effet de très loin les plus grosses sociétés du groupe, et les plus rentables, donc les plus imposables. Kibe/Oosterdam reprend en effet les sociétés Pimkie, Grain de Malice, Rougegorge Lingerie, le groupe Acadie reprend les sociétés Fragrance, Tape à l'œil, Top Office ... Boulanger ne s'est redressé que très récemment, et ne publie aucun compte.

    Et Gérard Mulliez ne peut pas invoquer les impôts payés par les holdings intermédiaires et les surholdings. Les holdings intermédiaires (comme Aumarché, Bolem, Restag, Lebrico, SLI, SVI, ...) ont payés 47,48M€ supplémentaires  pour les remontées de dividendes, pour des bénéfices nets de 2 456,31 M€ entre 2005 et 2014 ; et les surholdings ont  bénéficié de crédit d'impôts (un impôt négatif) de 0,79 M€ entre 2009 et 2014, pour des bénéfices nets remontés de 1 878,19 M€. Enfin,  les impôts payés par les SCA (Acanthe,  Cimofat, Valma et Valorest) qui ont publié leurs comptes entre 2005 et 2014 sont ridicules : 33,51 M€, pour 2 824,33 M€ de bénéfices réalisés.

    Et comme d'habitude, nos journalistes n'ont pas vérifié l'information gentiment donnée (et pour cause) par Gérard Mulliez.

    Braves gens, dormez bien.

    Gérard Mulliez - pour sa peine - devrait payer en impôts la différence entre les 12,2 Mds (oh, que ça fait beaucoup, mais c'est sur 10 ans) qu'il indique, et les 8,6 M€ de notre calcul. N'est-ce pas, Mr Macron, entre  gens de bonne compagnie au Touquet ...

    B. Boussemart


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