• Bonjour

    Non, vous ne rêvez pas. Le groupe Oosterdam/Pimkie, qui paraît-il, n'aurait pas les moyens d'augmenter ses salariés, vient de faire remonter 645 M€ de dividendes fin 2015, via le surholding Suramac.

    Pourtant, rien ne transparaît dans les comptes des deux filiales de Suramac (Mac Marketing Advertising Consultants ; et Haped Commercial Enterprise - toutes deux situées aux Pays-Bas, paradis fiscal bien connu et bien utilisé à divers niveaux par la famille Mulliez). Sauf que :

    - Haped, qui possédait 60% de Woelsewaard (le holding qui contrôle Oosterdam), a cédé en 2015 ces 60% à Mac Marketing, moyennant un prix de 372 M€ ; réalisant ainsi une belle plus-value sur la valeur de ces mêmes titres (66 M€ dans les comptes 2014) ; et qu'immédiatement après, Haped a eu l'extrême gentillesses de verser un dividende de 350 M€ à Suramac (prélevé sur  le montant des anciennes réserves à 77 M€ et sur le bénéfice net réalisé en 2015 de 293 M€, suite à la vente évoquée) ;

    - Mac Marketing Advertising a donc racheté au prix fort les titres Woelsewaard, filiale qu'il contrôle maintenant à 100%. Pour ce faire, Suramac a augmenté le capital de Mac Marketing, mais a entraîné un endettement supplémentaire pour cette filiale de 181 M€. Compte tenu du dividende payé à Suramac de 295 M€, c'est par l'endettement que le groupe fait remonter de l'argent : les dettes financières consolidées sont passées de 65 à 288 M€ entre 2014 et 2015 ; ce qui a permis de cumuler une trésorerie consolidée à 531 M€.

    La manipulation est donc limpide : le groupe a fait remonter vers Suramac l'essentiel de sa trésorerie ; et Suramac va pouvoir verser à ses trois sociétés de contrôle de la famille (Acanthe, Cimofat et Valorest) la majeure partie de cette trésorerie, laissant à Suramac et au groupe Pimkie tout l'endettement évoqué : Suramac a déjà mis en compte une créance sur les sociétés du groupe de 332 M€.

    Quant aux salariés, prière de ne pas vouloir de hausses de salaires, de travailler le dimanche et les jours fériés, et de se laisser licencier avec le minimum de dépenses pour le groupe, suite à la loi travail. Le CICE des sociétés de groupe (Diramode, PPP, Rouge-Gorge Lingerie) a rapporté en 2015 un total de 2,6 M€.

    Bonne lecture

    B. Boussemart


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  • Bonjour

    Vous trouverez  dans la pièce jointe l'analyse des comptes publiés par Auchan, Carrefour et Casino pour le 1er semestre.

    J'en profite pour insister sur deux faits liés aux informations devant être publiées sur les entreprises :

    - la loi Macron devait obliger les greffes à transmettre les comptes annuels gratuitement, via l'INPI. Le décret d'application a été publié; il n'est toujours pas suivi d'effets ; et je paie toujours à Infogreffe des comptes "gratuits" - Infogreffe va devoir rendre des comptes devant la justice.

    - les greffiers et les procureurs sont toujours aussi laxistes à l'égard des sociétés du groupe Mulliez qui ne publient pas leurs comptes. Signalons : pour les comptes 2015 non publiés : Consofond, Restag, Surestag, Tapima, Surtapima, Corot, Surholympiades, Kiabi Europe, Kiabi  International, Bunsha, Bunsha International, Auchan Holding (sociaux), Auchan Retail  International, Tapis Saint Maclou, Décathlon, Décathlon France pour les principales sociétés ; pour les comptes 2014 et 2015 non publiés :  Jules, Brice, Valma, Mobivia Groupe ; aucun compte publié pour Sodival et Socultur (Cultura) ; Ausspar (depuis 2004!), HTM Group et ses filiales (Boulanger...) : depuis 2010 ...

    Vive l'entreprise qui fait ce qu'elle veut, même hors la loi !!!

    Pour l'analyse :

    Télécharger « 2016-AuchanCasinoCarrefour-S1.pdf »

    Bonne lecture

    B. Boussemart

     

     


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  • Bonsoir

    Ce qui est bien avec Challenges, c'est que nous ne sommes jamais déçus par le niveau élevé de leurs bêtises. Autre cas proche de celui d'Altrad, le cas Klaba. Il est vrai que c'est une belle histoire comme en rêve l'idéologie capitaliste. La famille Klaba, émigrée de Pologne avec quelques milliers de francs, a développé dans les Hauts de France ses activités de fournisseur de "cloud" en Europe, avec une vision mondiale affichée. Valorisation par Challenges : 1,5 milliards d'euros, valorisation reprise fidèlement par "La Voix du Nord".

    Petit problème. Ce milliard et demi est une valorisation ... à venir, si tout se passe bien dans le monde de la spéculation capitaliste.

    Si, en effet :

    - le groupe OVH ouvre effectivement son capital à 5 investisseurs extérieurs (dont le groupe Mulliez, on ne prête qu'aux riches) pour un montant  total de 250 à 300 M€ ; le groupe  serait valorisé à cette occasion à 1 milliard APRES l'augmentation de capital.

    - avec ces fonds, et le développement attendu, le groupe pourrait investir 1,5 Mds d'euros en 4 ans - ce n'est pas demain la veille ;

    - le chiffre d'affaires atteindrait 1 milliard d'euros à  l'horizon 2021-2022 et emploierait 3 000 personnes.

    En attendant, le chiffre d'affaires actuel est de 250 M€, et OVH emploie environ 1 000 personnes. On est prié de croire ces informations, puisque la famille Klaba ne publie aucun compte. Sauf qu'en septembre 2011, lors de l'apport de tous les titres OVH de la famille à un holding OVH Groupe, ces titres ont été évalués par un expert à 136 M€! Nous sommes très loin de 1,5 Mds (11 fois plus). Et que l'apport de nouveaux titres créés en décembre 2015 a été réalisé sur la base de 137 M€ de valorisation. Certes, cet apport a été fait à un "prix d'ami"  (il s'agit de parts de créateur d'entreprise). Mais il est permis de s'interroger sur la rentabilité de l'entreprise OVH : un chiffre d'affaires de 250 M€ dont il faut déjà soustraire au moins les salaires de 1 000 personnes (soit 50 M€ environ), puis les coûts d'infrastructure, d'énergie, de crédit ... ! On comprend mieux pourquoi Klaba ne publie pas ses comptes !

    Challenges est donc à nouveau un bon relai de l'idéologie capitaliste, des spéculateurs de tous poils, et des banquiers ou fonds d'investissements en  quête de ce type de placement !

    Bon courage aux heureux actionnaires individuels qui rachèteront les titres une fois la mécanique spéculative lancée (voir les fortes variations des placements dans la e-économie).

    B. Boussemart

     


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  • Bonjour

    Mohed Altrad réalise dans "Challenges" une progression spectaculaire de sa fortune, passant de 1,2 Mds€ l'an dernier (54ème position) à 2 Mds€ cette année (37ème position). On se demande bien pourquoi, le CA du groupe restant selon nos "bouliers" à "un peu plus de 1,6 Mds€" pour les deux exercices. Seule différence mentionnée : "il vient de racheter l'isérois Prezioso" ... (chiffre d'affaires consolidé non publié ; avec entre 200 et 300 M€ de chiffre d'affaires pour différentes filiales publiant les comptes aux greffes). En fait, pour le groupe Altrad, les données consolidées d'Altrad Investment Authority (AIA est le holding de tête qui contrôle le groupe Altrad) indiquent pour l'exercice 2013-14 un chiffre d'affaires de 860,8 M€ et pour l'exercice 2014-15 un chiffre d'affaires de 1 572,7 M€, l'écart entre les deux exercices étant en grande partie lié au rachat du groupe néerlandais Hertel (815,6 M€ de chiffre d'affaires en 2014 ; son CA a été consolidé sur 8 mois 2015 dans les comptes du groupe Altrad en 2014-15). Donc, le chiffre d'affaires de l'année dernière n'était pas de 1,6 Mds€. D'ailleurs, s'il avait fait un comparatif comprenant le groupe Hertel pour son exercice 2013-14, le groupe Altrad (qui a publié un compte de résultat "proforma"), c'est 1,866 Mds€ de chiffre d'affaires qui était la base de comparaison. Première conclusion : après la reprise de Hertel, le groupe Altrad a fait du nettoyage, et le chiffre d'affaires consolidé du groupe a baissé, passant de 1,866 à 1,573 M€. Il en va de même de l'Ebitda du groupe, qui passe de 229 M€ en proforma 2013-14 à 213 M€ en 2014-15. Challenges fait ici une première erreur sur le niveau de chiffre d'affaires.

    Le fait que le groupe Altrad conteste notre estimation à 1,05 Mds (au lieu de 2 Mds€ pour les bouliers) s'explique mal :

    - Mohed Altrad a la mémoire courte : en 2010-11, lors de l'entrée au capital de son groupe du Fonds Stratégique d'Investissement, la valorisation de AIA est de 414 M€. Surtout, lorsqu'il transfère les titres qu'il possède à sa société familiale "Altrad Participations" en novembre 2014 (voir pièce jointe), ses apports - il s'agit de la totalité du pourcentage qu'il possède sur son groupe - soit 77,78% - sont évalués par l'expert à 645,538 M€. Pas un cent de plus. Notre évaluation pour l'exercice de l'an dernier était de 641 M€ (1,2 Mds pour les bouliers).

    Télécharger « AltradParticipationsAugK2014.pdf »

    - en 2014-15, avec la reprise du groupe Hertel, le groupe Altrad ne surperforme pas (voir la baisse du chiffre d'affaires et de l'Ebitda en consolidation "proforma"). Notre estimation tient évidemment compte de l'évolution de la taille du groupe et de la hausse "mécanique" de l'Ebitda, mais aussi de l'évolution des fonds propres consolidés (ils passent de 260,86 M€ en 2013-14 à 368,45 M€ en 2014-15) et de l'endettement net du Holding AIA. Or curieusement, Mohed Altrad n'a publié que les comptes consolidés de AIA, et a "oublié" de publier au greffe les comptes sociaux de son Holding AIA en 2014-15, ainsi que les comptes de "Altrad Participations". Or, en 2013-14, l'endettement net du Holding AIA était de 222,8 M€ (hors relations avec le groupe) et de 157 M€ (relations créances et dettes groupes comprises). Mohed Altrad aurait-il des pudeurs de jeune fille pour ne pas publier l'endettement de son holding après le rachat de Hertel ?

    - enfin, et comme indiqué ci-dessus, Mohed Altrad ne possède pas la totalité de son groupe, mais 77,78%. Là encore, les bouliers de Challenges oublient ce petit détail, lorsqu'il reprennent sans barguigner les évaluations de banquiers d'affaires. Nous comprenons parfaitement l'intérêt de Mohed Altrad (et des banquiers) à surestimer la valeur de son groupe s'il veut le mettre partiellement en bourse. Nous n'avons pas à entrer dans ce type de considération.

    Par suite, en prenant simplement l'Ebitda de 2014-15, à 212,723 M€, en utilisant pour cet Ebitda un multiple de 7,5 (ce qui est déjà élevé), puis en prenant en considération l'endettement financier net de 2013-14, et le pourcentage réel de détention à 77,78%, la fortune patrimoniale de Mohed Altrad est réduite à 1 068 M€ - soit pratiquement notre évaluation. Sans dresser des plans sur les comètes financières des années futures.

    Libre aux futurs boursicoteurs de se faire plumer lors d'une éventuelle introduction en bourse de AIA.

    B. Boussemart

     


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  • Bonjour

    Après 4 pages (entre les pages 68 et 73) consacrées à l'épopée Dassault, Challenges nous livre son évaluation de la fortune familiale à 20 milliards d'euros. Bel arrondi. Nous sommes restés dans Capital à 14,06 milliards ; soit une "petite" différence de plus  de 40%. Avec une explication limpide de Challenges sur la hausse de la fortune : de 2,5 Mds (évaluation de Challenges l'année dernière à 17,5 Mds), suite à "sa montée au capital de Dassault Aviation".

    On croit rêver ! La fortune de Dassault est évaluée à partir de son holding familial : GIMD (Groupe Industriel Marcel Dassault). Et entre l'année dernière et cette année, le nombre de titres des sociétés détenues a évolué comme suit :

    - Dassault Systèmes : de 105 386 646 titres (41,11% du capital) à 105 716 646 (41,18% du capital) ;

    - Dassault Aviation : de 5 118 240 titres (50,55% du capital) à 5 118 240 titres (56,11% du capital). Le nombre de titres est inchangé ; c'est le % de détention qui grimpe, suite à une annulation de titres rachetés par Dassault Aviation, et non par GIMD ; et le récent rachat de titres Dassault Aviation (suite au désengagement d'Airbus) a également été effectué par Dassault Aviation. Les titres ont été vendus à 950 € l'action.

    - Immobilière Dassault : de 3 596 259 titres (59,47% du capital) ) à 3 666 132 titres (59,57% du capital) ;

    - Veolia Environnement : de 32 088 732 titres (5,71% du capital) à 26 788 732 titres (4,76% du capital) ;

    - Bio Mérieux : de 2 013 470 titres (5,1% du capital) à 2 013 470 (5,1% du capital).

    Toutes ces sociétés sont cotées : "Challenges" est donc dans l'obligation de valoriser ces titres à la valeur boursière. Ou alors, c'est du grand n'importe quoi. La moyenne des cours de bourse que nous avons retenue pour ces sociétés était respectivement de 70,13 €uros, 1 045,83 €, 36,4 €, 21,43 € et 112 € ; ce qui valorise ces sociétés cotées à 13 700 M€ (chacun pourra vérifier le calcul en multipliant de nombre de titres par la valeur des titres) ; il faut ajouter à ces sociétés les valorisations de Dassault Média (313 M€), d'Artcurial (12 M€) et de Château Dassault (35 M€). Le groupe est donc valorisé pour cette année à 14 060 M€.

    Si nous prenons la valeur actuelle des titres (vendredi dernier, clôture de bourse), nous avons respectivement 70,41 €, 962 €, 40,75 €, 19,35 € et 120 € ; ce qui valorise les sociétés cotées à 13 277 M€. En ajoutant les mêmes valeurs pour Dassault Media, Artcurial, et Château Dassault, ainsi que la dernière valorisation de trésorerie nette de GIMD (qui vient d'être publiée) à 165 M€, nous obtenons une valeur totale pour la famille Dassault de 13 802 M€.

    Challenges, à nouveau, est dans les "choux". Il faut se demander pourquoi :

    - tout d'abord, il confond une hausse relative de la participation de GIMD dans Dassault Aviation (de 50,55% à 56,11%) avec le nombre de titres réellement  détenu, qui lui ne bouge pas : Messieurs de Challenges, le nombre de titres de Dassault Aviation est passé de 10 125 897 titres l'année dernière, à 9 122 538 titres (suite à une annulation de titres rachetés par Dassault Aviation, et non par GIMD) ;

    - ensuite, il confond la valeur des actifs et passifs de Dassault Aviation, qui reprend ces achats de titres auto-détenus et leur impact sur le passif, avec la valorisation boursière. GIMD possède des titres Dassault Aviation, à la valeur boursière. Cette valeur tient compte de toutes les opérations faites par Dassault Aviation (bonnes comme mauvaises nouvelles - ventes de Rafales, ou rachat de titres ...) ; et seule cette valeur boursière compte ;

    - enfin, et comme à l'habitude, Challenges ne prend pas en considération les aspects financiers internes à GIMD. Ce qui valorise en plus le groupe cette année pour 165 M€.

    Lorsque tout cela est pris en compte, le Groupe Industriel Marcel Dassault vaut environ 14 Mds, et absolument pas 20 Mds. Nous maintenons notre évaluation, qui est incontestable. Messieurs les bouliers de Challenges, mettez comme nous vos chiffres sur la table ! Et nous verrons enfin qui se moque de qui ...

    B. Boussemart

    Prochaine évaluation : Altrad : 2 Mds pour les "bouliers" ; et 1,05 Md pour notre évaluation dans "Capital".

     

     


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