• Art 185 - Et la Grèce a dit "non"

    Bonsoir

    Quelques réflexions sur la "crise" grecque. J'ai entendu des absurdités du type : "les français comprennent maintenant et s'opposent à ce "référendum" ; il y a plus pauvre que les grecs en Europe, comme les roumains, les slovaques ... ; et ce n'est pas à eux, ni à nous de payer pour ces grecs qui ne font aucun effort".

    Je rêve !!!

    Un peu d'histoire récente est nécessaire pour relativiser tout cela.

    La crise commence avec Reagan et Thatcher ; ils imposent leur modèle libéral, et le font valider par l'Union Européenne, dans le cadre d'une division internationale du travail où il s'agit de profiter au maximum de l'exploitation des forces de travail du Tiers Monde. Avec comme exemple type, les industries de main d'œuvre, qui permettent d'obtenir à bas prix des produits textiles/habillement, au départ ; puis avec l'entrée dans l'OMC de la Chine, de généraliser à l'ensemble de l'industrie ce modèle, avec les conséquences que l'on connaît en Europe, mais également aux USA : délocalisations, chômage, désindustrialisation ... et économie de plus en plus financière.

    Ceci tombe très bien pour les USA et le Royaume-Uni, qui se sont spécialisés sur ces "créneaux" de la finance : en d'autres termes, des activités nuisibles, qui ne servent à rien, sinon à spéculer comme les populations américaine et européenne ont pu le constater dans diverses crises (2008, 2011, aujourd'hui ...).

    Ce modèle est difficilement validé en Europe, et notamment en France, où le référendum s'achève par un "non" aux modifications des traités européens allant dans le sens d'une libéralisation débridée, sans volet social ... Les gouvernements français (successifs - UMP/LR et PS) se sont assis sur le vote des français, et ont validé les mécanismes de la monnaie unique sans comprendre qu'une monnaie implique tout un ensemble de conditions économiques, politiques, fiscales, sociales etc .... Puisque Reagan et Thatcher vous assuraient que le marché allait suppléer à toutes les régulations étatiques alors en place en Europe, et notamment les régulations permettant de sauvegarder le modèle social européen au regard du modèle anglo-saxon.

    Ces incohérences se traduisent par un double constat :

    - dans une économie ouverte (au libre échange, à la concurrence sans autre règle que le marché ... Mais c'est quoi, le marché ?), la tendance "naturelle" est l'ajustement vers le bas, pour rester compétitif. Schröder l'a immédiatement compris en Allemagne, économie dépendant fortement des exportations mondiales, et le "social-démocrate" a pris toute une série de mesures visant à restaurer la "compétitivité" de l'économie allemande, avec la baisse des salaires, la remise en cause des acquis sociaux ... En d'autres termes, du Thatcher bis, relayé bientôt par Merkel, et accentué. Non mais ! Ce ne sont quand même pas les salariés qui vont faire la loi dans la question du partage des salaires et des profits. Car sur le fond, il s'agit bien d'une remise en cause du partage des richesses entre le capital et le travail, qui se traduit très prosaïquement par la montée en puissance des grandes fortunes partout dans le monde. Parmi les plus riches du monde, des gens comme le patron d'Inditex-Zara, qui a fait fortune dans l'habillement, et exploité au maximum l'ensemble de la main d'œuvre textile mondiale. Mais on trouve également des pays européens qui se sont fait leur "trou", en spécialisant leurs économies sur la fiscalité différentielle, comme l'Irlande, la Belgique, le Luxembourg (n'est-ce pas, Mr Jean-Claude Juncker) ... Des micro états vivant de la rente financière !!! Et qui veulent donner des leçons de démocratie ... La France a su résister longtemps, lorsque la droite était au pouvoir, et que la gauche contestait ce pouvoir. Cette gauche politicienne (le PS) qui a utilisé à fond les problèmes économiques que rencontraient tous les jours les français pour se faire élire. Et oublier (comme le résultat du référendum) immédiatement leur programme ! Hollande est le président (il ne mérite pas une majuscule) le plus "traître" à ses engagements électoraux. C'est le petit factotum de Merkel et des américains. Rien de bien glorieux. Et qui se sert (comme les autres gouvernements libéraux) des turpitudes ayant mené aux conflits "pseudo" de civilisation, comme dirait le sous-factotum Valls, pour détourner l'attention des vrais problèmes que rencontrent de plus en plus les français : chômage, perte de pouvoir d'achat, lois liberticides ...

    - toute l'Union Européenne veut mettre au pas les salariés à la sauce libérale, en appliquant partout les mêmes "réformes" qui doivent nous sortir de l'ornière économique dans laquelle les gouvernements nous ont mis. Il suffit de voir partout les mêmes recettes appliquées pour revenir aux bonnes dispositions "libérales". Quelles sont en effet les mesures jugées "bonnes" par l'Union Européenne pour figurer parmi les bons élèves : allongement de l'âge de la retraite (68 ans en Irlande, réforme en Italie, 67 ans en Espagne, en cours en France - voir les mesures Macro-Rebsamen) ; attaques sur le SMIC (modification des règles de calcul du salaire minimum en Irlande, liberté de baisser les salaires en Espagne, en cours en France avec Macron et Rebsamen) ; attaques sur les règles des licenciements (assouplissement du droit du licenciement en Irlande, mise en place du contrat de travail unique en Italie, allégement des contraintes de licenciement en Espagne et au Portugal, plafonnement des indemnités en cas de licenciement abusif en France ...) ; attaques sur les acquis des travailleurs (baisse des indemnité de chômage en Irlande, réformes des retraites en Italie, suppression de certains jours de congés payés/fériés au Portugal, assouplissement du code du travail en Espagne, lois Macron et Rebsamen en France ...) ; "libéralisation" des professions protégées (en Italie, en France, en Espagne et au Portugal) ; TVA sociale (Irlande, France - un peu, Italie, Portugal) ; baisse des coûts de la protection sociale pour les firmes (CICE en France), coupes drastiques dans les dépenses de l'Etat (non remplacement de fonctionnaires partant à la retraite ... ; dérégulation de secteurs entiers de l'économie, au profit des firmes) ... Incroyable mais vrai. Toutes ces mesures ont une seule fonction : donner le pouvoir aux firmes par rapport aux salariés, et remettre en cause dans toute l'Union Européenne les acquis sociaux issus des luttes de la fin du XIXème siècle et du XXème siècle. Aux oubliettes les maîtres des forges qui ont conduit aux guerres mondiales, à l'industrie chimique qui a été "stimulée" par ces conflits ... aux oubliettes les guerres locales qui permettent de vendre des "rafales", de promouvoir les industries liées aux TIC (drones armés, espionnage, atteintes aux libertés individuelles ... ). Vive le modèle étatique américain de l'après 11 septembre ... Beau modèle de "démocratie" ...

    Ces sacrifices, les grecs ont déjà beaucoup donné (comme les autres peuples européens), avec une baisse des revenus, des retraites, une augmentation du chômage ... Et l'Union Européenne (avec le FMI) en demande encore : le peuple grec n'est pas encore assez à genoux ? Il faut faire un dernier exemple. Pauvres français - c'est vous les prochains : vous avez déjà des baisses de revenus, du chômage, etc ... Tout cela n'est pas suffisant : d'ailleurs, votre dette atteint ce dernier mois pratiquement 100% du PIB. Vive les résultats du tandem Hollande-Valls. Des nuls en économie ? Mais non ; ils font la politique que le patronat veut appliquer partout dans le monde, et dans l'Europe qui avait réussi à se préserver jusque la dernière crise (2008, amenée par les spéculations américano-britanniques). Et vous voulez ça ?

    J'espère que les grecs vont résister, et donner une leçon de démocratie à tous nos journaleux à la petite semaine qui glosent à longueur "d'éditos" sur les autres pauvres européens (vous savez, mon bon monsieur, les slovaques sont bien plus pauvres que les grecs ... et vous voulez que les slovaques paient pour les grecs !!!). Bonne manière de poser la mauvaise question. L'idéologie patronale dans tous ses excès. Attention quand les exploités vont comprendre !!!

    J'espère que ce petit billet va y contribuer.

    B. Boussemart

     


  • Commentaires

    1
    Reese
    Mercredi 1er Juillet 2015 à 20:16

    Très vrai... Faut-il encore en prendre conscience...

    Merci pour ce billet !

    2
    Anna
    Jeudi 2 Juillet 2015 à 11:15

    Bonjour Mr Boussemart,


    En premier lieu , merci pour ce résumé très précis de l'action des dirigeants de l'Union Européenne sur nos sociétés et nos vies tout court. Après avoir lu que mon patron est la première fortune de France dans votre billet précédent , convaincue depuis longtemps de l'injustice que nous subissons au travail ( et en dehors ) , j'approuve entièrement votre description du déroulement des faits depuis le début des années 2000. Ce sont bien tous nos acquis que les gouvernements successifs ont récupérés au fil du temps , tout en faisant croire au peuple que c'était nécessaire . Ils ont tellement individualisé la société qu'ils ont réussi à diviser les gens en opposant leurs intérêts pourtant communs : on les culpabilise sur la sécurité sociale pour justifier la diminution des prestations , on s'attaque au smic trop élevé ( on croit rêver ,ça fait 10 ans qu'on a entamé une procédure contre Auchan et ils ont réussi à négocier au rabais une indemnisation au tiers de ce qui était demandé par l'avocat des salariés ) . Pour  être encore plus sûrs de leur force ils s'attaquent aux prud'hommes, comme ça la boucle est bouclée , " circulez y a rien a voir ..." Et enfin pour conclure pourquoi payer les retraites ? On n'a qu'à les faire travailler plus longtemps tous ces gueux (..  euses) ils seront morts au travail avant d'avoir bénéficié de leur droit . Triste tableau n'est ce pas ? Mais très réaliste pour ceux qui toute leur vie ont accompli un travail " alimentaire" pour avoir de quoi se loger , nourrir leur famille etc .... S'ils avaient accès à un emploi ! On est tellement sous la pression du marché du travail  ,qu'on arrive à s'estimer privilégié d'avoir fait carrière pendant plus de 40 ans dans la même entreprise comme employé ,caissière (ier), technicien de surface , etc...c'est pour dire comme toute ces pressions se sont insinuées dans les moindres recoins de nos cellules grises ( j'ose grisées ?).


    Pour en revenir à la crise entre les grecs et les " charlatans "de l'UE , on est dans la même situation qu'un employeur dans son entreprise vis à vis des salariés : on édicte des critères de rendements très élevés en promettant un retour , les objectifs sont inatteignables mais les efforts sont faits et ce sont toujours les mêmes qui empochent la mise et en plus ils pleurent pour obtenir les aides de l'état ( notre argent!) sans aucune garantie ! Honte à nos dirigeants qui capitulent face à une classe de riches qui a repris le pouvoir comme au bon vieux temps !!! 


    Ils veulent mettre le peuple au pas , ils  raflent tout au passage et ne partagent surtout pas ! La Grèce ,c'est comme l'employé d'auchan  : on lui édicte une charte , la même dans le monde entier ,et il doit s'y soumettre ! Dans le cas contraire il devient un paria , la cible à abattre avec l'aide de ses propres collègues si nécessaire .ex : à Toulouse lors des élections professionnelles des représentants du personnel un tract traitait les candidats CGT de cancer. C'est ignoble mais c'est la triste réalité . 


    Alors la résistance du gouvernement et du peuple  Grec est une bulle d'oxygène et d'espoir dans ce monde de brutes .


     

    3
    Jeudi 2 Juillet 2015 à 14:03

    Excellent commentaire Anna.



    Une remarque cependant , vous écrivez : « l'employé d'auchan  : on lui édicte une charte , la même dans le monde entier ,et il doit s'y soumettre ! Dans le cas contraire il devient un paria , la cible à abattre ».

    Pour moi, cela s’applique aussi aux salariés qui ont de l’ancienneté, et qui font correctement leur travail.
    Un exemple : auchan Dury, harcèlement, un mort. Le pâtissier d’Auchan est reconnu comme victime de harcèlement. Un article du 28/06/2015, dans le Courrier Picard.
    http://www.courrier-picard.fr/region/amiens-decede-le-patissier-d-auchan-est-reconnu-ia0b0n594658



    Pour information, après 24 ans de carrière professionnelle à auchan, on m’a reproché la façon dont j’ai annoncé le décès de mon père dés mon retour au travail.


    La vie auchan c'est ça.

    4
    Anna
    Jeudi 2 Juillet 2015 à 21:15

    Bonsoir André ,

    Je viens de lire ton commentaire et on a beau penser qu'on a tout vu dans cette entreprise c'est effarant jusqu'où ils sont capables d'amener leurs employés . Quelle tristesse ! Et l'énergie qu'il faut non pas pour rattraper le temps perdu mais seulement pour faire éclater la vérité . Honte à ceux qui ont laissé perpétrer ce " crime du travail " et laisser une famille se débattre pour réclamer justice . 

    Je suis entièrement d'accord avec toi , nouvel embauché ou ancien on est tous à la même enseigne ! Rien ne les arrête et surtout pas les tribunaux ! 

    Ceci dit ,nous non plus ! A nous de leur dire que la puissance de l'argent ne fait pas tout et que la force du nombre peut renverser la vapeur ! 

     

    5
    Eugène
    Dimanche 5 Juillet 2015 à 16:33

    L'origine du problème ne serait-elle pas plutôt à chercher dans la corruption généralisée, le travail au noir, la fraude fiscale, un ratio de fonctionnaires délirant pour un niveau de service lamentable... ?


    Essayez de payer autrement qu'en argent liquide en grèce, on vous regardera de travers. 


    Ils ont fait la cigale pendant près de 20 ans grâce à l'euro, il vont faire la fourmi pendant 1 sècle, et ce ,quoiqu'il arive ce dimanche.

    6
    Lundi 6 Juillet 2015 à 00:28

    Cher Eugène

    Les phénomènes que vous décrivez sont largement partagés par tous les pays de l'UE. Il suffit de voir comment les européens fonctionnent avec les banques suisses, notamment les grandes fortunes. Qui pratique l'exil fiscal pour ne pas payer d'impôts en France ? Les Smicards ? Qui généralise le travail pas cher de polonais, de roumains (là, on les aime) ... dans le bâtiment et les travaux publics ? Les grands groupes avec leurs cohortes de sous-traitants incontrôlables parce qu'incontrôlés ... Qui réduit le code du travail en France ... et limite le nombre de fonctionnaires dans les inspections du travail ? En fait, tout ceci n'est que marginal dans la discussion.

    Toute cette politique libérale mène à des spéculations qui sont bien plus dangereuses que ce que vous indiquez. Peut-on m'expliquer comment les grandes banques françaises ont réussi en si peu de temps à rembourses les dettes qu'elles avaient envers les Etats, en Europe et en France, après la crise de 2008-2009 ? L'argent a dû tomber du ciel. Et là, on parlait aussi de centaines de milliards d'euros.

    Qui peut m'expliquer ensuite pourquoi les Etats qui avaient été conduits à pratiquer des plans de relance en s'endettant partout, ont été pratiquement mis dans une situation de faillite par ces mêmes banquiers internationaux, qui en plus se permettent de donner des leçons ?

    Petit rappel : la France est à 100% du PIB en cumul de ses dettes. Le critère de Maastricht est de 60%. Il faut mettre la France en faillite également ? Et la plupart des pays de la zone euro, Allemagne comprise. Regardez bien la situation de pays comme la Belgique, l'Italie, l'Espagne ...

    Petite comparaison qui tue : en 2013 (dernière statistique comparative publiée), la dette dans la totalité de la zone euro était de 90,9% du PIB ; aux Etats-Unis, elle était de 104,3% du PIB, et au Japon de 224,6% du PIB. Ce qui montre bien l'absurdité du modèle économique capitaliste actuel.

    B. Boussemart

    Et bravo à la Grèce, qui a dit massivement "non". J'espère que l'UE ne va pas faire avec ce référendum comme les gouvernants français avaient fait avec le nôtre. Et pourquoi pas un référendum en France ? Après tout, Hollande n'a pas été élu pour faire la politique de l'UE en France. Qu'il se représente devant le peuple. Mais il s'agit bien évidemment d'un rêve. Ce gars là, il a peur du peuple ; il préfère les magouilles de partis, les discussions entre "puissants" ; tous aux ordres de l'oligopole mondial qui cherche à nous imposer sa loi, celle de l'exploitation. 

    7
    Anna
    Mardi 7 Juillet 2015 à 06:54

    Bonjour,

    Après le référendum Grec pourquoi pas un référendum à l'échelle européènne ? Nous sommes tous à la même enseîgne !!!!

       NON = refus de l'austérité , refus de la " casse sociale "( code du travail , justice etc...) , refus de sacrifier nos acquis , refus de baisser le niveau des salaires et des retraites .

       OUI  =  pioche "sans frontières " dans les paradis fiscaux partout sur la planète , ré-injection dans les salaires les plus bas , investissements pour le logement , la santé et l'enseignement .... 

    Posons clairement les vraies questions aux peuples de l'Europe au lieu de les gaver d'infos TF1 , France 2,3 , RAI ,  etc...

    Donnons une chance au peuple Européen de donner de la voix pour choisir sa voie . Ne laissons pas les fascistes de l'Europe reprendre ces questions à notre place , trop dangereux !!! 

    Utopie ? Peut-être pas ....

    8
    Mardi 7 Juillet 2015 à 07:26

    Tout à fait d'accord avec Anna. Mais il faudra l'imposer, car nos gouvernants n'en veulent pas.

    Benoît

    9
    Anna
    Mardi 7 Juillet 2015 à 09:19

    C'est vrai mais nous avons mis Hollande en place pour faire barrage à la droite , c'est le moment où jamais de le lui rappeler et de l'obliger à se démarquer de Merkel et du  " trio economico-financier" de l'Europe . mad

    10
    balthazar
    Jeudi 6 Août 2015 à 14:12

     Cher Eugène et cher Benoit,


     Que la population grecque ait voté « non » au référendum est bien normal. On lui demande des sacrifices qu’elle estime ne pas devoir faire.


     Mais cette dette grecque est bien de l'argent emprunté à d'autres, c’est-à-dire aux:


     - épargnants « riches » directement,


     - épargnants « pauvres » indirectement par des placements effectués par les épargnants riches qui ont entre les mains les outils de gestion de l’épargne


     - états, donc argent public issu d’un prélèvement sur la population ou d’un emprunt


     - institutions publiques, donc argent public en provenance d’états (voir ci-dessus)


     Il me semble qu’aucun des euros prêtés à la Grèce ne ressorte directement de la création monétaire (si on excepte les rachats d’obligation effectués par le BCE) mais je ne maitrise pas le sujet.


     Donc l’argent cramé en Grèce l’a été pour payer des biens et des services en Grèce, bien qu’il soit probable que l’administration et ses amis intermédiaires aient capté une belle partie de ces sommes.


    L’argent est parti où ?


     - infrastructures ? Probablement, mais une bonne partie des infrastructures grecques a été construite avec des fonds d’aides qui ne sont probablement pas dans cette dette scandaleuse.


     - fonction publique ? Plus que sûr. La Grèce est un pays où personne en veut payer l’impôt et où tout le monde veut être fonctionnaire. Le régime clientéliste grec a permis de caser beaucoup d’amis. Exemple le plus visible de chez nous : la télévision publique grecque était un organisme de placement d’amis ou de fidèles. Un peu comme chez nous


    - retraite ? Plus que sûr. Je ne conteste pas que tout le monde devrait avoir droit à une pension. Mais peut être y avait-il un déséquilibre entre cotisants et bénéficiaires. Un peu comme chez nous.


     Concernant l’économie en Grèce :


    Il est plus que difficile de créer une entreprise sans avoir à arroser le système politique et ses affidés. Une grande partie des métiers est protégée… au sens il faut un protecteur pour réussir. Et si on n’a pas de protecteur, la concurrence bénéficiera de l’appui de ses protecteurs pour entraver la bonne marche de votre entreprise. Mais c'est peut être aussi le cas chez nous, avec les tribunaux de commerce par exemple.


    Qui paie ses impôts en Grèce ? Les salariés pour la part de leur travail officiel, il y a un prélèvement à la source. Mais nombreux sont les employés, du privé et surtout de l’administration à avoir un 2ème métier au black. C’est encore plus le cas maintenant que beaucoup de salariés ont perdu leur emploi officiel.


    Les commerçants grecs ne reversent, parait-il, pas beaucoup la TVA qu’ils ont collectée.


    Il semble que des « protecteurs » permettent d’éviter l’application de sanctions que ce soit par l’administration fiscale ou la justice.


    Il semble, et ce depuis des années, bien avant les crises, qu’en Grèce, pour avoir accès aux soins ou à une éducation de qualité, il faille payer des dédommagements aux enseignants et aux médecins. Un peu comme chez nous sur certains points.


    Donc, pour conclure après ces quelques exemples décousus mais vécus, les grecs sont responsables de leurs dettes. Pas seulement parce qu’ils ont profité de cet argent qui n’a pas été produit par leur économie, mais surtout parce qu’en tant qu’électeurs, ils sont responsables des choix qu’ils ont faits depuis 1981, en matière de dirigeants dont l’unique but était d’être élu pour faire vivre leur cour (chez nous on a pu le remarquer avec Mitterrand en 88, Chirac à toutes ses élections…)


     

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