• Article 101. Le rapport Gallois : un "ballon d'oxygène" pour les grands groupes et la spéculation

    A écouter Gallois, les entreprises françaises sont handicapées par un taux de marge particulièrement faible, qui aurait baissé de 10 points ces dernières années : de 30 à 20% (dixit son intervention sur Antenne 2 lundi soir). Un menteur de plus.

    En fait, les statistiques de l'INSEE montrent clairement que - mis à part les années 1979-85, où le taux de marge des entreprises (très préciséments des entreprises non financières) se situait dans une fourchette de 24 à 26% (l'augmentation du SMIC avait redonné du pouvoir d'achat aux bas salaires) - le taux de marge des entreprises a toujours été supérieur à 30% depuis 1986 (il oscille de 29,8% à 31,7% sur la période 1986-2010). Les seules exceptions sont l'année 1996 (29,8%) et l'année 2009 (29,1%). Mais même pour ces deux années, le taux n'est pas de 20% ; Mr Gallois l'expert patronal (1). Et il ne faut pas oublier que 2009 est l'année de crise. De même, les données de l'années 2011 donnent un taux de marge de 28,6% (là encore malgré la crise). Rappelons que le taux de marge pour l'INSEE, c'est le rapport entre l'Excédent Brut d'Exploitation et la Valeur ajoutée. C'est donc le profit qui va être partagé entre les financiers (les banquiers), l'Etat (uniquement pour l'impôt sur les bénéfices) et l'entreprise.

    De même, les données de profit net des groupes du CAC 40 sont sans aucune ambiguïté : entre 2005 et 2011, les profits nets ont été (en M€) respectivement de 81 132, 93 306, 98 160, 69 830, 52 902 (2009, année de la crise financière), 88 140 et 80 473. Rapporté au PIB de la France, ces profits représentent entre 2,8% (2009) et 5,2% du PIB. Le taux moyen de profit sur toute la période 2005-2011 est de 11,2% (le taux de profit est le rapport entre les bénéfices nets et le total des capitaux propres).

    Conclusion : les groupes et les entreprises ne manquent pas de profits. Ils n'ont jamais réalisé autant de profits que dans les années 2000. Il n'y a donc pas lieu de leur accorder en plus 30 milliards pour baisser le coût salarial, qui soit-disant, les empêche de faire des profits, et donc les empêche d'investir, et donc de créer des emplois.

    Pour les emplois, on a vu ce qu'il en était dans l'article 100. Pure escroquerie.

    Pour les investissements, ces braves patrons du CAC 40 ne manquent pas de profits. Mais qu'est-ce qu'ils en font ? Au lieu d'investir dans le système productif, ils préfèrent spéculer, en rachetant de plus en plus cher des entreprises créées par d'autres. D'où les "goodwill" qu'on trouve dans les bilans de ces grands groupes (qui représentent le surcroît de prix payé par rapport à la valeur des actifs).

    Ils "investissent" aussi, mais dans des activités anti-productives : le foot, les spectacles en tous genres, les jeux de hasard, etc... Il faut bien amuser le peuple, pendant qu'ils s'en mettent plein les poches (cachez ces profits que vous ne devez pas voir, n'est-ce pas Mr Gallois?).

    Du pain et des jeux. Mais de moins en moins de pain (il faudra bien compenser les 30 milliards de M. Gallois par de nouveaux impôts sur le peuple, alors qu'on va exonérer une fois de plus d'impôts les profits réinvestis - sic!) ; de plus en plus de jeux.

    Et ces patrons en veulent encore plus, de profits.

    Il est grand temps de dire "stop à la désinformation".

    Tous ces chiffres, et bien d'autres, demain sur "Radio Campus Villeneuve d'Ascq", à partir de 12h.

    A demain

    B. Boussemart

    Note : en fait, dans son rapport, M. Gallois parle de l'industrie au sens strict, et non de l'ensemble des entreprises non financières. En reprenant les statistiques de l'INSEE disponibles, le taux de marge pour l'industrie est de 20,1% pour la seule année 2009, qui est l'année de la crise des subprimes. Entre 1998 et 2010 (2011 n'est pas encore connu) le taux a évolué entre 25% et 28,8%. Non seulement M. Gallois ment, mais en outre, c'est de la malhonnêteté intellectuelle. Il prend une seule année (2009, la pire) et oublie de dire que toutes les autres années depuis 1998 sont largement au dessus de 25%. Surtout, il étend son raisonnement pour une seule partie (l'industrie, devenue très minoritaire) de l'activité en France à l'ensemble des activités. Or sur cet ensemble des activités (y compris l'industrie) nous ne sommes pas dans la même situation, loin s'en faut. Ce rapport comprend un série d'inexactitudes : il est bâclé et biaisé ; ainsi, les références aux publications "Trésor éco" sur l'industrie datent de 2010, et les données analysées se terminent en ... 2007 ! quelle actualité, Monsieur l'Expert patronal.

    Note 2. Je recommande la lecture des commentaires sur les deux articles 100 et 101.


  • Commentaires

    1
    Onze
    Mercredi 7 Novembre 2012 à 00:20

    Je ne vous comprend pas très bien.

    Vous nous dites que le taux moyen de profit sur toute la période 2005-2011 est de 11,2%. Soit. Mais les actionnaires, enfin ceux qui possedent les bonnes actions, les bons titres,  attendent un taux de profit plutôt proche des 15 %.

    Comment font ils pour se contenter de ce taux qu'ils doivent trouver très moyen ?

    Très moyen pour eux.

    2
    benoitb Profil de benoitb
    Mercredi 7 Novembre 2012 à 04:16

    Deux remarques.

    Ce taux de 15% est effectivement attendu par tous les libéraux de la planète. Et vous touchez combien, à la caisse d'épargne ?

    Ce taux de 15% ne s'applique pas sur les fonds propres, qui correspondent à la mise de départ ET à l'accumulation des profits non distribués qui demeurent dans l'entreprise pour l'investissement ; mais sur le placement financier que vous faîtes en mettant votre argent en bourse (très concrètement, en achetant des titres). Et là encore, il faut faire attention à une double rentabilité : celle du dividende versé, et celle de l'évolution des cours des titres. C'est cela qui doit rapporter 15% pour les libéraux ! Et qui engendre une spéculation d'un côté, et le versement de dividendes de l'autre : c'est à dire deux choses qui sont contraires à l'objectif de réinvestir dans le système productif et à créer des emplois.

    B. Boussemart

    3
    Jeudi 8 Novembre 2012 à 23:01

    Gerard Depardieu à Nechin ! Si, SI !

     

    PRIERE D'INSERER

     

    C'était donc cela cette grande maison ( 2 ailes de bâtiment immenses, baies vitré de plus de 10 m2 chacune  ) dont la construction s'est terminé il y a 3 mois environ, du côté de la rue Trieu Ewil et de la rue du Trieu du Pape si nos souvenirs sont exact. 

     

    C'est juste à côte que les salariées de chez Pimkies étaient venues lancer un appel sur France Inter à l'émission La Bas si j'y suis. Un seul coup de téléphone, qui a fait mal à ces émigrés fiscaux qui prêchent la morale financière pour les autres. C'était sous la neige, il gelait. Maintenant, ces mères de famille, ont disparu corps et bien, si elles en avaient des  biens.

     

    Gerard Depardieu donnait donc son ami Nicolas Sarkozy perdant.

    Fallait pas être devin, ou dewil pour le deviner.

    ( La victoire de françois hollande n'a été que d'une courte tête, les Français avaient deviné que ce serait la même politique, tout pour les banquiers comme on dicte chez Dexia à Elio Di Rupo ).

     

    Chez nous, c'est les autres émigrés fiscaux qui vont faire la gueule, eux qui aiment tant le calme, la tranquillité, la volupté de l'argent des autres,  et SURTOUT PAS LES VISITEURS !

    Faudrait pas que l'on remarque qu'ils sont rarement chez eux, cela pourrait donner des idées aux cambrioleurs, surtout au fisc français.

    Rarement des lumiéres le soir chez eux. Ils ne doivent être chez nous que dans la journée.

    Déjà qu'avec l'affaire Dominique Strauss Kahn, on soupçonnait qu'ils avaient de mauvaises fréquentations de l'autre côté de la frontière . . . . le dimanche.

    Heureusement, la nationalité Belge a été refusée à Dodo la Saumure, il y a quand même une justice pour les honnêtes gens, ceux qui sont prop sur eux.

    Pas les sans papiers devant le siège du PS à Lille aujourd'hui jeudi 8 Novembre, ou les ROMS de Cysoing, quant aux SDF ….. Français ou belges, ou autres, les honnêtes gens s'en foutent.

    Aurore Martin, elle, elle est en prison en Espagne.

     

    Dans sa vidéo, la RTBF nous annonce le repas d'arrivée de Gégé, (l'autre, pas le Mulliez) Gérard Depardieu dans un petit restaurant au centre du village. le lien

    Ca, c'est pour les magazines peoples.

    On est certain que Monsieur Depardieu les soirs de crachin, ira se taper une jupi et une frite à La Friterie de la Douane, ou chez Fred. Je dis une jupi, mais ce sera plutôt un bac. 

    Rien que les vidanges, cela représentera une somme.

     

    Gérard a fréquenté des endroits comme cela, c'était il y a très très longtemps, avec des gens qui étaient comme lui à cette époque.

    Il a du les oublier, ou bien il en a peur.

    Ira t'il boire sa chope et faire un billard à la Maison du Peuple, au centre d'Estaimpuis ?

     

    Dés l'arrivée du soleil, vous savez, celui qui fait murir le raisin, ce sera probablement direction Estaimbourg, A la Cave de Bourgogne, ou au Relais des Ducs., entre soi c'est mieux.

    Entre les deux, il y aura l'Amitié ( le restaurant ).

    Les prix sont raisonnables contrairement à ce que déclarait Jacques Brel.

    Heureusement, à Estaimbourg il y a un parc de jeux pour les enfants.

     

    Il y a aussi Le Trieu de l'Ewil, c'est prés de chez lui, si c'est là qu'il vient se domicilier pas loin de la dernière maison construite avec l'argent des contribuables français dans la commune.

     

    Moi, personnellement, je préfère la taverne des Saules, en Belgique.

    A côté, quand j'y vais, je parle avec cet agriculteur amoureux de ses animaux.

    Il faut voir ses yeux quand il en parle.

    Il ne croit pas que le monde ait un avenir quelconque.

    Les gens sont fous qu'il dit !

    Il doit avoir raison.

    Le bling bling, c'est la mort, y a plus que ça chez nous.

     

    Au fait Monsieur Boussemart, qui sera le prochain à s'installer à Néchin Estaimpuis ?

    Il y a d'autres boites aux lettres fiscales en construction.

     

    Merci d'avoir inséré notre billet sur votre blog.

     

    L'Amicale des Joyeux Entartreurs de Néchin,

    GLOUP GLOUP !

     

    P.S. : Au cas ou un des établissements de l'ORECA cités dans ce billet veut qu'il ne soit pas mentionné, il suffit de le demander à Monsieur Boussemart.

    4
    benoitb Profil de benoitb
    Jeudi 8 Novembre 2012 à 23:51

    Nous sommes effectivement loin des "Valseuses" ...

    Il ne faut cependant pas oublier un autre évènement important que le pouvoir socialiste a tout fait pour occulter mardi dernier : à savoir les hausses des TVA (avec une petite baisse pour les quelques produits de première nécessité : ah bon, ça veut dire qu'il y a des nécessiteux dans la Hollandie?), et un nouveau cadeau de 20 milliards pour les riches ... Mais si.

    Faites le cacul à 6% du coût salarial brut des 3 principales sociétés françaises du groupe Mulliez base 2011 : Auchan France : salaires bruts = 1342,233 M€ x 6% = 80,534 M€ ; Leroy-Merlin France : salaires bruts estimés à 480 M€ (ils ne publient que les salaires et cotisations sociales patronales) x 6% = 28,8 M€ ; Décathlon France : 261,682 M€ x 6% = 15,7 M€uros. Au total, ces trois sociétés du groupe Mulliez vont bénéficier d'un nouveau crédit d'impôt de 125 M€uros. Merci qui ?

    Ah oui, autre chose pour le grand défenseur de l'industrie française Montebourg !!! A t-il compris que l'industrie ne représente (cf son grand copain Gallois) que moins de 13% des emplois. Et qu'il fait des cadeaux à 100% des groupes français, donc à 87% des emplois qui n'ont rien à voir avec l'industrie, et qui ne sont nullement menacés de délocalisation ... Allez demander à Gérard Mulliez s'il veut délocaliser Auchan France, au profit d'un chinois ... ou d'un américain ... ou d'un Allemand !!! Mort de rire, l'argumentation du premier ministre.

    Conclusion. Je vais payer des impôts (de la TVA en plus etc ...) pour permettre à Messieurs Hollande, Ayrault et Montebourg de verser notamment 125 M€ de profit en plus au groupe Mulliez (sans qu'il lève le moindre petit doigt, et alors que le groupe vient d'être condamné pour n'avoir pas payé les temps de pause de ses salariés), première fortune de France.

    Côté occultation :

    - le rapport Gallois a été "commandé" juste après l'arrivée d'Ayrault (11 juillet, la lettre de mission) ;

    - ce rapport était bien évidemment "top secret" ; d'ailleurs, pour ce que l'on en savait, le parti socialiste avait dit qu'il n'appliquerait pas ce que sortait "Le Figaro" à longueur de pages (mais le Figaro est un journal bien informé, puisqu'il appartient à Dassault) ; en outre, le patronat était lui aussi bien informé, puisqu'il reprenait le terme "véritable écosystème" devant favoriser l'environnement capitaliste des entreprises françaises du rapport Gallois (page 20 du rapport : un écosystème accueillant" ; mais chut, c'était secret ;  

    - la publication des mesures intervenait le même jour que les résultats des élections américaines ; mais ce n'est que pur "hasard" si la presse a traité la réélection d'Obama ; en sachant par ailleurs qu'entre la date de remise d'un rapport que personne ne connaissait, un conseil des ministres a réussi à en faire la lecture en quelques heures et à en tirer non seulement des mesures très concrètes, mais un chiffrage (qui suppose de faire tourner les ordinateurs de Bercy pendant plus que plusieurs heures). On nous prend pour des c...

    - enfin, notre Président, qui revenait d'un voyage en Asie, devait être fatigué ; il a oublié ses promesses sur la TVA en cours de voyage, ou il dormait encore en conseil des ministres.

    Enfin, quant aux mesures elles-mêmes, tout pour les riches, rien pour le mécréants. C'est du "Sarkozy" pur jus. Sur les 30 milliards préconisés par Gallois, il y avait 20 milliards pour les riches et 10 millards pour les pauvres. Le président et son conseil n'ont gardé que les 20 premiers milliards. Les pauvres devront se contenter de payer la TVA pour financer les cadeaux aux riches ; et l'Etat devra encore se serrer la ceinture ... Vive la promesse sur le maintien des services publics.

    B. Boussemart

     

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