• Article 113 - Vive la spéculation boursière ... Les résultats de 2012 ...

    Bonjour

    Les groupes du CAC 40 ont pratiquement tous publié leurs résultats consolidés. L'année 2012 est pour le moins contrastée :

    - le cumul des fonds propres des groupes passe de 856,4 Mds€ à fin 2011 à 862,5 Mds€ à fin 2012 ; les groupes seraient-ils en panne dans leur processus d'accumulation du capital ? Ou auraient-ils consacré une partie importante de leurs bénéfices 2011 (près de 79 Mds€) aux dividendes pour les actionnaires. Car normalement, il faudrait ajouter aux fonds propres de 2011 les profits nets de 2012 pour obtenir les fonds propres de 2012, sauf distribution de dividendes ...

    - les bénéfices des groupes passent de 78,9 Mds€ en 2011 à un peu moins de 57 Mds€ en 2012. L'année 2012 est à cet égard la plus médiocre des années de la période 2005-2012 ; avec 2009, année où la crise avait particulièrement impacté les comptes de groupes, était "meilleure", à 55,4 Mds€. Il faut souligner que 2012 a encore été marquée par des déconfitures importantes pour certains groupes : Crédit Agricole a ainsi perdu 6,5 Mds€, Arcelor-Mittal environ 3 Mds€, STMicroelectronics 1,7 Mds€. Il faut particulièrement féliciter le Crédit Agricole, qui a fait très fort, après une année 2011 déjà déficitaire ; en 2010, les fonds propres du Crédit Agricole étaient de 52 Mds€ et fin 2012, ils tombent à 45,2 Mds€.

    - rapportés aux fonds propres, les profits donnent des taux très en retrait par rapport aux années 2005-2007 (taux de profit supérieurs à 15%) ou aux années 2008 et 2010 (de 10 à 11%) : en 2012, le taux de profit tombe à 6,6%, soit moins qu'en 2009 (7,1%), l'année catastrophe pour la bourse.

    Pourtant, le CAC 40 a progressé entre la fin 2011 et la fin 2012 : l'indice passe de 3 160 points à 3 641 points, soit une hausse de 15%.

    Les résultats réels des groupes sont pour le moins très inégaux, et la bourse sort le champagne. Le début d'année poursuit la hausse. Il faut dire que les licenciements se poursuivent, et que les groupes espèrent pouvoir continuer à baisser les salaires et récupérer des profits.

    La spéculation est donc bien présente. Petite idée de ce niveau de spéculation. Tous ces groupes ont une capitalisation boursière qui atteint en mars 2013 environ 1 007 Mds d'euros. Cette capitalisation représente en moyenne 17,7 années de profits par rapport aux profits de 2012, et 1,2 année de fonds propres. En d'autres termes, si les groupes - au niveau de bénéfice actuel - distribuaient à leurs actionnaires la totalité de leurs bénéfices (or les dividendes ne sont qu'une partie de ces bénéfices), ces actionnaires devraient attendre plus de 17 années pour rembourser leurs apports (avec au cours de ces 17 années les risques de crises boursières etc ... Bon courage).

    Surtout, certains groupes cumulent des années bien supérieures, aussi bien au regard des profits, que de leurs fonds propres. Il en va ains de : Essilor International (27,1 années de profits ; 4,4 années de fonds propres) ; L'Oréal (24,9 ; 3,4) ; EADS (27,3 ; 3,2) ; Pernod-Ricard (22,5 ; 2,4) ; Air Liquide (17,7 ; 2,8) ; LVMH (17,7 ; 2,7) ; Legrand (18,5 ; 2,9) ; PPR (20,7 ; 1,8) ; Sanofi-Adventis (19,5 ; 1,7) ; Schneider (17,3 ; 2) ou Technip (16,9 ; 2,3).

    Et que la fête continue. En attendant la prochaine crise financière qui va "ratiboiser" une autre couche de petits actionnaires.

    B. Boussemart


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