• Article 154 - Excellents résultats semestriels 2014 pour la famille Mulliez

    Bonjour

    En juin 2014, à partir des comptes publiés des sociétés en commandite par actions Acanthe, Cimofat et Valorest, de la société néerlandaise Claris NV et des données disponibles de la Société Civile Soderec, et surtout de la nouvelle valeur des titres de ces sociétés en juin 2014, la progression de la valeur du groupe Mulliez entre juin 2013 et juin 2014 est de 5,43%.

    La valeur brute du groupe Mulliez (hors ajustements, notamment pour illiquidité ...) est en juin 2014 de 23,42 Milliards d'euros pour ces 5 sociétés (contre 22,21 milliards en juin 2013 et 21,03 milliards en juin 2012).

    En faisant uniquement l'ajustement pour illiquidité et en prenant les parties des sociétés qui appartiennent en propre à certains membres de la famille (ainsi, Gérard Mulliez détient en plus des titres collectifs du groupe Mulliez des participations personnelles via Ausspar d'environ 10% d'Auchan, du groupe Adeo, de High Tech Multicanal Group/Boulanger et d'Agapes ; en compagnie de ses frères il contrôle les 2/3 du groupe Acadie, de Kiabi, du groupe Maco-Pharma ; la composante Leclercq de la famille contrôle 43% en propre du groupe Décathlon ; et hors ces 5 sociétés qui détiennent un peu plus de 6% du groupe Norauto, la composante Derville et d'autres membres de la famille - via une société belge - contrôlent le solde du groupe Norauto ; enfin, la famille Mulliez - Van der Wees et d'autres actionnaires familiaux contrôlent Sodival-Cultura), la valorisation de la fortune de la famille Mulliez (groupe Mulliez via les 5 sociétés + détention par les autres composantes familiales) atteint fin juin 2014 le montant de 40,55 milliards d'euros.

    Ce qui laisse quelques loisirs aux actionnaires pour aller - paraît-il - pleurer sur les prétendus malheurs d'Auchan France ; et de faire en sorte que les salariés déjà pressurisés soient encore plus exploités (allez les petits gars, nous ramons tous pour les profits) pour moins cher.

    D'ailleurs, les dividendes se font plus discrets et passent par d'autres chemins, notamment la réduction de capital, qui permet de remonter de l'argent en toute discrétion vers les actionnaires. Ainsi, dans le groupe Pimkie, les sociétés néerlandaises FSI, puis Oosterdam ont procédé en 2013 à des réductions de capital qui se répercutent en 2014 par une diminution du capital de Suramac en faveur des actionnaires de l'une des trois SCA : Cimofat. Le remboursement réalisé en ... 2014 est déjà acté dans les comptes 2013 de Cimofat, la participation détenue dans Suramac passant de 31,14% à 28,27% ; ce qui correspond exactement à la réduction de capital de 2 070 titres chez Suramac, qui a permis de remonter vers les actionnaires de Cimofat 17,24 M€. Belle anticipation des comptables de Mobilis qui savaient déjà en décembre 2013 ce qui allait se passer le 22 mai 2014. On vous l'avez dit, les "Pimkie" ? D'autres exemples de réduction de capital en 2014 chez Sodival-Cultura (1,826 M€) ; chez Consofond-Kiabi (31,9 M€) ...

    J'espère que tous les salariés d'Auchan France sortiront un petit billet de leur poche pour en faire cadeau au membre de la famille Mulliez qui va passer dans leurs hypers. La famille est si malheureuse ... L'autre malheureux du portefeuille - Gattaz - a manifestement fait des émules. Allez, au travail le dimanche, le retour au 39 heures sans contrepartie, la privatisation de la sécurité sociale en faveur des compagnies privées d'assurance, la limitation du droit de grève et surtout la fin du contrat de travail à durée indéterminée (vive l'embauche chaque matin ...) ...

    Bel avenir pour la France hollandaise.

    B. Boussemart


  • Commentaires

    1
    RASSON DIDIER
    Jeudi 13 Novembre 2014 à 19:36

    on aime beaucoup vos analyses financières sur ce groupe maintenant tentaculaires , mais je n'ai pas compris comment on pouvait sans l'accord du conseil de surveillance et d'administration avoir la faculté de réduire le capital social? pour distribuer des dividendes en catimini, cela représente combien du capital de chacune des sociétés.....

    Les fournisseurs peuvent aussi avoir peur de financer les stocks si la garantie du capital diminue.

    Par ailleurs ils investissent dans des pays à risque comme la Russie ou le rouble flotte depuis peu;;;la guerre avec l'Ukraine ou les actifs commencent à etre important.

    Les actionnaires salariaux sont-ils au courant de ces réduction de capital que leur dit-on et quel recours on-t-il? que leur dit-on dans Valauchan?

    2
    Jeudi 13 Novembre 2014 à 20:58

    Une assemblée générale peut décider dans le cadre de l'article L. 225-207 du Code de commerce de réduire le capital de la société.

    Cet article prévoit le cas de réduction de capital non motivé par des pertes, sous certaines conditions ; la société rachète en effet des actions appartenant aux associés (en vue de leur annulation, sous des conditions de prix et de nombre de titres rachetés, et avec un délai maximum pour que le rachat intervienne ; les actionnaires doivent être avisés de l'offre de rachat par courrier recommandé avec accusé de réception ; ce sont eux qui font les demandes de rachat) ; et il y a un droit d'opposition des créanciers de 20 jours. Parmi les actionnaires figurent les FCP s'ils existent dans la société concernée (ils doivent donc être prévenus comme tous les actionnaires). Je vous rappelle que le FCP (dans votre cas, Valauchan), n'est pas le membre salarié qui participe au FCP. C'est Valauchan qui décide, et non pas les salariés qui détiennent du Valauchan.

    Le procès verbal de l'assemblée générale doit être déposé au greffe du Tribunal de commerce ; et le greffe délivre le certificat de non opposition qui couvre le délai de 20 jours. Les fournisseurs font partie des créanciers.

    La somme (nombre de titres x prix de rachat) est prélevée pour partie sur le capital pour la valeur nominale des titres, et pour partie sur les comptes de "prime d'émission" ou de "réserves". Les réserves sont du bénéfice non distribué accumulé les années précédentes. Donc la réduction de capital est bien une distribution déguisée de dividendes.

    Quant à la question des pays à risque, le cas russe est très éclairant. L'investissement est de l'ordre de 350 M€ depuis la création, via la société française Sogepar. Cette société française détient notamment les titres d'Auchan Russie. Les capitaux propres d'Auchan Russie apportés par le groupe sont de l'ordre de 225 M€ à fin 2008. En prenant les bénéfices de 2009 à 2013 réalisés par Auchan Russie, soit 961,6 M€, qu'il faut ajouter aux apports initiaux, nous obtenons 1 186,6 M€ ; or il ne reste en fonds propres (y compris bénéfice) que 511,2 M€ à fin 2013. Le groupe Auchan a donc déjà fait remonter vers la filiale française Sogepar 674,6 M€ sur cette période. Soit bien davantage que l'investissement initial. Tous les bénéfices d'Auchan Russie sont du "bonus" pour le groupe par rapport à ses investissements.

    Par ailleurs, Sogepar a fait remonter vers son holding français Auchanhyper 315,5 M€ de dividendes et a procédé à deux réductions de capital pour 94,9 M€. Au total, ce sont donc 410,4 M€ qui sont déjà remontés de la Russie vers Auchanhyper, via Sogepar. Je vous rassure donc : la Russie n'est pas un pays à risque ; c'est un eldorado, où le groupe a déjà gagné beaucoup plus que sa mise, mise d'ailleurs déjà récupérée.

    B. Boussemart

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :