• Article 168 - Gobin délateur - Chapitre 1 : entre crétinisation du lecteur et le bla bla habituel

    Bonjour

    Le 1er chapitre parle d'un escalator qui aurait empêché notre délateur d'obtenir l'interview du siècle de Gérard Mulliez. Amusant. Ce qui l'est moins, c'est la manière dont Gobin le délateur se moque de ses lecteurs. A ce chapitre, nous attribuons (avec l'indulgence du jury) une note de 1/20. Ce qui mérite quelques explications.

    Faire prendre des vessies pour des lanternes. Le chapitre commence fort, avec l'enterrement de Bruno Lussato à Paris. Tout y est : un banc et un jeune SDF, un été qui se prolonge, des personnalités de premier plan (Elkann de Fiat, Arnaud Gobet, Henri Dutilleux ... et quelques membres de la famille Mulliez) et des oligarques russes ... Puis une anecdote qui voit Gérard Mulliez reçu chez Patrice Pelat en compagnie de Jean-Yves Haberer (Crédit Lyonnais), des Bettencourt, de Bérégovoy et de Bruno Lussato, annoncer à ce dernier un peu plus tard dans la soirée la fin de son contrat de formateur chez Auchan.

    Qu'apprend t-on réellement sur ce passage qui occupe les pages 9 à 17, soit plus de la moitié du chapitre 1. Rien de bien sérieux, ni sur Lussato, ni sur les grands de ce monde cités dans le passage, à part divers éléments qui relèvent de CV récupérés chez Wikipédia ou dans diverses publications de la presse. Ainsi, les lecteurs qui veulent connaître les véritables relations entre Bruno Lussato et Auchan trouveront dans le blog de Bruno Lussato des informations plus complètes. Par exemple, le journal du 22 mars 2008, où Lussato traite de la "solidarité familiale" : "Je serais ingrat de me plaindre! Je n'ai mentionné que des étrangers. Ma reconnaissance s'est déjà exprimée envers les fidèles, les seuls qui aient été invités à ma nomination. Il y a évidemment toute la famille Auchan, pour commencer par Vianney Mulliez qui a été particulièrement honoré, y compris par le Président de la République. Ils étaient tous là fidèles au poste, anciens et nouveaux. On ne voyait d'ailleurs qu'eux. Il faut y ajouter en priorité Arnaud Gobet, avec lequel j'évolue et j'apprends tellement, puis à Sergei Pougatchev, Franck Bruneau, John Elkann et à tous ceux qui étaient présents ... ". Voici une des sources de Gobin, non citée d'ailleurs, et appropriée à sa sauce d'enterrement. Nous pouvons y ajouter l'article de Jean-Pierre Thiollet dans France Soir du 1/10/2009, qui fait référence à la légion d'honneur chez Sarkozy, avec la présence de Dutilleux ; la soirée "Hommages" du 31 janvier 2010, avec le discours du fils de Bruno Lussato qui fait référence aux clients de son père (Auchan, L'Oréal ...). Ou la description de l'appartement au Rond Point des Champs Elysées par le blogger Ardiuss 44, qui note la présence de tableaux de maîtres (Miro notamment ...), d'un épais tapis de laine ... . Mais curieusement, pas d'une porte dérobée ... Probable que Gobin le délateur voulait se mousser ... Personne ne sera là pour le contredire. Sauf que ...

    En tout état de cause, les relations entre Auchan et Lussato étaient connues de longue date ; par exemple, un article du Nouvel Observateur du 15-21 mars 1990, en page 155. Ou encore, sur la vision par Gérard Mulliez des consultants comme Lussato : voir l'interview de Gérard Mulliez aux Echos du 4/10/2013, où il indique : "Réussir ensemble ou se casser la figure ensemble : Dans les années 1980, j'ai beaucoup travaillé avec le professeur Bruno Lussato, qui enseignait l'organisation. Mais attention les conseillers ne sont pas les payeurs ; il faut être vigilant, car ne connaissant pas l'entreprise, ils proposent parfois des solutions qui ont réussi ailleurs mais pas toujours adaptées à notre culture. Cela peut amener des démotivations qui rendent certains conseils très coûteux. Quand ils sont bons, les consultants ouvrent les esprits et c'est leur utilité". Ce n'est donc pas de la "radinerie" ... Il y avait manifestement un problème entre Gérard Mulliez et certaines conceptions de Lussato. Mais Gobin le délateur n'en a cure. Il ne s'occupe ni de ce que publie Lussato sur le fond, ni sur les problèmes que sa manière de concevoir l'évolution du système capitaliste peuvent poser. Non seulement Gobin le délateur pompe des éléments à droite et à gauche sans les citer ; mais en plus, il ne comprend rien ; même pas l'écume des choses. D'où sa note de 1/20.

    Nous avons une partie de la réponse dans l'approche de Gérard Mulliez ci-dessus envers les consultants. Il serait utile pour Gobin le délateur de méditer cette petite citation de Jean Sur (qui a fait longtemps de la formation permanente) : "le rôle des formateurs en entreprise "c'est de faire passer pour une contribution fructueuse au bien commun un discours constamment mensonger dont le seul effet est d'aggraver la détresse des travailleurs". Et surtout de lire Lussato lui-même. Que dit-il par exemple sur l'évolution du système capitaliste (voir par exemple l'intervention chez Pivot sur la "crétinisation générale" le 13 février 1987 ; y figurait également le philosophe Michel Henry ; ou l'ouvrage consacré à "L'échelle humaine") : en pages 307 et sq. : "On nomme grande civilisation celle qui établit un juste équilibre entre le banalisé, le "basic", le mécanique, le minimal et le spécifique, le raffiné. ... La prééminence de marché de la beauté, du luxe, de l'artisanat, du mieux-vivre n'interdit à personne de "brûler ses vaisseaux" et de revenir à des conceptions plus constructives. Le marché de la personnalisation-civilisation permet l'alternance, l'équilibre, la fantaisie, l'expérience. En revanche le marché de la massification ne permet rien : il impose à tous des produits identiques, une vision du monde identique et détruit inexorablement ce qui peut lui faire concurrence en conditionnant les esprits et les désirs à sa vision. Si le marché de masse domine mondialement tous les autres, les chômeurs qu'il génère ne pourront se recaser nulle part, puisqu'il aura détruit les autres marchés. L'emploi va pourrir peu à peu, tout l'ensemble se désagréger et nous recevrons en boomerang l'exclusion qu'il faudra bien traiter d'une manière ou d'une autre. Je ne veux pas voir un peuple créatif, indépendant, humilié, nourri au Taco Bell, aux hamburgers regarder à travers des vitres fumées et blindées les maîtres manger des plats raffinés en écoutant du Vivaldi. La France a des atouts spécifiques, goût, culture, art de vivre, savoirs ancestraux : elle doit les développer au maximum. Mais la propagande officielle pousse les français à rêver aux machines qui vont les asservir : les robots, la haute technologie même à mauvais escient. Les prédateurs leur fourguent une camelote technobidule sans valeur, l'équivalent des réveille-matin-qui-font-tic-tac d'Oudini, et des produits calibrés pauvres et chers. Les prédateurs dégoûtent les français de ce qui est beau, de ce qui fait la valeur de leur pays et de leur culture. Le marché de la banalisation banalise l'homme, sa pensée, son comportement, son environnement. Les cultures traditionnelles, la culture savante, mais aussi la sensibilité, la fantaisie, l'intuition (le vrai génie de l'homme, ce que la machine ne fera jamais) sont écrasées par le rouleau compresseur de la massification. Le règne de la quantification réduit les individus à des pourcentages. La richesse, la possession, l'argent sont devenus des signes binaires qui défilent sur les écrans. L'art, l'amour, la vie, la mort deviennent des valeurs spéculatives en hausse ou en baisse. La médecine standardisée, technocratisée soigne des malades quantifiés et eux-mêmes standardisés. Les cas particuliers sont condamnés. Les technopoles, médicopoles, mégalopoles, futuroscope écrasent les prétentions individuelles, l'égo des citoyens. La morale, le sens des valeurs, l'indignation, la révolte sont pervertis au nom du "politiquement correct". Le délire collectiviste égalitariste professe qu'un homme en vaut un autre, c'est à dire rien. Les choix sont ouverts : pulsion de vie ou pulsion de mort. La mort, c'est l'ancienne France, grise, massifiée, démagogique, bétonnée, déculturée, polluée, la France de la Défense, de l'Opéra Bastille, de la Très Grande Bibliothèque, la France du blanc et du noir. La vie, c'est une France nouvelle, multicolore, décentralisée, où coexistent en bonne harmonie le marché des gros (produits de base) et les marchés des nombreux "petits" qui fabriquent des produits et créent les services sur-mesure, jadis considérés "de luxe", pour le plus grand nombre de citoyens, des hommes et des femmes redevenus des être humains indépendants. Le choix du troisième millénaire est entre les marchés de la personne et le marché des robots. La vraie redistribution, le vrai partage se situent entre les machines et les hommes. Il faut rétablir la hiérarchie des valeurs : redonner aux hommes la place qui leur revient, la première ; et aux machines celle qui leur convient : la dernière. Si le gris et le massifié l'emportent, les grandes fortunes seront de moins en moins nombreuses et de plus en plus puissantes. Tout le reste va baisser, sauf le nombre des chômeurs et des exclus. Les classes moyennes, la bourgeoisie éclairée vont se paupériser et disparaître. La nomenklatura ne sera plus nationale, mais mondiale. Sa puissance sera sans concurrence, et la voix discordante des dissidents humanistes pour toujours étouffée. Les chevaux de l'Apocalypse auront rempli leur mission.". C'est nous qui soulignons. Gérard Mulliez avait très bien compris tout cela. Et il utilisait ses nombreux conseillers en organisation pour autant qu'ils répondaient à l'usage décrit par Jean Sur.

    Surtout, si Gobin le délateur avait eu le courage d'ouvrir un seul ouvrage de Lussato, il n'aurait jamais écrit son charabia.

    Etaler sa fausse culture économique et financière. Ensuite, dans ce même premier chapitre, il cite de nombreux chiffres approximatifs sur la première fortune de France (sans citer les sources), sur l'opposition Arnault/Mulliez quant au classement (sans dire un mot des modes de calculs de la fortune d'Arnault), sur les taux de progression de la fortune familiale (comment calcule t-il par exemple la progression de 85% des actifs de l'AFM sur les dix dernières années), sur les taux de distribution des dividendes, sur la société Claris NV, dont la valeur a augmenté six fois plus vite au cours des dix dernières années que les autres structures (quelle valeur pour Claris NV il y a dix ans, et maintenant ; quelles autres structures ? ...).

    En d'autres termes, tout est flou. Comment croire un seul mot d'un texte qui tient davantage d'un mauvais roman de gare que d'une argumentation solide, sources à l'appui, qui constituerait en fait une réelle investigation journalistique. Gobin le délateur prend ses lecteurs pour des crétins. Et il leur ressert un plat froid, qu'il n'avait pas réussir à publier dans sa première mouture, du fait de mon opposition à ses délires "people". Mais puisque le peuple se crétinise, continuons de bon cœur !!! Quel mépris !

    B. Boussemart.

     

     


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