• Article 240 - Les faux calculs de Challenges sur les grandes fortunes - le cas Altrad

    Bonjour

    Mohed Altrad réalise dans "Challenges" une progression spectaculaire de sa fortune, passant de 1,2 Mds€ l'an dernier (54ème position) à 2 Mds€ cette année (37ème position). On se demande bien pourquoi, le CA du groupe restant selon nos "bouliers" à "un peu plus de 1,6 Mds€" pour les deux exercices. Seule différence mentionnée : "il vient de racheter l'isérois Prezioso" ... (chiffre d'affaires consolidé non publié ; avec entre 200 et 300 M€ de chiffre d'affaires pour différentes filiales publiant les comptes aux greffes). En fait, pour le groupe Altrad, les données consolidées d'Altrad Investment Authority (AIA est le holding de tête qui contrôle le groupe Altrad) indiquent pour l'exercice 2013-14 un chiffre d'affaires de 860,8 M€ et pour l'exercice 2014-15 un chiffre d'affaires de 1 572,7 M€, l'écart entre les deux exercices étant en grande partie lié au rachat du groupe néerlandais Hertel (815,6 M€ de chiffre d'affaires en 2014 ; son CA a été consolidé sur 8 mois 2015 dans les comptes du groupe Altrad en 2014-15). Donc, le chiffre d'affaires de l'année dernière n'était pas de 1,6 Mds€. D'ailleurs, s'il avait fait un comparatif comprenant le groupe Hertel pour son exercice 2013-14, le groupe Altrad (qui a publié un compte de résultat "proforma"), c'est 1,866 Mds€ de chiffre d'affaires qui était la base de comparaison. Première conclusion : après la reprise de Hertel, le groupe Altrad a fait du nettoyage, et le chiffre d'affaires consolidé du groupe a baissé, passant de 1,866 à 1,573 M€. Il en va de même de l'Ebitda du groupe, qui passe de 229 M€ en proforma 2013-14 à 213 M€ en 2014-15. Challenges fait ici une première erreur sur le niveau de chiffre d'affaires.

    Le fait que le groupe Altrad conteste notre estimation à 1,05 Mds (au lieu de 2 Mds€ pour les bouliers) s'explique mal :

    - Mohed Altrad a la mémoire courte : en 2010-11, lors de l'entrée au capital de son groupe du Fonds Stratégique d'Investissement, la valorisation de AIA est de 414 M€. Surtout, lorsqu'il transfère les titres qu'il possède à sa société familiale "Altrad Participations" en novembre 2014 (voir pièce jointe), ses apports - il s'agit de la totalité du pourcentage qu'il possède sur son groupe - soit 77,78% - sont évalués par l'expert à 645,538 M€. Pas un cent de plus. Notre évaluation pour l'exercice de l'an dernier était de 641 M€ (1,2 Mds pour les bouliers).

    Télécharger « AltradParticipationsAugK2014.pdf »

    - en 2014-15, avec la reprise du groupe Hertel, le groupe Altrad ne surperforme pas (voir la baisse du chiffre d'affaires et de l'Ebitda en consolidation "proforma"). Notre estimation tient évidemment compte de l'évolution de la taille du groupe et de la hausse "mécanique" de l'Ebitda, mais aussi de l'évolution des fonds propres consolidés (ils passent de 260,86 M€ en 2013-14 à 368,45 M€ en 2014-15) et de l'endettement net du Holding AIA. Or curieusement, Mohed Altrad n'a publié que les comptes consolidés de AIA, et a "oublié" de publier au greffe les comptes sociaux de son Holding AIA en 2014-15, ainsi que les comptes de "Altrad Participations". Or, en 2013-14, l'endettement net du Holding AIA était de 222,8 M€ (hors relations avec le groupe) et de 157 M€ (relations créances et dettes groupes comprises). Mohed Altrad aurait-il des pudeurs de jeune fille pour ne pas publier l'endettement de son holding après le rachat de Hertel ?

    - enfin, et comme indiqué ci-dessus, Mohed Altrad ne possède pas la totalité de son groupe, mais 77,78%. Là encore, les bouliers de Challenges oublient ce petit détail, lorsqu'il reprennent sans barguigner les évaluations de banquiers d'affaires. Nous comprenons parfaitement l'intérêt de Mohed Altrad (et des banquiers) à surestimer la valeur de son groupe s'il veut le mettre partiellement en bourse. Nous n'avons pas à entrer dans ce type de considération.

    Par suite, en prenant simplement l'Ebitda de 2014-15, à 212,723 M€, en utilisant pour cet Ebitda un multiple de 7,5 (ce qui est déjà élevé), puis en prenant en considération l'endettement financier net de 2013-14, et le pourcentage réel de détention à 77,78%, la fortune patrimoniale de Mohed Altrad est réduite à 1 068 M€ - soit pratiquement notre évaluation. Sans dresser des plans sur les comètes financières des années futures.

    Libre aux futurs boursicoteurs de se faire plumer lors d'une éventuelle introduction en bourse de AIA.

    B. Boussemart

     


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