• Article 243 - Comment le groupe Pimkie a versé en 2015 à la famille Mulliez 645 M€ de dividendes

    Bonjour

    Non, vous ne rêvez pas. Le groupe Oosterdam/Pimkie, qui paraît-il, n'aurait pas les moyens d'augmenter ses salariés, vient de faire remonter 645 M€ de dividendes fin 2015, via le surholding Suramac.

    Pourtant, rien ne transparaît dans les comptes des deux filiales de Suramac (Mac Marketing Advertising Consultants ; et Haped Commercial Enterprise - toutes deux situées aux Pays-Bas, paradis fiscal bien connu et bien utilisé à divers niveaux par la famille Mulliez). Sauf que :

    - Haped, qui possédait 60% de Woelsewaard (le holding qui contrôle Oosterdam), a cédé en 2015 ces 60% à Mac Marketing, moyennant un prix de 372 M€ ; réalisant ainsi une belle plus-value sur la valeur de ces mêmes titres (66 M€ dans les comptes 2014) ; et qu'immédiatement après, Haped a eu l'extrême gentillesses de verser un dividende de 350 M€ à Suramac (prélevé sur  le montant des anciennes réserves à 77 M€ et sur le bénéfice net réalisé en 2015 de 293 M€, suite à la vente évoquée) ;

    - Mac Marketing Advertising a donc racheté au prix fort les titres Woelsewaard, filiale qu'il contrôle maintenant à 100%. Pour ce faire, Suramac a augmenté le capital de Mac Marketing, mais a entraîné un endettement supplémentaire pour cette filiale de 181 M€. Compte tenu du dividende payé à Suramac de 295 M€, c'est par l'endettement que le groupe fait remonter de l'argent : les dettes financières consolidées sont passées de 65 à 288 M€ entre 2014 et 2015 ; ce qui a permis de cumuler une trésorerie consolidée à 531 M€.

    La manipulation est donc limpide : le groupe a fait remonter vers Suramac l'essentiel de sa trésorerie ; et Suramac va pouvoir verser à ses trois sociétés de contrôle de la famille (Acanthe, Cimofat et Valorest) la majeure partie de cette trésorerie, laissant à Suramac et au groupe Pimkie tout l'endettement évoqué : Suramac a déjà mis en compte une créance sur les sociétés du groupe de 332 M€.

    Quant aux salariés, prière de ne pas vouloir de hausses de salaires, de travailler le dimanche et les jours fériés, et de se laisser licencier avec le minimum de dépenses pour le groupe, suite à la loi travail. Le CICE des sociétés de groupe (Diramode, PPP, Rouge-Gorge Lingerie) a rapporté en 2015 un total de 2,6 M€.

    Bonne lecture

    B. Boussemart


  • Commentaires

    1
    Erwan
    Lundi 24 Octobre 2016 à 18:58

    Bonjour,

     

    Ils n’arrêtent pas le progrès.

    Donc, si j'ai bien compris, comme Drahi, ils font supporter aux entreprises et filiales qu'ils rachètent, même entre elles, la totalité des frais et l’endettement liés à cet "achat".

    Ils démantèlent parfois le tout, encaissent tout l'argent au passage par un versement de dividende.

    Bien que détenteurs de part de leur entreprise, les salariés ne bénéficient d'aucun versement de dividende.

    Crient haut et fort qu'il ne peuvent pas augmenter les salariés, font planer des licenciements de masse.

    Compte tenu de l’endettement qu'ils auront eux même généré à la société, les "experts " évalueront l'entreprise à minima.

    Ils gagnent sur tous les tableaux.

    Est ce que je me trompe?

     

    Erwan

    2
    Lundi 24 Octobre 2016 à 19:36

    C'est bien cela ; les "prélèvements" sur les sociétés opérationnelles se font via les loyers (payés aux firmes immobilières du groupe), via les intérêts (si les prêts sont ensuite faits par les holdings du groupe), et les diverses sociétés de services du groupe (spécialisées sur les achats, la pub .... et les conseils d'avocats ...). Et comme une fois toutes ces charges supportées, le bénéfice diminue, dommage pour le partage via  l'intéressement ou la participation. Pas de chance, il y a de moins en moins à partager ... Car c'est ailleurs que ça se passe. Pour Pimkie, voir par exemple l'entreprise Modema, qui occupe 5 cadres ... très bien payés.

    B. Boussemart

    3
    M&M
    Mardi 25 Octobre 2016 à 09:54

    A propos de cette remarque sur votre article 242.
    « . . . .
    Mail du 8 octobre 2016, Administration des Zachats :
    « Toutes vos demandes de créations de bons de commande pour TOUTE L'ANNEE 2016 (toutes prestations démarrées en 2016, frais de déplacement, astreintes, maintenances, hébergements, honoraires ...) doivent parvenir à ………..  pour le lundi 7 novembre au plus tard. »
    « Les demandes d'achats 2016 doivent, elles,  parvenir aux contrôleurs de gestion avant le 14 novembre 2016. »
    Ouaf !
    Durant les deux dernier mois de l’année, à auchan, il ne peut rien se passer, c’est pas possible.
    Quel monstre administratif et bureaucratique cet univers familial !
    5 niveaux de signatures pour les achats de plus de 10 000 euros
    . . . . . . »

    Dire que pendant ce temps là, la direction en fait des kilos sur la rapidité, l’agilité, la souplesse . . . .  des centaines de tonnes . . .

    - Comment travailler honnêtement avec de telles contraintes ?
    On est obligé de truquer les budgets, d’être perpétuellement en porte à faux dans les équipes, sur le projets, si l’on veut avancer.

    - Comment faire aboutir les projets, puisque les 5 contrôleurs de gestion par lesquels il faut passer ont des objectifs différents ?
    Je signe, mais ce projet là tu le reportes à 2018, à la saint glin glin, ce serait encore mieux, et ça reste entre nous.

    - Y a t’il des contrôles sur les fraudes aux astreintes, aux frais de déplacement, aux coûts bien cachés ?

    - N’y a t’il rien d’autre ?
    Quand des autocrates décident d’un trait de stylo de vos projets, ils ont tous les pouvoirs.
    La Famille n’a t’elle pas d’inquiétudes sur la potentialité d’une affaire morandini, rue de la recherche.
    Ben oui, quand il y a un tel nombre de potentats . . .
    La boue finit toujours par remonter à la surface, nous verrons bien.

    Pour ce qui est de ce petit virement intrafamilial, valauchan peut stagner, baisser, pas de problèmes, les sous passent ailleurs.
    Chanson familiale : Dans la vie faut pas s’en faire,  https://www.youtube.com/watch?v=HMfuERnkbLo
    Refrain
    Dans la vie faut pas s'en faire
    Moi je ne m'en fais pas
    Je suis un Mulliez
    Toutes les petites misères
    Seront passagères
    Tout ça s'arrangera
    Je n'ai pas un caractère
    A me faire du tracas
    Croyez-moi sur terre
    Faut jamais s'en faire
    Chez les Mulliez.

    M.M.
    J’oubliais : Mais où sont donc passées les 1000 palettes de masques anti grippe (fabrication familiale), invendables sans épidémie,  qui prenaient la poussière en logistique ?
    Passés en pertes ? Déduites des bénéfices ?

     

    4
    Mardi 25 Octobre 2016 à 19:41

    Mais Monsieur Boussemart, comment voulez vous que cette honorable famille gagne sa vie autrement ? Elle est harcelé par cette Justice, qui finira de tuer le petit commerce !

    Prestations fictives d'Auchan envers une PME (800 000 euros)

    La condamnation d'Auchan, elle, porte sur une affaire de plus petite ampleur, mais fait aussi avancer la jurisprudence sur la coopération commerciale dans un sens défavorable aux distributeurs.

    La cour d'appel de Paris a cassé cet été un jugement prononcé en 2010 par le tribunal de commerce de Roubaix-Tourcoing. Jugement qui avait d'abord été confirmé par la cour d'appel de Douai, puis invalidé par la Cour de Cassation, entraînant donc un nouveau passage en cour d'appel, cette fois à Paris.

    Le dossier oppose une PME normande, les Jambons du Cotentin, à la centrale Eurauchan. Il est complexe, car il porte sur un accord global passé entre le fournisseur, à l'époque en redressement judiciaire, et le distributeur. Mais dans ce dossier, la cour d'appel de Paris s'est prononcée précisément sur des prestations de coopération commerciale, qui nous intéressent ici.

    Au titre des années 2004, 2005 et 2006, la PME charcutière s'est vue facturer pour 800.000 euros de coopération commerciale.

    Distinction claire entre coopération commerciale et CGV

    S'agissant des prestations de "convention de service de paiement centralisé", "convention de service centrale groupe", "convention de service diffusion et cooptation des assortiments", "fournitures des relevés des prix de vente", la cour estime qu'elles font doublon avec la rémunération des "prestations centrale" déjà prévue dans les conditions générales de vente du fournisseur.

    Les mêmes CGV intègrent également le paiement d'un "service de création d’événement promotionnel", qui n'empêche pas Eurauchan de facturer à part des "prestations commerciales suivant contrat", "mises en avant sur gamme locale", "tête de gondole", "animation externe au rayon", "OPE terroir", "gamme locale gamme festive", etc.

    Les juges reprochent à Auchan un manque global de précision des prestations facturées, une absence de dates et de détails qui auraient permis d'établir des distinctions entre les services déjà prévus dans les CGV et la coopération commerciale venant en sus.

    Dans son arrêt, la cour en conclut qu'Eurauchan n'est pas en mesure de prouver que les prestations facturées sont distinctes des CGV, ni même qu'elles ont effectivement été réalisées, alors que cette responsabilité lui incombe.

    Auchan a donc été condamné à rembourser à la PME les 800.000 euros de coopération commerciale qu'elle avait versés.

    Ces deux arrêts de la cour d'appel de Paris peuvent encore être cassés à l'occasion d'un pourvoi en cassation. Mais, en l'état, cette jurisprudence fait peser une menace sérieuse sur les négociations annuelles pour 2017, alors même que les amendes, depuis la loi Macron, peuvent être portées à 5% du chiffre d'affaires des enseignes. Car les pratiques qui ont été condamnées cet été sont loin d'être spécifiques à Auchan ou Système U.

    Source : Linéaires - B. Merlaud - 12 Octobre 2016 http://www.lineaires.com/LA-DISTRIBUTION/Les-actus/Ces-condamnations-qui-vont-peser-lourd-sur-les-negos-49078

    CGV : Conditions Générales de Vente

    5
    Mardi 25 Octobre 2016 à 21:43

    Pendant ce temps là : Grève chez Pimkie : La comptabilité n’en peut plus de toujours payer l’addition (Adrien Delerue  | Publié le 25/10/2016 ).

    Las de ne jamais être reconnu et inquiet face à la menace de suppression de postes, l’ensemble du service de comptabilité de l’enseigne de prêt-à-porter a débrayé, devant le siège, ce mardi matin. Une première. La direction a finalement pris un certain nombre d’engagements.

    «  Aujourd’hui, nous saturons physiquement et psychologiquement. Il fallait que la direction l’entende.  » Jamais, Mathieu (prénom d’emprunt) n’imaginait devoir un jour quitter son poste pour manifester sa colère. La coupe est pleine. Le jeune homme travaille depuis six ans au service comptabilité de l’entreprise Pimkie, nichée au cœur de la zone d’activités de Neuville-en-Ferrain. Ce mardi matin, à l’instar de l’ensemble de ses collègues, il a pourtant débrayé, entre 9 h et 10 h 30. «  C’est une première, alerte Patricia Tissegouine, du CHSCT. Les bureaux ne sortent quasiment jamais pour protester. Cela prouve qu’il existe un réel mal-être.  »

    La crispation couve depuis un moment. «  Depuis plus d’un an, nous tentons de faire part de notre malaise, se désespère Nabyl Denfer, délégué CFDT. Le dialogue avec la direction est totalement rompu.  » Les salariés de la comptabilité se disent «  exaspérés  » d’être en permanence «  la cinquième roue du carrosse  » : «  Nous occupons une place importante dans la boîte, le service tourne très bien, mais nous ne sommes jamais associés aux projets de la hiérarchie, reprend Mathieu. On n’est jamais au courant de rien. Il n’y a aucune reconnaissance.  » La cocotte-minute «  explose  » en mai, lorsque la direction de l’enseigne de prêt-à-porter annonce la suppression de deux postes, suite aux départs de deux salariés (à la retraite et pour projet personnel). «  Nous sommes passés à neuf employés, dont un chef, et deux intérimaires. Avant cela, nous travaillions déjà à flux tendu. C’était incompréhensible.  »

    Aucune raison économique

    Le comité d’entreprise (CE) commande alors une expertise, qui démontre noir sur blanc l’absence de raisons économiques pouvant justifier une telle décision. Le service comptabilité France de Pimkie a en effet «  la productivité la plus élevée  » par rapport aux autres zones (Allemagne, Italie et Espagne), rappelle, chiffres à l’appui, Valérie Pringuez, de la CGT. En outre, l’analyse met le doigt sur la charge de travail supplémentaire à prévoir, eu égard au souhait de l’entreprise de développer des commissions-affiliations (ces conventions particulières entre fournisseur et distributeur). Elle préconise le maintien des deux postes.

    Ce mardi, à l’issue du CE qui s’est tenu dans la foulée du mouvement de grève, la direction est finalement allée dans ce sens en proposant une embauche en CDI, ainsi que l’appui d’un CDD – dont la situation sera réévaluée à l’avenir – sur toute l’année 2017. Elle a également pris l’engagement d’instaurer davantage d’échanges avec cette partie du personnel et de l’intégrer plus souvent aux échéances du groupe. Des propositions jugées «  honnêtes  » par l’intersyndicale et les salariés, qui attendent désormais de voir sur le long terme. Mais envisagent la lourde période de la clôture annuelle avec (un peu) plus de sérénité.

    Source : http://www.lavoixdunord.fr/64763/article/2016-10-25/greve-chez-pimkie-la-comptabilite-n-en-peut-plus-de-toujours-payer-l-addition

    6
    Erwan
    Mercredi 26 Octobre 2016 à 14:09

    Bonjour,

     

    Et oui, ça ce passe comme ça dans toutes les entreprises de la nébuleuse Mulliez.

    Pas assez de personnel de base et d'encadrement de terrain juste au dessus.

    En revanche, il y a une collection invraisemblable de cadres et de directions inutiles. Strates multipliées presqu'à l'infini.

    Des tyrans et des despotes, rarement éclairés, égoïstes, égocentriques.

    Comme la plupart ne sait pas comment occuper son temps, ils em... tout ceux qui sont au dessous d'eux, et savonnent la planche de leur hiérarchie.

    La place doit être très bonne passé certains niveaux.

    Comparé au autres entreprises concurrentes, le taux de cadres et largement supérieur. Visiblement, les concurrents  arrivent à tirer leur épingle du jeu. Chacun est à son poste et fait avancer l'ensemble. Dans la nébuleuse Mulliez, chacun tire la couverture à lui et on régresse.

    Quant au pilote, on se demande où il est.

    Erwan

     

      • M&M
        Mardi 1er Novembre 2016 à 21:52

        Erwan, vous écrivez : Une collection invraisemblable de cadres et de directions inutiles. Strates multipliées presqu'à l'infini.

        c’est la vie, rue de la Recherche.

        Les directions doivent diviser, pour régner, même et surtout parmi les grands manitous.
        Quand certains factieux prennent le dessus, une seule solution en embaucher d’autres afin d'équilibrer.

        Le dernier exemple en date semble être cette salariée niveau 9 faisant partie du CODIR, restée de longs mois sans affectation précise.
        Gros salaire,
        pas d’affectation,
        mais . . . . . réunions, réunions ….
        Comme d’habitude, on nous dit qu’elle travaille sur de nouvelles pistes afin de baisser les frais de fonctionnement, comme ils disent à chaque fois.
        On en est en crise et en recherche d'économies tous azimuts, mais un grand manager en plus, ça ré équilibre des choses, pour la réunion perpétuelle.

        Depuis son arrivé, tout le monde planche sur les conséquences de la vente d’une vingtaine de magasins (à prix fort).
        Comme si cela allait se faire !
        Faut bien de nouvelles idées afin d’user son temps, sur la réorganisation passée, celle qui est en cours, et la suivante.

        Performance, simplification, resserrement des échelons des grades ou des niveaux, on entend que cela depuis 20 ans.
        A l’époque, à l’informatique, il y avait 5 niveaux en dessous et 3 niveaux au dessus hors D,G bien entendu...
        Nous sommes à quelques jours de 2017, à 9 niveaux plus 2 de D.G donc 11.
        La vision de l'insupportable des années 80 est bien loin du résultat atteint.

        Quand à ce qui est à atteindre . . .

    7
    Erwan
    Samedi 5 Novembre 2016 à 14:14

    Bonjour à toutes et à tous,

    Bonjour M&M,

     

    Pourtant, située dans une rue avec un tel nom, il est aisé de trouver des solutions non?

    A moins que comme la recherche, elle se finance surtout n'aboutit que très rarement.

    En près de 30 ans d'ancienneté dans la maison, j'ai une foule d’anecdotes plus savoureuses les unes que les autres. Peut être qu' au fil des informations et conversations du présent blog, j'en livrerai quelques unes.

    Pour résumer vos propos et les miens sur la multitude de cadres inutiles et, j'ose ls néologisme, argentophage, connaissez vous le "syndrome" de la fourmi?

    Je joints le lien, en espérant que Monsieur Boussemart en autorise l'accès.

    http://fr.slideshare.net/eric4274/la-fourmi-travailleuse

    Sinon, voici un copier collé de l'histoire, mais le lien est à mes yeux beaucoup mieux

     

    Petite histoire de fourmi

    Il  était une fois, une Fourmi heureuse et productive qui, tous les jours ,arrivait  de bonne heure à son travail. Elle passait toute sa journée à travailler dans la  joie et la bonne humeur, poussant même la chansonnette.

    Elle  était heureuse de travailler et son rendement était excellent mais, malheur !,  elle n'était pas pilotée par un manager ...

    Le  Frelon, PDG de l'entreprise, considérant qu'il n'était pas possible que la  situation puisse perdurer, créa un poste de manager pour lequel il recruta une  Coccinelle avec beaucoup d'expérience.

    La  première préoccupation de la Coccinelle fut d'organiser les horaires d'entrée et  de sortie de la fourmi. Elle créa également un système de compte-rendu et de  fiches navettes. Très vite, il fallut engager une secrétaire pour l'aider à préparer les dossiers et le reporting, si bien qu'elle recruta une Araignée qui  mis sur pied un système de classement et qui fut chargée de répondre au  téléphone. Pendant ce temps là, la fourmi heureuse et productive continuait de travailler, travailler, travailler.

    Le  Frelon, PDG de l'entreprise, était ravi de recevoir les rapports de la Coccinelle , si bien qu'il lui demanda des études comparatives avec graphiques,  indicateurs et analyse de tendance. Il fallut donc embaucher un Cafard pour assister le manager et il fallut acheter un nouvel ordinateur avec une imprimante.

    Assez  vite, la Fourmi heureuse et productive commença à baisser de rythme et à se  plaindre de toute la paperasserie qui lui est dorénavant  imposée.  Le  Frelon, PDG de l'entreprise, considéra qu'il était temps de prendre des mesures.  Il créa donc le poste de chef de service pour superviser la Fourmi heureuse et  productive.

    Le  poste fut pourvu par une Cigale  qui  changea tous le mobilier de son bureau et qui demanda un nouveau fauteuil ergonomique ainsi qu'un nouvel ordinateur avec écran plat. Seulement, avec  plusieurs ordinateurs, il fallut aussi installer un serveur réseau. Le nouveau  chef de service ressenti rapidement le besoin de recruter un adjoint (qui était son assistant dans son ancienne entreprise) afin de préparer un plan stratégique  de pilotage ainsi que le budget de son nouveau service. Pendant  ce temps-là, la Fourmi était de moins en moins heureuse et de moins en moins  productive.

    "Il  va nous falloir bientôt commander une étude sur le climat social", dit la  Cigale. Mais , un jour, le Frelon, PDG de l'entreprise, en examinant les  chiffres, se rendit compte que le service dans lequel la Fourmi heureuse et productive travaille n'était plus aussi rentable qu'avant. Il  eut donc recours aux services d'un prestigieux consultant, M. Hibou,
    afin qu'il  fasse un diagnostic et qu'il apporte des solutions. Le Hibou fit une mission de  trois mois dans l'entreprise à l'issue de laquelle il rendit son rapport : "il y  a trop de personnel dans ce service". Le  Frelon, PDG de l'entreprise, suivit ses recommandations et .. licencia   la  Fourmi !

    Moralité  :
    Ne  t'avise jamais d'être une Fourmi heureuse et productive. Il vaut mieux être incompétent et ne servir à rien. Les incompétents n'ont pas besoin de superviseur, à quoi cela servirait puisque tout le monde le sait ! Si malgré  tout, tu es productif, ne montre pas que tu es heureux au travail, on ne te le  pardonnerait pas. Si tu t'obstines à être une Fourmi heureuse et productive,  monte ta propre entreprise : au moins tu n'auras pas à faire vivre les Frelon, Coccinelle,Araignée, Cigale, Hibou et autre Cafard.

     

    Erwan

      • Erwan
        Lundi 7 Novembre 2016 à 08:22

        Bonjour,

         

        Pour continuer sur ma ma lancée et celle de M&M concernant le nombre de cadres inutiles (mais qui sont rémunérés), il y a depuis quelques années un nouveau truc qui se fait.

        L'appel à des cadres vivier. Ce sont des jeunes hommes, parfois des jeunes femmes, qui sortent d'une école d'ingénieurs. Petite parenthèse: soit le niveau ingénieur est descendu bien bas, soit les intéressés ont été largués par des études difficiles, peut être aussi un peu des deux.

        Il sont là pour êtres "formés" au cas où un poste se libèrerait. Ils errent comme des âmes en peine, de service en service pour, on vous le dit, apprendre le métier. Rémunérés, bien sur, vive la réduction des frais....

        En attendant, ils ne font rien, n'aident pas lors de la mise en rayon. Pourtant nous sommes 10 alors qu'il faudrait être 11 ou 12 pour passer la charge de travail quotidien.

        Bizarre, aucun agent de maîtrise ne peut évoluer vers la marche juste supérieure? Pourtant, ils sont là, à disposition. Un employé de base ne peut pas évoluer vers un poste d'agent de maîtrise?

        Visiblement non non plus.

        La promotion interne est en berne depuis fort longtemps à Auchan.

        Pour aller au plus simple, ces coquilles vides,hormis quelques données théoriques, ne connaissant rien à rien.

        L'atout qu'y voit une direction: ils sont comme des supports multimédia vierges, prêts à être formatés.

        En tout cas, ils commencent fort: pour la plupart ils méprisent les employés de base, "j'ai fait une école d'ingénieur moi"! me suis-je entendu dire. La réponse ne s'est pas fait attendre: "ah bon, tu as commencé dans le bâtiment"?

        Quelques uns cependant sont corrects, j'en ai croisé. Sympas, ouverts, cherchant à comprendre et faire avancer les choses. La majeure partie s'en est allée, ils ont trouvé une entreprise où exercer leurs justes talents. Chez Auchan, tout est fait pour garder les mauvais et faire fuire les bons... La dernière expérience de M. Mignot l'a démontré.

         

        A suivre

         

        Erwan

         

    8
    M&m
    Mardi 8 Novembre 2016 à 22:43

    Âmes en peine ?

    Quel est le résultat net produit par ces âmes en peine, qui ne trouvent pour s’occuper que le harcèlement quotidien de ceux qui font tourner la boutique ?

    D’après les discours de la direction, chaque « collaborateur » ne produit que 5 euros de de résultat net par jour. Les cadeaux fiscaux (CICE . . . ) rapportent beaucoup plus à la Famille.
    Si on compte, dans la journée, le nombre de fois où les âmes en peine interrompent le travail de ceux qui bossent, on arrive facilement au chiffre 5, tu bosses, tu es interrompu (e) 5 fois dans le journée.
    Oui, il faut qu’ils mettent à jour leur tableau de bord, et puis, les entretiens, et puis les points, et puis les nouvelles stats, les modifications de tableau excel et puis . . . .

    Un exemple précis, Olivier V.
    Toujours à interrompre ceux qui font leur boulot quand il faut pas, un septième sens.
    Quand il vient avec ses questions à la noix, la première chose qu’il fait, c'est de déposer, entre lui et son interlocuteur une pochette de stylos Mont Blanc(©).
    Son point fort (en dehors d’un délire imaginatif extrême), sa soeur, qui gère les biens ecclésiastiques (immobiliers) de la ville d’a côté.
    Il y a quelque jours, il a réussi à faire virer Julien L. qui depuis 13 ans faisait rentrer les sous dans la caisse, lui.
    Bon, ce devait être un ordre.
    La vie auchan, la vraie.

    Pour atteindre l’objectif 2016 d’auchan France, c’est à dire 211 millions de résultat d’exploitation, suggérons à la Famille de doubler les effectifs, cela doublera le résultat net journalier.
    Soyons polis, ne parlons pas des cagnottes dormantes dans les autres sociétés du groupe, immochan, pays, . . . .

    Erwan, les brasseurs de mots et de vents sont là, avant tout, afin de persuader ceux qui font le résultat, qu’ils sont totalement responsables de ce résultat.
    Si les gens n’admettent pas qu’ils sont responsables, ils vont s’en prendre au système, à leurs patrons, ce que les brasseurs de vents veulent éviter puisqu’ils sont là pour le protéger et l’étendre, ce système de pompe à fric.

    Post Scriptum 1 : Hier soir à auchan Leers, impossible de trouver le cirage. Les 2 employés que j’ai interrogé ne savaient pas. Bon, comme je n’y vais qu’une fois par an, c’est sans importance. Je n'ai acheté que 3 articles.
    Post Scriptum 2 : Si quelqu'un peut transmettre ce commentaire à Olivier V. . . .  cela permettrait d'améliorer la marge.

      • Erwan
        Mercredi 9 Novembre 2016 à 09:33

        Bonjour à tous,

         

        Bonjour M&M,

         

        Dans mon propos: "qui errent comme des âmes en peine" je parlais uniquement de ces "cadres vivier" en transit ou en attente de poste. Pas des autres.

        Pour tout ce que vous écrivez par la suite, je suis entièrement d'accord et souscris. D'ailleurs, les situations que vous décrivez, nous sommes très nombreux à les vivre et les subir tous les jours.

        Depuis plusieurs années j'ai vu les changements s'opérer, ils sont plutôt négatifs.

        Vous écrivez: "Erwan, les brasseurs de mots et de vents sont là, avant tout, afin de persuader ceux qui font le résultat, qu’ils sont totalement responsables de ce résultat".

        Votre propos est entièrement vrai.

        Ils incitent systématiquement les employés à se remettre en cause et en question. Qu'ils commencent par eux même. Les choses pourraient peut être aller mieux.

        Mais s'il y avait un vrai pilote, avec une vraie feuille de route, avec un objectif clair, défini, atteignable, je pense que ça irait mieux. Aujourd'hui on a une multitude de directions et de directeurs qui "pilotent" uniquement pour eux même, ils vont donc dans leur sens, même s'il est opposé à celui du voisin. Tout cela a un coût, humain avant tout, financier par la suite.

         

        Et c'est bien ce que je dis, trop de cadres, comme ils ne savent pas quoi faire, il em.... tous ceux qui bossent et contribuent, y compris pour ces crétins qui n'apportent aucune valeur ajoutée à leur faits et gestes. Quant à leurs actes....sans commentaires.

        Mais tout cela n'est-il pas voulu?

        D'un côté on a le diviser pour mieux régner, casser toute ébauche de mouvement protestataire.

        De l'autre, instaurer un climat de terreur afin de mieux presser le citron.

        Sans oublier la menace d'un licenciement, ou mieux, d'une démission, car ça coûte moins cher.

         

        Erwan

         

         

         

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