• Article 281 - les 3 "quadratures" du cercle de Macron ou ses "3 singes de la sagesse"

    Bonsoir

    Note préalable : ce début d'article a été écrit le dimanche 2 décembre 2018. Je n'ai rien à retirer. La suite bientôt. B. Boussemart.

    Les 3 singes de la sagesse (ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire) devraient interpeller Macron ; car ils signifient en fait, lorsque l'on est confronté à des comportements "néfastes", faire semblant de ne pas voir les difficultés et les problèmes, faire semblant de ne pas les entendre, et ne pas en parler. Et ajouterons nous de persévérer dans l'erreur ; car les problèmes posés par le mouvement des "gilets jaunes" ne disparaissent pas avec le "déni" macronien (Edouard Philippe, son premier ministre, n'est qu'un homme de paille ; comme la plupart des députés de la LREM, qui ne sont au mieux que des clones, pour rester gentil - si vous voulez une liste des députés ou ministres vus dans les chaînes d'infos en continu et qui répondent à cette définition - je peux la fournir).

    Pour prendre un peu de hauteur par rapport à ce que j'entends justement sur ces chaînes d'infos en continu après ce samedi (BFM TV - groupe Patrick Drahi : financier de haute voltige dont nous avons souvent parlé dans ce blog ; ou LCI - groupe Bouygues, bétonneur bien connu, qui contrôle la chaîne TF1) qui relaient d'autres médias aussi "objectifs" que ceux d'Arnault (le Parisien ; les Echos ; Investir ; Radio Classique - dont vous retrouvez des journalistes apportant la "bonne parole" comme Guillaume Durand ...), de Dassault (Le Figaro), de Lagardère (Europe 1), de Bolloré (Vivendi - Canal +), de Pinault (Le Point), ..., lesquels, après avoir profité de l'audience que leur apportaient les "gilets jaunes" les vouent depuis ce matin aux gémonies (en mettant en boucle les "violences", commentaires à l'appui pour vilipender le mouvement ...), en bons relais de la macronie qu'ils n'ont jamais cessé d'être.

    Quelles sont ces "quadratures" ?

    1. La quadrature française : les injustices fiscales et sociales.

    Aux affaires indirectement (avec Hollande, dès 2012, il est secrétaire général adjoint au Cabinet de Hollande, puis ministre des Finances en 2014) et directement depuis son élection, Macron ne peut pas dire qu'il est ignorant de l'état des finances publiques, du niveau de la dette, et des cadeaux déjà faits aux entreprises sous Hollande (le CICE a été mis en place en 2013 ; la loi Macron 1 qui "libéralise" des pans entiers de l'économie, puis la loi Macron 2 - qui après son départ devient la loi El Khomri - qui casse notamment le code du travail). Il hérite lors de son élection d'une conjoncture qui est loin d'être défavorable (une certaine croissance, des taux d'intérêts historiquement très bas ...) ; et donc d'un minimum de marges budgétaires.

    Il va utiliser ces marges budgétaires pour favoriser les riches et le facteur capital par des mesures qui coûtent cher au budget de l'Etat : coût de 4 Mds d'euros pour la supression de l'ISF et son remplacement par un impôt sur le seul patrimoine foncier (IFI - Impôt sur la Fortune Immobilière) ; coût de 1 Mds d'euros pour la flat tax sur les dividendes et les intérêts (taxés à un maximum de 30% - alors que les salaires et autres revenus non salariés peuvent être taxés jusqu'à 55%), avec explosion des dividendes versés (car moins imposés, et dorénavant exonérés de la CSG), baisse progressive de l'impôt sur les sociétés (qui sera ramené à 25% en 2022 contre 31% programmé pour 2019). En même temps, il augmente les marges bénéficiaires des entreprises par l'institutionnalisation du CICE prévue en 2019, qui coûte au budget 40 Mds d'euros par an, sans impact avéré en faveur de l'emploi. A l'inverse, en faveur "théorique" des ménages, il baisse certaines cotisations sociales salariales (nouvel avantage pour les entreprises qui bénéficient de cette diminution du coût du travail) et diminution progressive de la taxe d'habitation ; mais tout ceci est compensé par une hausse générale de 1,7% de la CSG, ce qui revient à uniquement maintenir le pouvoir d'achat des salariés sur ce point et à terme ; mais avec comme contrepartie la hausse de la CSG pour 60% des retraités. Cette hausse de la CSG au global rapporte 20 milliards supplémentaires (soit bien plus que la baisse des cotisations sociales et de la première partie de la baisse de la taxe d'habitation ; là encore, une partie non négligeable de la population ne bénéficie pas de cette baisse). Ce sont donc les retraités et les classes très moyennes qui supportent la fiscalité Macron. S'y ajoutent 5 € par mois de baisse des aides au logement, la désindexation des retraites (hausse de 0,3% des retraites en 2019, alors que l'inflation est de 2%, soit une nouvelle baisse de 1,7% du pouvoir d'achat des retraités), aucun coup de pouce au SMIC au premier janvier 2019 ...

    N'insistons pas : pour résumer, plus d'impôts et de taxes pour les pauvres (et il y a de plus en plus de pauvres) et de moins en moins de contribution fiscale des riches (qui bénéficient en outre de conseils fiscaux leur permettant d'optimiser leur contribution à la vie publique de la France ; y compris de conseils leur permettant d'échapper totalement à l'impôt en s'expatriant à l'étranger). Macron ne peut donc pas  (comme représentant des banquiers et des grandes fortunes) solutionner cette quadrature : il a déjà affecté dans le budget les baisses d'impôts en faveur des riches et des entreprises (et ce sont surtout les grandes entreprises qui en bénéficient ; sans oublier de nombreuses multinationales étrangères - comme Google, Amazon, Facebook, Apple - liste non exhaustive voir point 3 ci-après), mais aussi les hausses d'impôts pour les pauvres, ces hausses de toute nature permettant de rester dans les "clous" des 3% de déficit budgétaire exigés par l'Union Européenne. Tout retour en arrière (par exemple en renonçant aux taxes "carbone") devraient selon nos bons apôtres du gouvernement ou des médias cités (à ses ordres), signifier une hausse des impôts ou d'autres taxes pour compenser et rester dans les clous. Certes, docteur Watson, à ceci près que l'on peut très bien élimininer les cadeaux fiscaux ci-dessus (ce qui diminue la fiscalité et devient en fait une recette fiscale - par non dépense - compensant le retrait des mesures imposées aux pauvres) : - 1 € pour les riches et + 1 € pour les pauvres = 0 pour le budget ! Et que l'on pense à ce que peut rapporter le retour à l'ISF, l'abandon de la flat tax et la fin du CICE, ce sont plus de 50 milliards d'euros qui sont disponibles immédiatement pour que l'Etat puisse financer la totalité de la fiscalité carbone, et les hausses "normales" en faveur des retraités, et la hausse du SMIC - messieurs les patrons, il est temps de passer à la caisse après tout ce que vous avez reçus, comme en témoignent l'augmentation des profits (de plus en plus utilisés pour spéculer et non pas investir) et la hausse de la distribution des dividendes. Pour vous acheter des yatchs ?

    Les deux autres "quadratures", consacrées à la "quadrature européenne" et à la "quadrature libérale mondiale" à suivre ...

    B. Boussemart


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