• Bonsoir

    Tranquillement, pratiquement sans bruit, les firmes multinationales (FMN) prennent le pouvoir dans le monde. Ainsi, les 2 500 premiers groupes mondiaux cotés représentent fin 2015 environ 49 000 milliards de $ - vous avez bien lu : ce sont des milliers de milliards dont il s'agit pour la capitalisation boursière de ces sociétés.

    En comparaison (même si comparaison n'est pas raison), le Produit Intérieur Brut Mondial (la richesse totale produite dans le monde) a atteint en 2015 environ 74 000 milliards de $, contre 78,4 milliers de milliards de $ en 2014 (la baisse de 2015 s'explique principalement par la chute de toutes les devises mondiales relativement au $). Et, toujours en milliers de milliards de $, le PIB des USA passe entre 2014 et 2015 de 17,39 à 18,04, celui de l'Union Européenne de 18,57 à16,31, celui de la zone €uro de 13,45 à 11,60, celui de la Chine de 10,48 à 11,1, celui du Japon de 4,60 à 4,12 et celui de la France de 2,84 à 2,42.

    D'ailleurs, les 10 premières capitalisations (Apple, Alphabet, Microsoft, Lenox Wealth Management, Berkshire Hathaway, Exxon Mobil, Amazon, Facebook, Johnson & Johnson et JP Morgan Chase) atteignent à elles seules plus  de 4 milliers de milliards de $, soit bien davantage que le PIB de la France, ou de l'Allemagne, et très proche du Japon.

    Sur ces 49 milliers de milliards de $, 47,7% concernent les groupes américains, 12,4% ceux de l'Union Européenne, 11,8% ceux de la zone Chine, 7 % ceux du Japon et 4,7% ceux du Royaume-Uni.

    La mondialisation a réussi ce tour de force : permettre aux FMN de conquérir la puissance du monde.

    Le spectacle des politiciens qui participent à la primaire du PS est d'autant plus pitoyable. Ces politiciens ne contrôlent plus rien, et le terme de "valets" du capital ne leur a jamais mieux convenu. A court d'une véritable analyse sur la mondialisation, ils en reviennent (d'ailleurs au niveau européen) à des approches socio-libérales pour la pseudo sortie de crise, la dernière mode étant à l'instauration d'un revenu universel.

    Il suffit de réfléchir un peu pour s'apercevoir qu'il s'agit d'une vieille lune social-démocrate ; et de la métaphysique économique digne de Proudhon et de ses successeurs, impossible à appliquer dans le cadre d'une mondialisation capitaliste. C'est à nouveau tromper les salariés, sur la nécessité de dépasser bien au-delà de ce revenu universel, le cadre capitaliste de l'économie mondiale.

    Nous reviendrons sur tout cela (bien plus en détail) lors de notre prochaine émission consacrée aux "bons chiffres" sur Radio Campus Villeneuve d'Ascq, ce premier mercredi du mois de janvier 2017, entre 12h et 13h, en compagnie d'André. Et de manière argumentée dans notre prochain ouvrage consacré à cette prise de pouvoir des FMN. Trump et son ministre d'Etat (affaires étrangères) président d'Exxon Mobil, en savent  quelque chose, tout comme nos politiciens de Bruxelles, de Paris et d'ailleurs, très affairés à  faire tomber les derniers acquis des classes ouvrières de ce monde, au nom du libéralisme.

    B. Boussemart


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  • Télécharger « Organigramme Auchan2016.pdf »

    Bonsoir,

    Vous trouverez en pièce jointe ci-dessus le nouvel organigramme du groupe Auchan, Auchan Holding venant enfin de publier ses comptes 2015 ! Le groupe Mulliez n'a par ailleurs toujours pas publié les comptes de nombreuses sociétés, notamment la SCA Valma, les données du groupe HTM (Boulanger), Happychic (Jules, Brice), Bunsha/Kiabi au niveau consolidé, Agapes, Norauto ...

    Par ailleurs, Auchan Holding vient de procéder à plusieurs réductions de son capital, soit en annulant des titres déjà acquis (396 469 titres figurant fin 2015 à l'actif du bilan pour 165,6 M€), le coût est déjà supporté ; soit en rachetant des titres aux actionnaires (dernière et plus importante opération de ce type en août 2016, avec 690 000 titres achetés 420,05 € l'unité) ; ce qui suppose une baisse des liquidités du holding de 290 M€. Pour rassurer les salariés, il y avait fin 2015 environ 534 M€ de trésorerie disponible. Auchan Holding se porte donc toujours bien au niveau financier.

    Champagne pour les membres de la famille qui avaient besoin d'un peu de liquide pour terminer l'année 2016 !

    B. Boussemart

     


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  • Bonjour

    Non, vous ne rêvez pas. Le groupe Oosterdam/Pimkie, qui paraît-il, n'aurait pas les moyens d'augmenter ses salariés, vient de faire remonter 645 M€ de dividendes fin 2015, via le surholding Suramac.

    Pourtant, rien ne transparaît dans les comptes des deux filiales de Suramac (Mac Marketing Advertising Consultants ; et Haped Commercial Enterprise - toutes deux situées aux Pays-Bas, paradis fiscal bien connu et bien utilisé à divers niveaux par la famille Mulliez). Sauf que :

    - Haped, qui possédait 60% de Woelsewaard (le holding qui contrôle Oosterdam), a cédé en 2015 ces 60% à Mac Marketing, moyennant un prix de 372 M€ ; réalisant ainsi une belle plus-value sur la valeur de ces mêmes titres (66 M€ dans les comptes 2014) ; et qu'immédiatement après, Haped a eu l'extrême gentillesses de verser un dividende de 350 M€ à Suramac (prélevé sur  le montant des anciennes réserves à 77 M€ et sur le bénéfice net réalisé en 2015 de 293 M€, suite à la vente évoquée) ;

    - Mac Marketing Advertising a donc racheté au prix fort les titres Woelsewaard, filiale qu'il contrôle maintenant à 100%. Pour ce faire, Suramac a augmenté le capital de Mac Marketing, mais a entraîné un endettement supplémentaire pour cette filiale de 181 M€. Compte tenu du dividende payé à Suramac de 295 M€, c'est par l'endettement que le groupe fait remonter de l'argent : les dettes financières consolidées sont passées de 65 à 288 M€ entre 2014 et 2015 ; ce qui a permis de cumuler une trésorerie consolidée à 531 M€.

    La manipulation est donc limpide : le groupe a fait remonter vers Suramac l'essentiel de sa trésorerie ; et Suramac va pouvoir verser à ses trois sociétés de contrôle de la famille (Acanthe, Cimofat et Valorest) la majeure partie de cette trésorerie, laissant à Suramac et au groupe Pimkie tout l'endettement évoqué : Suramac a déjà mis en compte une créance sur les sociétés du groupe de 332 M€.

    Quant aux salariés, prière de ne pas vouloir de hausses de salaires, de travailler le dimanche et les jours fériés, et de se laisser licencier avec le minimum de dépenses pour le groupe, suite à la loi travail. Le CICE des sociétés de groupe (Diramode, PPP, Rouge-Gorge Lingerie) a rapporté en 2015 un total de 2,6 M€.

    Bonne lecture

    B. Boussemart


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  • Bonjour

    Vous trouverez  dans la pièce jointe l'analyse des comptes publiés par Auchan, Carrefour et Casino pour le 1er semestre.

    J'en profite pour insister sur deux faits liés aux informations devant être publiées sur les entreprises :

    - la loi Macron devait obliger les greffes à transmettre les comptes annuels gratuitement, via l'INPI. Le décret d'application a été publié; il n'est toujours pas suivi d'effets ; et je paie toujours à Infogreffe des comptes "gratuits" - Infogreffe va devoir rendre des comptes devant la justice.

    - les greffiers et les procureurs sont toujours aussi laxistes à l'égard des sociétés du groupe Mulliez qui ne publient pas leurs comptes. Signalons : pour les comptes 2015 non publiés : Consofond, Restag, Surestag, Tapima, Surtapima, Corot, Surholympiades, Kiabi Europe, Kiabi  International, Bunsha, Bunsha International, Auchan Holding (sociaux), Auchan Retail  International, Tapis Saint Maclou, Décathlon, Décathlon France pour les principales sociétés ; pour les comptes 2014 et 2015 non publiés :  Jules, Brice, Valma, Mobivia Groupe ; aucun compte publié pour Sodival et Socultur (Cultura) ; Ausspar (depuis 2004!), HTM Group et ses filiales (Boulanger...) : depuis 2010 ...

    Vive l'entreprise qui fait ce qu'elle veut, même hors la loi !!!

    Pour l'analyse :

    Télécharger « 2016-AuchanCasinoCarrefour-S1.pdf »

    Bonne lecture

    B. Boussemart

     

     


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  • Bonsoir

    Ce qui est bien avec Challenges, c'est que nous ne sommes jamais déçus par le niveau élevé de leurs bêtises. Autre cas proche de celui d'Altrad, le cas Klaba. Il est vrai que c'est une belle histoire comme en rêve l'idéologie capitaliste. La famille Klaba, émigrée de Pologne avec quelques milliers de francs, a développé dans les Hauts de France ses activités de fournisseur de "cloud" en Europe, avec une vision mondiale affichée. Valorisation par Challenges : 1,5 milliards d'euros, valorisation reprise fidèlement par "La Voix du Nord".

    Petit problème. Ce milliard et demi est une valorisation ... à venir, si tout se passe bien dans le monde de la spéculation capitaliste.

    Si, en effet :

    - le groupe OVH ouvre effectivement son capital à 5 investisseurs extérieurs (dont le groupe Mulliez, on ne prête qu'aux riches) pour un montant  total de 250 à 300 M€ ; le groupe  serait valorisé à cette occasion à 1 milliard APRES l'augmentation de capital.

    - avec ces fonds, et le développement attendu, le groupe pourrait investir 1,5 Mds d'euros en 4 ans - ce n'est pas demain la veille ;

    - le chiffre d'affaires atteindrait 1 milliard d'euros à  l'horizon 2021-2022 et emploierait 3 000 personnes.

    En attendant, le chiffre d'affaires actuel est de 250 M€, et OVH emploie environ 1 000 personnes. On est prié de croire ces informations, puisque la famille Klaba ne publie aucun compte. Sauf qu'en septembre 2011, lors de l'apport de tous les titres OVH de la famille à un holding OVH Groupe, ces titres ont été évalués par un expert à 136 M€! Nous sommes très loin de 1,5 Mds (11 fois plus). Et que l'apport de nouveaux titres créés en décembre 2015 a été réalisé sur la base de 137 M€ de valorisation. Certes, cet apport a été fait à un "prix d'ami"  (il s'agit de parts de créateur d'entreprise). Mais il est permis de s'interroger sur la rentabilité de l'entreprise OVH : un chiffre d'affaires de 250 M€ dont il faut déjà soustraire au moins les salaires de 1 000 personnes (soit 50 M€ environ), puis les coûts d'infrastructure, d'énergie, de crédit ... ! On comprend mieux pourquoi Klaba ne publie pas ses comptes !

    Challenges est donc à nouveau un bon relai de l'idéologie capitaliste, des spéculateurs de tous poils, et des banquiers ou fonds d'investissements en  quête de ce type de placement !

    Bon courage aux heureux actionnaires individuels qui rachèteront les titres une fois la mécanique spéculative lancée (voir les fortes variations des placements dans la e-économie).

    B. Boussemart

     


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