• Les salarié(e)s Pimkie vont passer un second réveillon dans le froid, avec en majorité des mères de famille, qui auraient certainement mieux aimé être avec leurs enfants et leurs proches, chez elles.
    L’AFM contrôle via « Suramac SAS » plus de 90% du groupe Pimkie, Orsay et Xanaka. L’AFM met souvent en avant sa devise « Le bruit ne fait pas de bien, le bien ne fait pas de bruit ».La grève des salariés de Pimkie fait pourtant beaucoup de bruit.
    Chaque jour de grève supplémentaire, nous allons publier un article pour chaque composante de la famille ; avec pour devise : « Le mal ne fait pas de bruit ; le mépris fait beaucoup de mal ».

    Chaque article sera présenté de la manière suivante :
    - les membres de la composante familiale, leur rôle dans l’AFM et l’estimation de la fortune de la composante ; y compris les autres investissements immobiliers.
    - les féaux et leurs récompenses financières.

    A tout seigneur tout honneur ; le premier article est consacré à M. Gérard Mulliez.
    Qui ne sait pas encore que M. Gérard Mulliez est à l’origine de la création du groupe Auchan, et qu’à partir de cette société, il a développé le groupe Mulliez, pour la plupart de ses enseignes (Auchan, Leroy-Merlin et Boulanger qui sont en fait deux sociétés rachetées à leurs familles d’origine, Alinéa, Banque Accord, …) ?
    Inutile d’en faire le panégyrique ; M. Gérard Mulliez, surmontant sa timidité légendaire, a réussi au World Forum de Lille (voir articles 6, 7 et 8 de ce blog) une prestation qui y confinait. Passons donc à l’essentiel : la fortune de sa composante familiale. Elle comprend essentiellement deux sociétés en France : une société liée à l’AFM : la Société Civile (SC) Les Etangs ; et une Société par Actions Simplifiée (SAS) Ausspar. Il faut y ajouter une société aux Pays-Bas, Burgodam BV.

    1. Ausspar. Cette SAS ne publie plus de comptes depuis le 30/09/2004. Elle est cependant dans l’obligation de réaliser certaines opérations financières, dans le cadre de la réaffectation des sociétés entre l’AFM et chaque composante familiale. Ainsi Ausspar a dû fusionner une autre SC Investir dans la SAS Ausspar en juin 2008, afin de regrouper la participation familiale détenue sur Bunsha (groupe Kiabi) ; fusion confirmée par un acte du 1er décembre 2008.
    Cet acte est important. Que dit-il ?  
    Page 3 « Article Préliminaire. La société Ausspar a été créée par Monsieur Gérard MULLIEZ et les membres de sa famille afin de gérer un patrimoine familial et animer les sociétés qui le compose. Elle aura donc un caractère exclusivement familial, la propriété des actions constituant son capital étant exclusivement réservée :
    - aux membres de la famille de Monsieur et Madame Gérard MULLIEZ (Monsieur Gérard MULLIEZ, son épouse Bernadette, leurs descendants directs) ainsi qu’aux personnes morales constituées exclusivement par ses membres ;
    - aux salariés et dirigeants de la société AUSSPAR et/ou des filiales de celle-ci, tant qu’ils seront salariés ou dirigeants de la société AUSSPAR et/ou des filiales de celle-ci ».
    L’article 6.2 – Capital statutaire, indique comme conséquence :
    « Le capital social statutaire, qui peut être augmenté ou réduit dans les conditions prévues par la loi et les dispositions reprises au § 6.3 ci-après est fixé à la somme de 3 200 000 € et est divisé en 200 000 actions d’une valeur nominale de 16 € chacune réparties en trois catégories :
            a)     les actions de catégorie A dont les particularités sont les suivantes :
                (i) elles ne sont cessibles, sous réserve - pour les actions ayant fait l’objet d’une donation ou représentatives de biens ayant fait l’objet d’une donation - du respect des conditions et charges émises lors de cette donation  :
                           - qu’à un autre associé déjà titulaire d’actions de catégorie A
                          - ou qu’à un descendant en ligne directe de M. et Mme Gérard MULLIEZ, sous réserve que cette cession ait reçu préalablement l’accord des associés à la majorité des deux tiers (2/3) des actions ayant le droit de vote (une voix par action), le droit de vote étant alors exercé par l’usufruitier en cas de démembrement de la propriété des actions ;
                 (ii) elles ne sont pas remboursables par la société dans le cadre de la variabilité du capital social ;
                (iii) tout changement d’actions de catégorie A en actions d’une autre catégorie (B ou S ou catégorie nouvelle à créer) nécessitera l’accord des associés à la majorité des deux (2/3) des actions ayant le droit de vote (une voix par action), le droit de vote étant alors exercé par l’usufruitier en cas de démembrement de la propriété des actions.
            b)    les actions de catégorie B dont les particularités sont les suivantes :
                 (i) elles ne sont cessibles qu’à un autre associé déjà titulaire d’actions de catégories A ou B, ou à une structure juridique détenue par des associés déjà titulaires d’actions de catégories A ou B,
                (ii) elles sont remboursables par la société dans le cadre de la variabilité du capital selon les      conditions et modalités précisées ci-après.
            c)     les actions de catégorie S qui sont des actions de préférence dont les caractéristiques sont les suivantes :
                (i) elles ne sont cessibles qu’à un autre associé déjà titulaire d’actions de catégories A ou B, ou à une structure juridique détenue par des associés déjà titulaires d’actions de catégories A ou B,
               (ii) elles sont remboursables par la société dans le cadre de la variabilité du capital selon les conditions et modalités précisées ci-après,
              (iii) elles disposent des mêmes droits financiers que les actions ordinaires (catégories A et B) et donnent droit dans la propriété de l’actif social, dans le partage des bénéfices, dans le boni de liquidation, à une part proportionnelle à la quotité du capital qu’elles représentent. Par contre, elles ne sont pas assorties d’un droit de vote.
              (iiii) la souscription et la détention de ces actions de préférences sont réservées aux dirigeants et aux salariés de la société et/ou des filiales de celle-ci, la perte de cette qualité de dirigeant ou de salarié entraînant l’obligation de revendre immédiatement ces actions sous peine de se voir exclu ipso facto de la société. … »

    Deux points importants par rapport à ces éléments.

    - l’acte donne la répartition des titres entre les 3 catégories d’actions A, B et S. Sur les 176 005 actions du capital d’Ausspar avant fusion avec la SC Investir, nous avons :
                - 170 594 actions de catégorie A au nom de la SC Les Etangs (soit 96,93% du capital) ;
                - 4 226 actions de catégorie A au nom de la SC Investir (soit 2,40 % du capital) ;
                - 7 autres actions de catégorie A au nom de M. & Mme Gérard MULLIEZ et leurs 3 enfants ;
                - 479 actions de catégorie B inscrites au nom de M. Arnaud MULLIEZ ;
                - 699 actions de catégorie B inscrites au nom de Mlle Pascaline MULLIEZ.
    Le caractère dominant des actions A va être conforté par l’absorption de la SC Investir, qui donne lieu à la création de 10 948 actions Ausspar (pour les apports) et à l’annulation des 4 226 actions propres qui étaient détenues.
    Le capital global d’Ausspar passe alors à 182 727 actions ; et 500 des actions A sont transformées en catégorie B en faveur d’Amaury MULLIEZ, le troisième enfant. Les catégories A représentent plus de 99% du capital, et sont détenues à hauteur de 97% par la SC Les Etangs.

    - l’acte montre la nature des associés de catégorie « S », qui s’applique partout. Les « féaux » sont privilégiés, mais uniquement sur le plan financier. Ils n’ont pas le droit de vote, et doivent vendre leurs actions dès qu’ils ne remplissent plus les conditions de « salarié privilégié ». Ne les plaignons pas trop.

    En valorisation, il est indispensable de rappeler un autre point sur lequel nous avons insisté à plusieurs reprises dans ce blog, à savoir l’évaluation des « experts ».
    Que dit en effet le rapport de « Monsieur Daniel COLICHE, Expert Comptable - Commissaire aux comptes, Expert en comptabilité et en diagnostic d’entreprises près la Cour d’Appel de Douai, Expert près les tribunaux administratifs et la Cour d’Appel de Administrative de Douai » sur ces apports entre la SAS Ausspar et la SC Investir :
    « 2.2 Commentaires (page 3 du rapport de Monsieur l’Expert » : De multiples méthodes d’évaluation existent. Cependant, quelles qu’elles soient, elles incluent pratiquement toutes, l’une des deux données de base que sont :
    - l’actif net réévalué ;
    - la capacité bénéficiaire.
    Les critères utilisés pour l’estimation me paraissent donc pertinents dans l’optique d’une détention durable. En outre, les mêmes méthodes ont été retenues pour les deux sociétés participantes à la fusion.
    La détermination de la valeur de INVESTIR, société de portefeuille, repose sur la valeur mathématique après réévaluation de son portefeuille d’actions à la valeur des Experts. Il en est de même pour le portefeuille de la société AUSSPAR.
    Compte tenu de la détention durable sur le long terme des titres de participation des sociétés opérationnelles, la méthode retenue par les Experts pour ces sociétés est pertinente dans le cadre de cette opération.
    L’évaluation, à leurs valeurs mathématiques sous déduction d’une décote pour illiquidité de 30%, des parts INVESTIR et des actions AUSSPAR est donc pertinente. ».

     Ceci est un exemple, parmi d’autre, de la sous-évaluation officielle (et reconnue par les Experts selon des critères légaux) de la valeur des sociétés du groupe Mulliez. En d’autres termes, les « heureux actionnaires salariés » perdent au moins chaque année 30% de la valeur potentielle des titres, s’ils étaient évalués en bourse.

    Cette valeur (sous-évaluée de 30%) pour AUSSPAR est la suivante – après l’opération sur INVESTIR : 1 736 Millions d’euros (M€).
    Cette valeur peut être corroborée par les dernières opérations menant (voir article 15) aux « Surholding ». En effet, après avoir fusionné avec Soparchan B France, Soparsam (contrôlé à plus de 70 % par Ausspar, donc par M. Gérard Mulliez) avait dû se séparer de ses titres Groupe Adeo, Boulanger, et Agapes, pour ne plus détenir que des titres Groupe Auchan. Puis Soparsam a fusionné avec Groupe Auchan. La valeur de Soparsam est alors de 1 453,55 M€. Ausspar en détient au minimum 71%, ce qui donne 1 030 M€ environ.
    Ausspar détient en outre environ 10% de Groupe Adeo, Boulanger et Agapes, participations personnelles de la famille, hors AFM. Sur cette base minimum de 10%, ces participations valent aux estimations 2008/09 de la famille : 330 M€ pour groupe Adeo (action Adeo au prix de l’augmentation de capital du 2 juillet 2009), 30 M€ pour le groupe Agapes (action Agapes au prix de l’augmentation de capital de juillet 2008) et 20 M€ pour le groupe Boulanger (évaluation à partir des échanges de titres High Tech Multicanal Group).
    Il faut ajouter à ces titres les participations qu’Ausspar détient avec deux de ses frères dans Acadie, ou dans Kiabi avec son frère Patrick et l’AFM ; ou dans la société Coupole Finances au Luxembourg.

    2. La SC « Les Etangs ».

    Ausspar, comme nous venons de le voir, dépend de la SC familiale « Les Etangs ».
    Cette SC était en fait une composant de la SC commune de Gérard Mulliez et des ses 5 sœurs et frères : la SC GMC (Gérard Mulliez Cavrois). Cette dernière, domiciliée au 19, rue de Barbieux à Roubaix, comprenait 6 000 titres, dont 1 000 titres pour M. Gérard Mulliez et sa famille. La SC GMC a été dissoute en octobre 2005, permettant la répartition entre les sœurs et frères de l’héritage des parents. Cet héritage est composé des titres des 5 SCA Acanthe, Cimofat, Cimoflu, Valma et Valorest, et des titres de Claris NV. Nous en avons une estimation précise pour deux des frères : Patrick et Jean. Pour l’instant, nous donnons une évaluation moyenne ; nous donnerons les valeurs retenues pour chaque frère dans leurs portraits respectifs … un peu de patience.
    Disons pour simplifier que cette valeur atteint au moins 700 M€, pour sa seule partie AFM.

     Par suite, le cumul des valeurs AFM et Ausspar contrôlées par la SC Les Etangs atteint 2,4 milliards d’€uros.

    3. Burgodam BV au Luxembourg.
    A ces 2,4 milliards d’euros s’ajoute la participation détenue aux Pays-Bas, à savoir Burgodam BV. Cette dernière contrôle des titres à hauteur de 4,68 M€ ; ce qui est peu. Elle ne publie que des comptes très simplifiés, et la seule participation connue est celle du groupe Maco Pharma. Ce groupe ne publie pas de comptes consolidés ; néanmoins, à partir de l’augmentation de capital de 2009 de GMP B, la valorisation de la part détenue par la famille Gérard Mulliez peut être estimée à 30 M€.

    4. L’immobilier privé.
    Outre ces éléments patrimoniaux professionnels, la famille détient de multiples biens immobiliers. Les principaux sont contrôlés par des Sociétés Civiles Immobilières (SCI), qui présentent comme caractéristique la faiblesse de leur capital au regard de biens exigeant des financements élevés. Parmi ces sociétés, citons la Fondation Fontaine, qui avec un capital de 12 K€, a réussi à acquérir toutes une série de terrains aux intersections de Croix, Hem et Villeneuve d’Ascq pour 3 633 K€ ; ou la SC Fontaine, qui avec un capital de 1,2 K€ a acquis une propriété de 429 K€ ; ou encore la SC du Dôme, qui a acquis des terrains à Ramatuelle pour 429 K€. N’oublions pas la SCI Dule 01, transférée du patrimoine du fidèle Christophe Dubrulle vers celui de M. & Mme Gérard Mulliez pour 1 K€, et qui dispose d’un terrain de 147,5 K€ à Croix ; ou encore la SCI Recueil 2007 …

    Conclusion. Le patrimoine global de la famille Gérard Mulliez atteint sans difficulté 2,5 milliards d’euros ; en n’oubliant pas que les valorisations sont sous-estimées de 30% !

    Pour atteindre un tel montant, M. Gérard Mulliez a été secondé tout au long de sa carrière dans les diverses sociétés. Interviennent ici les sociétés « Stock-options », et les SC créées par les féaux, en lien plus ou moins direct avec la famille Gérard Mulliez (via les titres de catégorie « S »).

    5. Les féaux de M. Gérard Mulliez.

    Ils forment une garde rapprochée, où l’on trouve d’abord M. Christophe Dubrulle, le bras droit de M. Gérard Mulliez, tant sur Auchan que sur Leroy-Merlin dont il a assuré le redressement, et Mme Francine Vandamme, sa fidèle secrétaire de direction. Un autre homme de confiance émerge dans l’entourage depuis quelque temps : M. Vincent Delvoye.
    Suivent une série de cadres supérieurs, qui bénéficient de traitements de faveur, via d’abord Soparchan B en France, et depuis sa dissolution, Soparchan en Belgique. Il s’agit de MM John Roche, Jean Mailly, Marc Guermonprez, Michel Demoustier, Thierry Cavrois, Francis Lepoutre et Benoît Lepoutre ; ces derniers interviennent directement ou via leurs propres sociétés civiles.

    5.1. Le patrimoine de M. Christophe Dubrulle reflète ses états de services. Ainsi, en juin 1997, il bénéficie de l’attribution de 40 816 actions d’Auchan en échange de titres Leroy-Merlin dont il quitte les fonctions de direction. Valeur de cet apport à l’époque : 25,722 M€. Ce patrimoine n’a fait que croître au fil des années, via la création de sociétés civiles Chripa, Chripa 97, Paschris, Paschris 93 et Paschris 97 ; ces sociétés civiles se retrouvent en novembre 2007 sous la dénomination SC Sofampar n° 1, 2, 3, 4 et 5, avec comme gérant le Président de l’AFM en personne, Thierry Mulliez. Via ces sociétés, l’AFM prépare en fait la vente des titres possédés par Christophe Dubrulle, titres qu’il ne peut garder dès qu’il aura quitté ses fonctions à Groupe Auchan. Puis les sociétés Sofampar 1, 2,  3, 4 et 5 sont fusionnées avec groupe Auchan. La véritable valeur accumulée par M. Christophe Dubrulle apparaît alors : 60,225 M€, qui correspond  à 187 289 titres Groupe Auchan au cours de l’époque, soit 321,56 €. Qui a dit parachute doré ?

    5.2. Madame Francine Vandamme-Devos est aussi bien lotie, avec une SC Maber, des parts de la société belge Soparchan, et surtout une participation dans une nouvelle SC Les Bois, où elle figure comme actionnaires « S » en compagnie de M. Vincent Delvoye et de … la SC Les Etangs, représentée par M. Gérard Mulliez. La répartition des parts est de 9 496 parts A pour la SC Les Etangs, 474 785 parts S pour Mme Francine Vandamme, et 2 544 844 parts pour M. Vincent Delvoye. Créée en décembre 2008, elle dispose déjà d’un capital de près de 4 M€. Mme Francine Vandamme est par ailleurs une des principales actionnaires de la société belge Soparchan.

    5.3. Les autres cadres détenant du Soparchan en Belgique. Ces cadres, y compris Mme Francine Vandamme, et MM. Christophe Dubrulle et Vianney Mulliez, se partagent des titres pour une valeur de 42 M€ à fin 2008. La répartition des titres est la suivante, dans l’ordre des bénéficiaires : Mme Francine Vandamme (29,3%), MM. Francis Lepoutre (16,8%), Benoît Lepoutre (14,9%), John Roche (10,7%), Vianney Mulliez (8,3%), Christophe Dubrulle (7,3%), Thierry Cavrois (7,2%), Michel Demoustier (3,6%), Marc Guermonprez (1%) et Jean Mailly (0,9%).

    Tous les petits porteurs de parts Valauchan seront donc heureux d’apprendre qu’ils ne partagent pas la même pitance que ceux qui les dirigent. Mais après tout, ces derniers ont des décisions difficiles à prendre : n’est-ce pas à eux que l’on s’adresse lorsqu’il s’agit d’expliquer les réductions d’effectifs ?

    Demain. M. Patrick Mulliez et son principal féal : M. Richard Maurice, qui exerce actuellement ses talents dans les sociétés attachées aux composantes « Suramac » et Surmufil ».

    B. Boussemart

     


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  • Le 24 décembre 2009, les salariés de Pimkie ont passé leur Noël dans le froid et la neige, à Wasquehal et Neuville ; pour défendre leurs emplois, qui sont leur seul gagne-pain.

    Le 24 décembre 2009, l’Association Familiale Mulliez, avec Thierry et Jérôme Mulliez, Muriel Van der Wees-Mulliez (mais oui, l’épouse « AFM » du PDG de Cultura/Milonga) et Pierre-Alain Vielvoye aux commandes, créent 13 SAS (société anonyme simplifiée – héritage du regretté « tueur de Mammouth » Claude Allègre, qui a bien mérité du capitalisme « éclairé »). Ces 13 SAS ont pris des dénominations qui commencent toutes par « Sur … ».
    Les « Sur … », c’est certain, ont bien une origine ; l’AFM ne crée pas 13 sociétés, la veille de Noël, pour faire un bras d’honneur aux salariés de Pimkie. En, fait, il s’agit d’une stratégie menée de main de maître de longue date par les juristes (il faudrait dire les « fiscalistes ») de l’AFM. Petite histoire.

     Le 10 novembre 2009, une de nos 7 têtes de l’hydre, Cimoflu, annonce son projet de fusion avec une autre tête, Valma. Pas de chance ; notre hydre perd une de ses têtes. Or, dans le projet de fusion, il est annoncé dans l’article 11, que la réalisation définitive de cette fusion sera soumise notamment à la réalisation de deux « conditions … :
    - l’apport d’un pourcentage suffisant de titres de la société Valma (après fusion – avec Cimoflu) aux SCA Acanthe, Cimofat et Valorest, laissé à l’accord des Conseils de Gérance de ces dernières, après avis de leur Conseil de Surveillance respectif, si le nombre de titres apportés se révèle être en deçà de 90% ; l’approbation de ces apports en nature par les assemblées générales extraordinaires des SCA Acanthe, Cimofat et Valorest ;
    - la réalisation des apports des titres des ‘Holding Métiers’ aux ‘Surholding Métiers’ par les SCA Acanthe, Cimofat, Valma et Valorest ».

     Cette nouvelle notion économique et financière nous interpelle : qu’est un Surholding ? Holding, on connaît … Mais « Surholding » ? De plus, ce n’est pas une tête dont on annonce la disparition, mais deux ; en effet, Valma apporterait après la fusion ses titres aux 3 autres SCA fiscalement à la manœuvre en 2000/2001 (Acanthe, Cimofat et Valorest).
    A peine notre « Hydre Mulliez » est créée ; et voilà qu’elle perd immédiatement deux de ses têtes. Heureusement, 13 autres repoussent immédiatement ; n’est pas Hercule qui veut !

    Ces « élues » sont :
    - Suramac : contrôle au moins 90% du groupe Pimkie, Orsay, Xanaka ;
    - Suraumarché : contrôle au moins 61% de groupe Auchan ;
    - Surbolem : contrôle 66,% de Bolem, qui contrôle 72,2% du groupe HTM, lequel contrôle le groupe Boulanger ;
    - Surcrehol : contrôle les pépinières du groupe via les sociétés Crehol et Creadev ;
    - Surestag : contrôle 75% du groupe Agapes ;
    - Surfipar : contrôle principalement 44% de 3 Suisses International ;
    - Surholkia : contrôle 34% du groupe Kiabi ;
    - Surholympiades : contrôle 43% du groupe Décathlon ;
    - Surlebrico : contrôle 66% du groupe Adeo ;
    - Surmajorelle : contrôle 43% du Groupe Maison de Famille (maisons de retraite) ;
    - Surmufil : contrôle 92% de Phildar et 100% de Cannelle ;
    - Sursoparfil : contrôle 8% de groupe Auchan ;
    - et Surtapima : contrôle 81% de Tapis Saint Maclou.

    Prenons l’exemple de Suramac, et des apports venant de Mac-Marketing Advertising et de Haped. Il est indiqué que « les apporteurs ou leurs actionnaires ont placé leurs apports (à Suramac) sous différents régimes fiscaux ; en contrepartie, ils ont pris dans le traité d’apport certains engagements relatifs à la détention des titres reçus en rémunération et au calcul des plus values en cas de revente ultérieure. De même, la société bénéficiaire devra calculer les plus values sur la base des valeurs fiscales dans les écritures des apporteurs ».

    Le montant total des apports peut alors être estimé de trois manières :
    - la première consiste simplement à prendre les valeurs fiscales des apports aux « Surholding » : pour Suramac, la valeur « fiscale » est de 133 M€ ;
    - la seconde consiste à prendre la valeur moyenne des titres apportés par Cimoflu et Valma aux « Surholding », puis de multiplier cette valeur par le nombre total de titres apportés par les 4 SCA ; pour Suramac, cette seconde méthode valorise à 333 M€ Suramac ;
    - la troisième distingue les valeurs des apports de Cimoflu et de Valma (en prenant pour Valma la valeur comptable la plus élevée rencontrée pour les apports des autres SCA), et recalcule la valeur d’un titre apporté par Cimoflu ; cette valeur « Cimoflu » est appliquée au nombre total de titres apportés aux « Surholding ». Cette valorisation donne pour Suramac une valeur de 665 M€uros. Cette valeur est très proche de la valeur des fonds propres consolidés d’Oosterdam BV, holding de tête du groupe Pimkie, Orsay et Xanaka, pour l’année 2007, dernière année publiée.

    La première valorisation est fiscale. Elle correspond à une demande rédhibitoire de la famille Mulliez à l’égard du fisc ; ainsi, pour le projet de fusion entre Cimoflu et Valma, l’AFM indique sans aucune gêne (mais où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir, n’est-ce pas ?) que « les apports, objets des présentes, seront réalisés sous réserve de l’obtention des trois agréments connexes prévus aux articles 210 A et B, à l’article 210 B-3 et à l’article 115-2 du Code Général des Impôts délivrés par la Direction Générale des Impôts, ainsi que la réalisation de l’attribution visée à l’article 115-2 ». En d’autres termes, je paierai éventuellement les plus-values sur les titres de l’AFM que ces nouvelles sociétés intègrent, le cas échéant, ou pas du tout.
    Au total, les apports aux 13 « Surholding » atteint 5 784 M€ avec cette première valorisation.

     La seconde valorisation se rapproche de la réalité, mais sous-évalue le patrimoine de l’AFM. Le cumul des titres apportés par Cimoflu aux 13 « Surholding » ne vaut en effet à cette valeur moyenne que 1 713 M€. Or Cimoflu est estimé dans le processus de fusion à 3 105 M€. Et ce ne sont pas les quelques titres figurant dans le patrimoine de Cimoflu (Sonepar, Gargano, Norauto Groupe, …) et non repris dans les 13 « Surholding » qui peuvent expliquer une telle différence.
    Au total, les apports aux 13 « Surholding » atteint 8 478 M€ avec cette seconde valorisation.

     La troisième valorisation est la moins fictive ; elle se rattache aux valeurs retenues par les « experts » pour les diverses sociétés. L’exemple de Suramac est évident. Autre exemple : celui de Suraumarché et de Sursoparfil, qui détiennent tous deux du « Groupe Auchan ». A ce troisième mode de valorisation, Groupe Auchan est valorisé au total à environ 10,5 milliards d’euros ; et cette valorisation est proche de la valeur des 31 597 138 titres de « Groupe Auchan » valorisés fin 2008 à 341,61 € par titre, soit 10,7 milliards d’euros.
    Au total, les apports aux 13 « Surholding » atteint 12 873 M€ avec cette troisième valorisation.

    Il faut souligner que le contenu de ces 13 « Surholding » ne couvre pas la totalité des titres détenus par l’AFM ; par exemple, manquent à l’appel des sociétés comme Brice ou Jules, et des parties non négligeables des groupes Adeo, Auchan, Agapes … C’est à ce niveau qu’interviennent les autres composantes de l’AFM, notamment Claris NV aux Pays-Bas, et la SC Soderec en France. Nous maintenons donc notre estimation globale de l’AFM à 18,4 milliards d’euros. D’ailleurs, et pour en revenir au projet de fusion entre Cimoflu et Valma, les deux SCA sont estimées à elles seules en valeur d’expert à respectivement 3,1 et 4,26 milliards d’euros, soit 7,36 milliards d’euros. Enfin, il faut aussi rappeler les « pans » entiers de groupe qui sont hors AFM, mais dans la famille Mulliez : Ausspar pour la famille Gérard Mulliez, Afir Holding pour la famille Leclercq, Hofider pour la famille Derville, Cultura pour la famille Van der Wees …

    En définitive, les écarts importants entre la valorisation fiscale et les valeurs « réelles » des sociétés du groupe Mulliez montrent que l’AFM optimise sa gestion fiscale, y compris sur les plus-values des titres. Par petites touches, au fil des fusions, elle augmente ses valeurs « fiscales » ; ainsi, en 2000/2001, lors de la création des holdings Aumarché, Bolem, Lebrico, Mufil, Restag et Tapima (le holding Optext sera créé un peu plus tard), la valorisation fiscale était de 980 M€.

    En 10 ans, la valorisation « fiscale » de l’AFM est pratiquement multipliée par 6.

    Entre Noël et le Nouvel An, l’AFM s’occupe de ses cadeaux fiscaux ; elle n’a pas le temps de jeter un seul regard sur les salariés de Pimkie. Rappelez-moi : qui a dit qu’il faut « faire passer l’homme avant le fric » ?

    B. Boussemart


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  • Le groupe Mulliez existe, n’en déplaise à certains commentateurs qui font tout pour ignorer son existence juridique et financière. Il a pris la forme de l’hydre, avec sept sociétés qui forment les sept têtes du tronc commun que constitue le Groupe Mulliez.

    Jusque fin 2008, six sociétés (voir nos articles précédents) constituaient collectivement le groupe Mulliez : en France, les Sociétés en Commandite par Actions (SCA) Acanthe, Cimofat, Cimoflu, Valma et Valorest ; et aux Pays-Bas la société Claris NV. Une 7ème tête vient de pousser en France : Claris France SAS. Nous sommes heureux de vous préciser les conditions de son apparition, qui confirme en tous points l’articulation des sociétés civiles des membres de la famille au groupe Mulliez, puisque les autres SCA ou Claris NV fonctionnent selon les mêmes principes.

    L’article 8 des statuts de Claris France contient évidemment la clause Mulliez-Lestienne (voir « La richesse des Mulliez » en pages 77 et sq.).

    Le montage financier présidant à la création de Claris France est surtout très éloquent quant aux liens collectifs des sociétés civiles et/ou des membres de la famille avec chacune des 7 têtes de l’hydre Mulliez, et dans le cas présent de la « tête » Claris France.
    En effet, les titres Claris France ont été attribués en contrepartie d’apports d’autres titres, fait dans le cadre d’une Société En Participation (SEP) « LML », et des sociétés civiles Loubyfan, Loubyfan 2, Kymu et Romagest.

    Le point intéressant est la Société En Participation « LML » (Louis Mulliez Lestienne) ; dans une SEP « les associés peuvent convenir que la société ne sera point immatriculée. Elle n’est pas une personne morale et n’est pas soumise à publicité ». Inutile donc de rechercher dans les données du greffe une SEP « LML » ; elle n’est pas immatriculée ; et comme elle n’a ni la qualité de personne morale et n’est pas soumise à publicité, elle est particulièrement discrète. Inutile d’aller dans un paradis fiscal : l’article 1871 du Code Civil vous donne en France tout ce dont vous avez besoin.
    Notre SEP « LML » regroupe à elle seule 127 des 249 sociétés civiles décrites dans notre ouvrage (page 325), et pour le reste 262 membres du clan Mulliez. Il a été apporté par ces sociétés civiles et par les membres du clan Mulliez un total de 3 639 832 parts de la SEP « LML », et il leur a été remis en contrepartie 260 439 titres de la SAS Claris France. Ces titres représentent 5,29% du capital souscrit de Claris France.
    Les autres sociétés civiles ont reçu en contrepartie de leurs apports, respectivement pour Loubyfan, Loubyfan 2, Kymu et Romagest 3 033 024, 1 162 474, 383 699 et 86 479 titres Claris France, soit 61,57%, 23,6%, 7,79% et 1,76% du capital de Claris France.

    Au total, 4 926 115 titres Claris France ont été émis avec une valeur unitaire de 5,35 €, pour une valeur totale de 26 355 K€. Le capital statutaire de Claris France est de 5 000 000 de titres, soit un capital de 26 750 K€.

    Avec la SEP « LML », nous avons la preuve tangible de l’existence d’un Groupe Mulliez, groupe qui se concrétise avec nos 7 têtes de l’hydre : Pour la France : Acanthe, Cimofat, Cimoflu, Valma, Valorest et Claris France ; et pour les Pays-Bas Claris NV. Et comme pour l’hydre, une tête peut être coupée sans dommage pour les autres, comme pour le Groupe Mulliez.

    Comment en définitive se caractérise l’AFM ? Par un groupe, ou une hydre ? Groupe Mulliez, ou Hydre Mulliez ? 

    B. Boussemart


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  • En pleine période de Noël, tous les médias (Le Figaro.fr, La Voix Eco.com, Daily-Bourse.fr …le 23 décembre ; FR3 Nord-Pas-de-Calais et TF1 le 24 décembre) se font l’écho d’une grève lancée par les salariés de l’enseigne Pimkie, sur qui pèsent 190 licenciements.

    Etrangement, aucun chiffre ne transpire sur cette affaire. Licencier suppose des pertes, des menaces sur l’entreprise. Surtout dans une famille pour qui « il faut faire passer l’homme avant le fric ».
    En attendant, « l’homme et la femme Pimkie » vont passer la nuit de Noël dans le froid, pendant que la famille ira se recueillir devant la crèche de Bondues ou de Croix, avant de réveillonner. Inutile de réveiller Dickens ; il est bien présent en plein XXIème siècle.
    Revenons à quelques chiffres.

    Les comptes publiés par Diramode (maison mère de Pimkie) font apparaître un cumul de 52 905 K€ de bénéfices sur les 5 derniers exercices ; soit une moyenne de 10,6 millions d’euros de bénéfices par an. Vous ne rêvez pas ! Pimkie fait des bénéfices. En 2008, le bénéfice net de Diramode est de 10,9 millions d’euros. Probable que ce n’est pas encore assez pour la famille Mulliez, qui il est vrai, applique avant tout son adage favori : « il faut faire passer l’homme avant le fric ». Nous en avons ici une nouvelle preuve.
    Et encore, ceci n’est rien. Dans le cadre des restructurations en cours dans le groupe Mulliez, la maison mère de Diramode, qui était bicéphale (c'est-à-dire détenue à la fois par deux holdings : un holding français – Optext, et un holding hollandais – Fashion Shop International – FSI), a été simplifiée. Tous les titres « Diramode » possédés par l’AFM via Optext ont été cédés à FSI : plus-value encaissée par la famille Mulliez au passage : 47 millions d’euros ; distribués dès le 18 décembre 2008 à hauteur de 45 millions d’euros, en tant qu’acompte sur dividende. Et pour mieux occulter le tout, Optext a changé de nom, pour devenir « Crehol » ; inutile d’aller chercher sur le greffe la société Optext.

    Mais alors, la société Diramode, possédée en totalité maintenant par FSI, se porte t-elle mal ? Un petit détour est nécessaire. Par des holdings … hollandais.
    En effet, depuis l’exercice 2003-04 (voir notre ouvrage pages 466 et suivantes) il existe un groupe Oosterdam/Kibe, qui contrôle l’ensemble des enseignes Pimkie, Xanaka et Orsay (Orsay étant implantée en Allemagne et dans les pays d’Europe de l’Est). Ce groupe génère bon an mal an plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires ; et depuis 2003-04, a réalisé un cumul de 202 millions d’euros de bénéfices. La seule année déficitaire a été l’année 2007, avec une petite perte inférieure à 5 millions d’euros, liée à des coûts de restructuration en … Allemagne. Rien à voir avec la France (voir ci-dessus : en 2007, Diramode a réalisé 16,9 millions d’euros de bénéfices).

    En 2008 : silence radio. Aucun compte n’a été publié pour Oosterdam, le holding qui contrôle FSI (Pimkie), MHV (Orsay) et Promogest (Xanaka). Aucun compte n’a été publié sur Woelsewaard, holding qui contrôle Oosterdam. Le véritable contrôle de Pimkie/Orsay/Xanaka, c’est Woelsewaard. A mi-décembre 2009, les comptes de 2008 n’ont pas encore été publiés, ni pour Oosterdam, ni pour Woelsewaard. Encore un effort de transparence de la part de l’AFM.
    Toujours est-il qu’en 2007, la situation consolidée (toutes sociétés confondues) d’Oosterdam était particulièrement critique (sic) !!! Qu’on en juge : 633 millions d’euros de fonds propres pour 34 millions de dettes financières au total, et 258 millions d’euros de liquidités (du cash comme l’aime l’AFM) ! De qui se moque l’AFM lorsqu’elle annonce 190 licenciements chez Diramode, après avoir licencié 62 autres personnes chez Xanaka ? Où sont les périls financiers ?

    La situation avait-t-elle changé en 2008 ? Mais alors, publiez les comptes d’Oosterdam et de Woelsewaard, Messieurs de l’AFM ; avec toute la transparence que vous préconisez … chez les autres. Nous pouvons vous aider un peu, puisque les comptes sociaux 2008 de FSI, MHV et Promogest ont été publiés :
    - Pour FSI, 423 millions d’euros de fonds propres, pour 8 millions d’euros de dettes financières et 20 millions de liquidités … Incroyable : pratiquement pas de dettes ; des liquidités bien supérieures à ces dettes, et pratiquement que des fonds propres. Rappelons que FSI est le holding qui contrôle tous les « Pimkie », en France comme à l’international !
    - Pour MHV, 413 millions d’euros de fonds propres, moins de 2 millions d’euros de dettes financières et près de 58 millions d’euros de liquidités. Là encore, où sont les risques de faillite ?
    - Pour Promogest, près de 62 millions d’euros de fonds propres, pour moins de 1 millions d’euros de dettes financières et près de 2 millions d’euros de liquidités.
    En d’autres termes, la situation en 2008 n’était pas bonne, elle était excellente pour toutes les sociétés du groupe, y compris Xanaka (cf Promogest ci-dessus).

    Nul doute que la situation en 2009 doit s’être particulièrement aggravée, pour en arriver à licencier 62 + 190 personnes chez Xanaka et Pimkie !
    En fait, et sans être devin, c’est M. Maurice et l’AFM qui nous donnent la réponse à cette question. Monsieur Maurice (qui vient de Camaïeu – voir notre article 10) a de grosses ambitions pour le groupe Woelsewaard et … le groupe Phildar. Et l’Association Familiale Mulliez, en la personne de son Président Thierry Mulliez, lui donne le feu vert. Comme les trois singes bien connus, l’AFM ne voit rien, n’entend rien et ne parle pas. Sauf qu’en l’occurrence, elle sait tout, et organise tout.

    Petit scoop … Ce n’est pas notre habitude. Ainsi, n’avons-nous parlé ni des mouvements chez Cultura, ni des mouvements chez Xanaka … Parce qu’il n’y avait rien de tangible (par exemple, Xanaka n’a pas publié ses comptes 2008, et Cultura n’a publié aucune information, et encore moins de comptes, depuis sa création). Mieux vaut ne pas parler que de … Bref.
    Scoop donc, messieurs de la Presse. Le 3 décembre 2009, la société néerlandaise Woelsewaard a créé en France une SAS – la Société Sopardam – dont le Président est M. Thierry Mulliez. Ce type de société nous est bien connu (voir notre ouvrage pages 127-128, les sociétés stock-options). Que disent ses statuts :
    Article 7.2 : « Le capital social est composé de deux catégories d’actions.
    - les actions de catégorie A dont la souscription et la détention sont réservées aux personnes agréées par le Président pour cette catégorie spécifique d’actions. …
    - les actions de catégorie S dont la souscription et la détention sont réservées à des salariés ou à des mandataires sociaux ou à des membres des conseils d’administration et de surveillance … des sociétés :
    . FASHION SHOP INTERNATIONAL, société de droit néerlandais … (ayant) le numéro 301 02 434
    . PROMOGEST, société de droit néerlandais … (ayant) le numéro 341 25 907 ;
    . MHV …, société de droit néerlandais … (ayant) le numéro 330 01 391 ;
    . MODEMA SAS … (société française, ex société Optimea, ayant comme RC) 433 569 076 ;
    . MUFIL SAS …, (société française, ayant comme RC) 439 529 314. »
    Traduction : la société Sopardam a un capital de 500 000 €uros, devant passer à 5 millions d’euros. Les salariés de Diramode seront heureux d’apprendre, comme ceux de Xanaka et bientôt ceux de Phildar, ou de Cannelle, ou de Grain de Malice, que M. Maurice et l’AFM ont déjà prévu – avant même que la restructuration de l’ensemble de ces sociétés soit annoncée – de remercier les salariés zélés des sociétés contrôlées par Woelsewaard ou par Mufil, et surtout les mandataires sociaux ou les membres des conseils d’administration (qui appartiennent souvent à la famille Mulliez) de ces mêmes sociétés, par des distribution d’actions. Que ces heureux bénéficiaires pourront souscrire jusqu’à 5 millions d’euros de titres (en valeur nominale).
    Mufil est en effet une société de contrôle de Phildar (Mufil est l’équivalent « Phildar », d’Optext pour « Diramode »), et Phildar contrôle Cannelle et l’expansion de Grain de Malice (voir la restructuration de Xanaka).

    L’AFM et M. Maurice ont donc comme objectif minimum de coordonner cet ensemble d’enseignes, sinon la création de Sopardam n’a aucun sens. Et ce sens est donné par le capital déjà investi (500 000 €) dans la société, et le capital statutaire (5 millions d’€). Tout le monde le sait, « un sou est un sou ». Et 5 millions d’€, ça correspond à quelque chose. Pour mémoire, Soparorsay (pour Orsay), comme Soparki (pour Kibé), n’avaient chacune qu’un capital statutaire de 100 000 €, et Soparxanaka (pour Xanaka) qu’un capital de ...  1 000 €. Chercher l’erreur.
    En d’autres termes, la "récompense AFM" a déjà sa société. Reste à accroître rapidement les bénéfices, que l’AFM « estime » insuffisants : M. Thierry Mulliez, présent au World Forum de Lille, a-t-il écouté les paroles de M. Gérard Mulliez : « il faut faire passer l’homme avant le fric » ? Ou faisait-il comme les "3 singes" ?

    En tout état de cause, comme le montrent les informations financières publiées ici, les licenciements n’ont aucun objet, pas plus économique que financier. Il s’agit bien de faire de plus en plus de « fric ».

    Et de ce point de vue, il ne faut pas tomber dans le piège tendu par la famille. Vouloir aussi « un peu de fric » pour se faire licencier, c’est une bêtise sans nom. Quand bien même l’AFM et M. Maurice consentiraient à donner 100 000 euros de prime par personne, ça ne leur coûterait pas cher. Il suffit de faire le calcul. Pour quelques salariés et quelques actionnaires, déjà 5 millions d’euros de prévus dans Sopardam. Pour 190 licenciements, avec 100 000 euros par salariés, 19 millions d’euros. La seule plus-value réalisée le 18 décembre 2008 sur la cession d’une partie des titres de Diramode a rapporté 47 millions d’euros à l’AFM. Alors qu’une fois licencié, le salarié de Diramode retrouve quoi, comme travail dans sa région ? Il ira chez Auchan, qui réduit ses effectifs (caissières …) ?

    Ce qui est inadmissible, pour quelqu’un qui se refuse à « faire passer l’homme avant le fric », c’est un seul licenciement ; quand l’entreprise est déjà largement rentable.

    Des actes, MM Maurice et consorts, du groupe Woelsewaard/Mufil. Appliquez la déontologie « Mulliez » !!! Ou celle-ci ne serait elle qu’une vaste plaisanterie à destination de tous les médias cités en ce début d’article ?

     Benoît BOUSSEMART

     


    2 commentaires
  • Pour la première fois, nous disposons des comptes des sociétés françaises d'Auchan, de Leroy-Merlin et de Décathlon. Ce sont les trois sociétés principales de l'AFM en France. Les comptes sont encore très frustres. Mais ils sont éloquents : qu'on en juge !
    En 2008, les salaires bruts et la participations (toutes catégories de salariés, y compris les cadres) se sont élevés respectivement en milliers d'euros chez Auchan France, Leroy-Merlin France et Décathlon France à :
    1 334 699 + 446 197 + 231 207, soit un total de 2 012 103 milliers d'euros.
    En 2008, la participation versée aux salariés des trois enseignes sont de :
    108 000 + 51 460 + 69 89 = 189 356 milliers d'euros.
    Au total, les salariés ont "bénéficiés" de rémunérations (dont il faudrait déduire les charges sociales, part salarié pour les rémunérations brutes) :
    1 442 699 + 497 657 + 261 103 = 2 201 459 milliers d'euros.
    Ceci, pour des effectifs publiés de (attention, les effectifs de Décathlon sont "approximatifs" (voir ci-après)
    50 506 + 17 799 + 14 618 = 82 923 personnes.
    Ce qui donne une rémunération salariale moyenne par mois (brut + participation), de :
    Auchan France : 2 380 € ; Leroy-Merlin France : 2 330 € ; Décathlon : 1 488 €.
    Ce qui donne une rémunération moyenne de 2 212 €uros par mois par salarié pour les trois enseignes.
    L'estimation "Décathlon" tient à une indication publiée officiellement du nombre de salariés, sans précision. Les commissaires aux comptes ne se sont pas attardés sur le fait de savoir s'il s'agissait de salariés à temps complet, ou à temps partiel ... Bref, le social ...
    En même temps, le bénéfice net (après amortissements ...) des trois entreprises françaises du groupe est :
    299 975 + 224 321 + 85 991 = 610 287 milliers d'euros en 2008.
    Pour chacun des 500 actionnaires de l'AFM, ceci représente un bénéfice mensuel de : 101 715 €uros, soit 46 fois le salaire moyen de chacun des 82 923 salariés français des sociétés !!!
    Quand Gérard Mulliez vous disait que le rapport était au maximum de 1 à 20 !!!
    Et encore, dans les cadres des sociétés ci-dessus, il y a des membres de la famille qui touchent de gros salaires. Mais comme le dit le rapport de Décathlon France (page 14) : "Informations relatives aux rémunérations des organes de direction : Cette information n'est pas mentionnée car elle reviendrait à donner les rémunérations individuelles".
    A nouveau, vive la transparence et la responsabilité sociale des firmes ; vive le "World Forum" !


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