• Après la grève des « Pimkie », nous avions indiqué qu’il n’était pas indispensable de poursuivre la publication de nos portraits de l’AFM.

    Il semble que ce soit de plus en plus nécessaire, M. Richard Maurice et les DRH qu’il pilote dans les diverses enseignes dont il a la responsabilité n’ayant manifestement pas compris.
    Notre article 22 sera donc consacré prochainement à la descendance directe de la famille Louis Mulliez-Lestienne, et notamment à ses investissements au Luxembourg. Surprises garanties.

    Puis nous nous intéresserons à l’activité d’un membre éminent de la descendance de M. Louis Mulliez-Lestienne, à savoir le Président actuel de l’AFM, M. Thierry Mulliez.

    Encore merci à M. Richard Maurice et à ses DRH.

    B. Boussemart

     


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  • Chose promise, chose due. Voici donc l’état des lieux actuels de la fraternité Gérard Mulliez.
    Deux constats principaux :
    - cette fraternité contrôle une partie importante de l’AFM : 24% des 18,2 milliards d’euros.
    - cette fraternité renforce sa fortune AFM par ses investissements personnels, estimés à 1,9 milliards d’euros.
    Au total, la fraternité Gérard Mulliez compte pour 25 % des 25 milliards d’euros du groupe Mulliez.

    Précisions.

    1. Sur le calcul du contrôle de l’AFM.
    Nous avons vu à l’occasion des fusions, apports … que des millions de titres des sociétés « stars », à savoir les SCA Acanthe, Cimofat, Cimoflu, Valma et Valorest pour la France, et Claris NV pour les Pays-Bas, étaient détenus par les membres de la fraternité Gérard Mulliez.
    Or les 6 membres de la fraternité disposaient strictement de la même quantité de titres AFM dans la Société Civile GMC (chacun avait 1 000 parts des 6 000 parts de GMC). La répartition interne de ces 1 000 parts pouvait varier en fonction des donations vers les enfants. Ainsi, pour la partie liée à M. Patrick Mulliez, chaque héritière disposait de 200 parts en nue-propriété, sous usufruit des parents ; ou pour la partie liée à M. Jean Mulliez, chaque enfant avait 333 parts, et la part restante était en indivision.
    Au moment de la dissolution de GMC en 2005, les deux sociétés créées pour cette opération GMC B et GMC C ont pris acte de ces choix familiaux ; par exemple, les deux familles déjà délocalisées en Belgique ou au Luxembourg (Patrick et Jean) ont reçu chacune 2 086 979 titres GMC C, alors que les familles strictement non délocalisées (Gérard, Francette) ont reçu 1 748 440 titres GMC C, et les familles peu délocalisées (Philippe, Mariette) ont reçu 1 643 500 titres GMC C et des compléments liés aux opérations « externes ».
    Les 4 composantes familiales, totalement (Patrick et Jean) ou faiblement (Philippe et Mariette) délocalisées ont reçu en complément (au prorata des opérations « externes ») des titres GMC B en complément. Ainsi, les familles de Patrick et Jean ont reçu chacune 71 888 533 titres GMC B, alors que les composantes faiblement « externalisées » n’en recevaient que 2 803 671 titres GMC B.
    Cette mécanique est uniquement « interne » à la famille. Par exemple, la société civile « Les Etangs » de M. Gérard Mulliez vend d’abord à chaque « star » des titres GMC qu’elle détient. Elle obtient une créance sur la « star » en contrepartie. La « star » a récupéré ses propres titres et les « revend » à la SC « Les étangs » en échange de la créance qui vient d’être constatée.
    La « revente » peut se faire à un prix plus ou moins élevé, en fonction de choix fiscaux. Ainsi, les sociétés déjà délocalisées peuvent se permettre de « mieux » valoriser les titres des « stars » qu’elles possèdent ; puisqu’elles ne paieront pas d’impôt sur les plus-values.

    Ce n’est qu’un peu plus tard – et en Belgique en l’occurrence – que les fils des « reventes » de titres se dénouent ; à leur vraie valeur : celle des experts (rappelons que cette valeur est sous-évaluée de 30%, pour « non liquidité » des titres).

    Or nous connaissons deux éléments : le nombre de titres composant le capital de chaque « star » ; et le nombre de titres de chaque « star » faisant l’objet des apports aux sociétés belges. Nous pouvons donc calculer le poids de la fraternité Gérard Mulliez dans l’AFM. Ce poids est un poids minimum.
    En effet, chez Patrick Mulliez, avant les apports « AFM » repérés par nombre de titres en 2008, il y a déjà dans la société Aeole 95 M€ de titres, valeur qui passe à 785 M€ après les apports AFM. Le nombre de titres des apports à Aeole est donc sous-évalué pour les seuls apports. De même pour SAIG de Jean Mulliez, où il y a déjà 45 M€ de titres, valeur qui passe à 806 M€ après les apports AFM. Ici encore, le nombre de titres AFM dans la SAIG est sous-évalué pour les seuls apports.
    Par suite, en prenant la moyenne des apports des deux frères, et en appliquant cette moyenne aux 6 frères et sœurs, nous obtenons la part en volumes de titres pour la fraternité Gérard Mulliez dans l’AFM, à partir soit du nombre réel de titres (Cimoflu et Valma sont connus depuis leur fusion), soit du nombre théorique de titres du capital statutaire. Ce qui minore à nouveau la part de la fraternité.
    Il suffit alors (la valeur de chaque titre n’étant pas identique) de valoriser la part de la fraternité et la part de l’AFM en appliquant la valeur des titres par le nombre de titres possédés par la fraternité ou le nombre de titres émis (pour l’AFM).

    Nous obtenons en millions d’euros : 4 359 M€ pour la fraternité, et 18 189 M€ pour l’AFM. La fraternité Gérard Mulliez possède pratiquement 24% de l’AFM.
    L’égalité entre membres de l’AFM est donc toute théorique. Il y a des membres « plus égaux » que d’autres.

    2. Sur les investissements « personnels » de la fraternité.

    Ils concernent surtout les investissements « personnels » de M. Gérard Mulliez via Ausspar, mais aussi les investissements à géométrie variable des frères Gérard, Patrick et Philippe, avec ou sans l’AFM, sur diverses sociétés : groupe Kiabi, groupe Acadie et groupe Maco Pharma.

    2.1. Sur Ausspar.
    La partie personnelle des investissements de M. Gérard Mulliez dans l’hydre atteint 1 736 M€ (voir article 16).
    2.2. Sur Burgodam.
    La partie personnelle des investissements de M. Patrick Mulliez dans l’hydre concerne le tiers de Consofond (i.e. l’investissement dans le groupe Kiabi), le tiers d’Acadie, et le tiers de Maco Pharma. Ces investissements sont évalués comme suit : apports de titres Bunsha par Singita à Consofond en 2008 : 104,5 M€ ; valorisation du tiers du groupe Acadie à partir des fonds propres consolidés 2008 : 17 M€ ; valorisation du tiers du groupe Maco Pharma, à partir de la valorisation des titres GMP B 2009 (dernières valorisations sur la restructuration de la société) : 32 M€. Au total, ces investissements représentent 154 M€ environ.
    2.3 Sur Hainaut Management Consultant : la famille de Philippe Mulliez contrôle le dernier tiers du groupe Maco Pharma, soit 32 M€.

    Au total, les trois frères détiennent en investissements personnels une valeur de 1 922 M€. Et ceci est un minimum.

    La valeur totale détenue par la fraternité Gérard Mulliez dans le groupe Mulliez est donc de 6 281 M€, sur les 25 milliards. Soit 25% du groupe.

    Encore « merci » à M. Richard Maurice, cette mise au point achevant notre « bonus ».

    B. Boussemart


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  • Les salarié(e)s Pimkie ont passé deux réveillons dans le froid, avec en majorité des mères de famille, qui auraient certainement mieux aimé être avec leurs enfants et leurs proches, chez elles.
    L’AFM contrôle via « Suramac SAS » plus de 90% du groupe Pimkie, Orsay et Xanaka. L’AFM met souvent en avant sa devise « Le bruit ne fait pas de bien, le bien ne fait pas de bruit ».
    La grève des salariés de Pimkie a fait beaucoup de bruit. Ce n’est pas terminé.

    Aux lecteurs de ce blog, un bonus que l’AFM doit aux capacités de « non-négociation » de M. Richard Maurice. Ce portrait termine (provisoirement) une galerie, qui peut reprendre à n’importe quel moment. Nous ferons (merci encore à M. Richard Maurice) dans l’article 21 la synthèse de la fraternité « Gérard Mulliez », par rapport à l’AFM et aux sociétés détenues en propre.

    M. Gérard Mulliez père a eu 6 enfants : Gérard (Portrait 16) et Patrick (Portrait 18) ; mais aussi Francette, Mariette, Jean et Philippe. Ce sont les familles de ces deux sœurs et deux frères qui nous occupent dans ce portrait 3. Honneur aux dames.

    1. Françoise (Francette) Méry de Montigny-Mulliez est une rentière tranquille. Elle gère les sociétés civiles de ses enfants (48 K€ de capital) et celles créées par ses enfants (188,8 K€ de capital), à savoir les SC Aymont, Caromon, Jermon, Lemon, Manumon, Pharmon, Romont et Stemont, ainsi que la SC familiale Merymu (906,9 K€ de capital).
    La famille dispose par ailleurs d’une société en Belgique : Montbel (Montigny Belgique). Cette société détenait jusqu’en 2006 pour environ 2,6 M€ de titres ; ces participations (non renseignées dans les comptes déposés à la Banque Nationale de Belgique) augmentent de 6,5 M€ en 2007 et de 6,6 M€ en 2008 ; pour atteindre un total de 15,7 M€. Ses fonds propres sont passés de 1,35 M€ en 2004 à 1,93 M€ en 2008 ; cette progression est liée aux dividendes du portefeuille de titres.

    2. Mariette Menet-Mulliez est par contre un cas intéressant. La société familiale d’origine – la SC Bermar – a en effet été transformée en SAS. Et jusqu’à récemment, la famille ne disposait que d’une filiale belge – Marjoram – calquée sur le modèle de Montbel ; cette filiale belge dispose maintenant de plusieurs sœurs. Bien évidemment, les 5 descendants de la famille disposent de sociétés civiles en France (Alnet, Cenet, Inet, Manet et Synet), et pour certains d’entre eux ont créé leurs sociétés.
    Marjoram ne nous apprend rien. C’est une société « sagement » implantée en Belgique, incolore, inodore et sans saveur. Ses titres de participations n’évoluent pas, à 2,54 M€, et ses fonds propres passent de 1,36 M€ en 2004 à 1,91 M€ en 2008 (comme pour Montbel ci-dessus). Ce qui signifie clairement que les titres supplémentaires de Montbel ne comptent pour pas grand-chose dans la « rentabilité financière » de cette société. Dans les deux cas, à hauteur d’un peu plus de 700 K€ sur 5 ans.
    Revenons à la société Bermar. Cette SC – lorsqu’elle passe en SAS en 2008 – avalise en même temps les apports liés à la succession de Gérard Mulliez père. A cette occasion, les 5 enfants de la famille et les 5 sociétés Belges Alnet Be, Cenet Be, Innet Be, Manet Be et Estaflers Del créées en 2004 ou 2005 font des apports à la SC Bermar, avec des titres qui concernent les « stars » de l’AFM, à savoir : 167 911 titres Cimoflu, 542 971 titres de chaque société Acanthe, Cimofat, Valma et Valorest, 539 373 titres de la SC Soderec et 710 882 titres de la société néerlandaise Claris NV. La SC Bermar augmente donc son capital suite à ces apports, et redistribue des titres « Bermar » entre les 5 enfants et leurs sociétés belges. En valeur 2008, ces parts représentent un peu plus de 80 M€ ; il est attribué en échange 1 472 315 parts nouvelles de la SC Bermar, qui viennent s’ajouter aux 14 882 000 parts anciennes. Ce qui signifie que la société Bermar vaut alors en réel près de 890 M€.
    Puis, au niveau de la Belgique, les sociétés Alnet Be, Cenet Be, Innet Be, Manet Be et Estaflers Del bénéficient ensuite d’apports venant de la société Bermar, et disposent fin 2008 de 898 M€uros de titres ; et de capitaux propres à hauteur de 864,45 M€. L’opération est bouclée, et l’ensemble des titres AFM repasse en totalité en Belgique (via la société Bermar).
    Nous avions 785 M€ en 2008 pour les 6 héritières de Patrick Mulliez ; nous avons maintenant 898 M€ pour les 5 héritiers(ères) de Mariette Mulliez.
    Outre les SC, la famille Menet-Mulliez détient également une série de SCI (Ma 2002, Wasquehal Le Cartelot, Sienne, Gabriel, Roseraie, Couchant 09, Harry …).
    Par ailleurs, Cédric Menet développe via la Sarl Menet une série d’entreprises dédiées à la motoculture, jardinage … dans le Nord et le Pas-de-Calais. Cette Sarl dispose déjà 1,64 M€ de titres de participations pour 0,74 M€ de fonds propres (+ 0,87 M€ de compte d’associé). Une de ses sœurs, Marion, participe à l’administration de Grosbill.

    3. Jean Mulliez est le second cas intéressant. Il est en effet présent en France avec la SC « de Roubaix » ; mais surtout, il a réalisé comme Mariette Menet-Mulliez une profonde transformation de sa société belge SAIG en 2008. SAIG Belgique disposait de 13,3 M€ de titres en 2002 ; suite à des apports successifs de titres non précisés, ces participations sont montées à 45 M€ en 2007. L’année 2008 est bien plus intéressante : les apports atteignent 732 M€ et concernent 429 232 titres Cimoflu, 6 883 008 titres Acanthe, Cimofat, Valma et Valorest, et 7 312 240 titres Claris NV.
    La société belge SAIG est valorisée fin 2008 à 805,6 M€ de titres de participations, pour des fonds propres de 744,2 M€.
    Les SCI recensées pour la famille sont la SCI Giloje, à Villeneuve Loubet et la SCI Sauvagine.
    Les trois fils de Jean Mulliez développent soit leur propre groupe, soit participent aux sociétés du groupe Mulliez.
    Jean-Luc Mulliez développe le groupe Altya, qui a son holding en Belgique « Altya Investissements ». Les trois frères participent à la gestion et au capital. Les sociétés opérationnelles sont en France (Altya, Ramsès Technologies, Sofimmo, Eurofip, Altya Productique, Alsol VI, Altya Formation), avec des résultats médiocres dans l’ensemble, et des baisses d’effectifs : sur 119 emplois recensés en 2005 dans les trois entreprises principales, 71 subsistaient en 2008.
    Olivier Mulliez est présent dans le groupe Acteos, qui développe la technologie RFID pour la grande distribution.
    Gilles Mulliez est quant à lui présent dans la société Webdistrib, qui s’occupe de la vente à distance du groupe Boulanger.

    4. La famille de Philippe Mulliez. La SC familiale est Philupo, et les 4 enfants disposent de sociétés en Belgique et au Luxembourg.
    En Belgique, il s’agit (par ordre alphabétique des enfants) des sociétés Aribel, Belcar, Label et Beltan, qui contrôlent un total de 65,7 M€ de titres, pour un total de 27,7 M€ de fonds propres ; ces 4 sociétés belges sont contrôlées par les sociétés luxembourgeoises Liferar, Lifercar, Liferla et Lifertan, qui contrôlent 18 M€ de titres, pour 17,5 M€ de fonds propres.
    En 2007, les sociétés luxembourgeoises ont transformé les créances qu’elles détenaient sur les sociétés belges en participations ; elles contrôlent donc les sociétés belges. La discrétion est de mise sur le contenu des sociétés luxembourgeoise. La famille – comme pour d’autres composantes présentes au Luxembourg, notamment la famille Leclercq détenant Décathlon – utilise le « secret défense » : « l’indication du détail des participations prévue par l’article 65 (1) 2° de la loi du 19 décembre 2002, concernant le registre du commerce des sociétés, ainsi que la comptabilité et les comptes annuels des entreprises, a été omise en application de l’article 67 (1) b, puisqu’elle est de nature à porter gravement préjudice aux sociétés détenues ». C’est nous qui soulignons.
    On rêve ! Quel préjudice, sinon révéler la véritable valeur des sociétés en question ?
    Savez-vous combien chacune des 4 sociétés luxembourgeoises a payé en 2008 au titre de l’impôt sur la fortune ? 62 €uros : mais c’est la ruine ! En France, dès qu’un des salariés Mulliez dépense 320 €uros d’achats, il a déjà payé ce niveau d’impôts ou taxes, rien qu’en TVA !
    Deux autres sociétés complètent le dispositif en Belgique : la société Hainaut Management Consultant, qui joue le même rôle que les sociétés Singita (Patrick Mulliez) ou Burgodam (Gérard Mulliez) pour le contrôle du Groupe Maco Pharma Belgique ; et la société Ysio.
    En France, outre la Société Civile Philupo (capital de 1 420 K€), les enfants disposent des SC Margar, Carlon, Laure et Tanga (dont les capitaux affichés sont faibles) ; d’une autre SC « collective » Tancar, et de diverses sociétés civiles immobilières : Les Arts, Palma, Dolphin, Marne-Lehouck …
    Il n’y a pas de « grands entrepreneurs » dans cette branche familiale.

    Ces 4 autres composantes de la fraternité Gérard Mulliez confortent les données obtenues pour MM Gérard et Patrick Mulliez. Dans l’article 21, nous nous attacherons à une synthèse de la fraternité, afin de dégager la fortune familiale de la fraternité, AFM ou non AFM.

    B. Boussemart 


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  • Petite réponse au commentaire de l'article 19.
    Le taux de profit d'une entreprise se mesure en rapportant : résultat net/fonds propres. C'est une mesure, très imparfaite, du taux de profit. Elle a le mérite de ne pouvoir être contestée. Elle indique ce que les capitaux investis dans une entreprise rapportent aux investisseurs.

    L'autre mesure (Résultat/Chiffre d'affaires) ne mesure pas la profitabilité d'une entreprise, mais le rapport entre le résultat et les ventes. Or, au plus vous êtes loin dans la chaîne de production de valeur, au plus ce rapport diminue (ainsi, les grands groupes de distribution ont des taux de résultat/chiffre d'affaires très faibles : pour Carrefour consolidé, en 2008, c'est 1,77% ; et pour Groupe Auchan consolidé, en 2008 également, c'est 1,88%). 

    Pour répondre à la question, le cumul des résultats nets rapporté au cumul des fonds propres pour Diramode donne un taux de profit moyen sur la période 1998/99 à 2008 de 19% !
    Si vous prenez la période la plus défavorable de Diramode (intégrant la seule année de perte des 5 dernières années) ce taux de profit est de 12,8% ; et il est de 13% en 2008.

    Par ailleurs, je n'ai jamais indiqué que le groupe Mulliez veut saborder ces entreprises. Je dis qu'il pille les résultats bénéficiaires pour accentuer année après année la pression sur le travail des salariés. Ainsi, après avoir prélevé 214 millions d'euros sur Pimkie, la famille Mulliez fait croire que la société n'est plus rentable - ce qui est faux - afin de licencier 190 salariés de plus. Alors que l'effectif diminue année après année : 453 emplois en moins entre 2001/2002 et 2008.
    Je prends le pari dès aujourd'hui que le chiffre d'affaires de Pimkie va s'accroître dans les années à venir. Et cette hausse se fera avec des effectifs de plus en plus faibles. C'est ça l'exploitation du travail, au quotidien.
    Il faut arrêter la désinformation et l'hypocrisie sur les chiffres qui circulent. Et sur l'idée largement mise en avant par la famille Mulliez, et dernièrement par M. Gérard Mulliez, selon quoi "il faut faire passer l'homme avant le fric". La famille fait l'inverse : elle fait passer le fric avant tout autre chose ; et les hommes, c'est pour eux du "jetable".
    La fonction de ce blog, c'est de rétablir la vérité, avec des chiffres contrôlables par tout le monde.

    B. Boussemart


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  • Les salarié(e)s Pimkie ont passé un second réveillon dans le froid, avec en majorité des mères de famille, qui auraient certainement mieux aimé être avec leurs enfants et leurs proches, chez elles.
    L’AFM contrôle via « Suramac SAS » plus de 90% du groupe Pimkie, Orsay et Xanaka. L’AFM met souvent en avant sa devise « Le bruit ne fait pas de bien, le bien ne fait pas de bruit ».
    La grève des salariés de Pimkie fait pourtant beaucoup de bruit.
    Chaque jour de grève supplémentaire, nous allons publier un article pour chaque composante de la famille ; avec pour devise : « Le mal ne fait pas de bruit ; le mépris fait beaucoup de mal ».

    La gloire « soi-disant » passée de Pimkie et la gloire actuelle de Kiabi interpellent, comme on dit. Quelles sont les « pratiques Mulliez » sur ces enseignes ? En fait, elles sont en simple décalage, avec quelques années d’écart. Elles consistent à « presser le citron » que constitue l’entreprise, comme n’importe quel « Fonds d’investissement américain », honni par Gérard Mulliez au World Forum.

    Ce n’est pas vrai ? Quelques chiffres.

    Diramode : maison mère de Pimkie.
    Question « fric ».
    Entre les exercices 1998/99 (premier exercice publié, en même temps que l’exercice 1999/2000 – avant aucun compte n’est disponible aux greffes) et l’exercice 2008, les fonds propres (hors résultat) passent de 92 683 K€ à 73 226 K€.
    Diramode aurait donc perdu la différence, puisque les fonds propres représentent pour une entreprise le capital qu’ont investi les actionnaires et les bénéfices réalisés. Cette différence est de - 19 457 K€.
    Sauf qu’il faut regarder si l’entreprise a fait des pertes ou des bénéfices. En fait, la seule perte enregistrée par Diramode sur ces 10 exercices a lieu en 2004/05 ; toutes les autres années sont bénéficiaires. Au total, l’ensemble des bénéfices et de la perte donne un bénéfice de 194 403 K€.
    Appliquons notre formule :
    Capitaux propres de départ + bénéfice des 10 exercices - Capitaux propres d’arrivée =
    92 683 K€ + 194 403 K€ - 73 226 K€ = 213 860 K€.
    Ces 214 millions d’euros représentent les ponctions faites par la famille Mulliez sur la société Diramode. Et la direction prétend que l’entreprise n’est pas bénéficiaire ?
    Question « les hommes ».
    Au plus haut de l’activité, Diramode comptait en 2001/2002 un effectif de 1 093 personnes ; fin 2008, cet effectif est tombé à 640 personnes. Soit 453 emplois en moins. Qui a dit que la famille Mulliez créait partout des emplois ?
    C’était le « citron » n° 1 : « plus de fric, et moins d’hommes ». Que faire quand le citron est pressé ? Mais le remplacer par un autre … à presser, et qu’il soit le plus juteux possible !!

    Kiabi Europe : vous savez, la mode à petits prix.
    Question « fric ».
    Entre l’exercice 2000 (premier exercice de la nouvelle structure Kiabi Europe) et l’exercice 2008, les fonds propres (inclus les bénéfices, l’exercice 2000 étant influencé par la restructuration financière) passent de 67 542 K€ à 101 960 K€. Sur cette période, le cumul des bénéfices et de la seule perte (en 2001) est de 131 531 K€.
    Appliquons la formule :
    67 542 K€ + 131 531 K€ - 101 960 K€ = 97 113 K€.
    Ces 97 millions d’euros représentent les ponctions faites par la famille Mulliez sur la société Kiabi Europe. Beaucoup plus intéressant : cette ponction est faite depuis quelques années seulement : entre 2005 et 2008, la même formule donne :
    111 667 K€ + 105 920 K€ - 101 960 K€ = 115 627 K€.
    Ce qui signifie que la famille Mulliez a davantage ponctionné en dividendes que Kiabi Europe a fait de bénéfices entre 2006 et 2008. Que voilà un autre beau citron …
    Question « les hommes ».
    En 2000, Kiabi Europe annonce un effectif de 6 396 personnes ; en 2008, il est de 3 871 personnes. L’effectif de 2000 ne semble pas très juste (voir notre ouvrage page 477). En revanche, l’effectif 2002 apparaît davantage en phase, soit 4 811. Entre 2002 et 2008, Kiabi Europe, c’est 940 emplois en moins. Qui a dit … ?
    C’est le « citron » n° 2 : là encore, plus de « fric » et moins d’hommes.

    Et vers qui remontent ces dividendes ? Vers l’ensemble de la famille Mulliez … Merci qui ?

    B. Boussemart


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