• Chose promise, chose due. Voici donc l’état des lieux actuels de la fraternité Gérard Mulliez.
    Deux constats principaux :
    - cette fraternité contrôle une partie importante de l’AFM : 24% des 18,2 milliards d’euros.
    - cette fraternité renforce sa fortune AFM par ses investissements personnels, estimés à 1,9 milliards d’euros.
    Au total, la fraternité Gérard Mulliez compte pour 25 % des 25 milliards d’euros du groupe Mulliez.

    Précisions.

    1. Sur le calcul du contrôle de l’AFM.
    Nous avons vu à l’occasion des fusions, apports … que des millions de titres des sociétés « stars », à savoir les SCA Acanthe, Cimofat, Cimoflu, Valma et Valorest pour la France, et Claris NV pour les Pays-Bas, étaient détenus par les membres de la fraternité Gérard Mulliez.
    Or les 6 membres de la fraternité disposaient strictement de la même quantité de titres AFM dans la Société Civile GMC (chacun avait 1 000 parts des 6 000 parts de GMC). La répartition interne de ces 1 000 parts pouvait varier en fonction des donations vers les enfants. Ainsi, pour la partie liée à M. Patrick Mulliez, chaque héritière disposait de 200 parts en nue-propriété, sous usufruit des parents ; ou pour la partie liée à M. Jean Mulliez, chaque enfant avait 333 parts, et la part restante était en indivision.
    Au moment de la dissolution de GMC en 2005, les deux sociétés créées pour cette opération GMC B et GMC C ont pris acte de ces choix familiaux ; par exemple, les deux familles déjà délocalisées en Belgique ou au Luxembourg (Patrick et Jean) ont reçu chacune 2 086 979 titres GMC C, alors que les familles strictement non délocalisées (Gérard, Francette) ont reçu 1 748 440 titres GMC C, et les familles peu délocalisées (Philippe, Mariette) ont reçu 1 643 500 titres GMC C et des compléments liés aux opérations « externes ».
    Les 4 composantes familiales, totalement (Patrick et Jean) ou faiblement (Philippe et Mariette) délocalisées ont reçu en complément (au prorata des opérations « externes ») des titres GMC B en complément. Ainsi, les familles de Patrick et Jean ont reçu chacune 71 888 533 titres GMC B, alors que les composantes faiblement « externalisées » n’en recevaient que 2 803 671 titres GMC B.
    Cette mécanique est uniquement « interne » à la famille. Par exemple, la société civile « Les Etangs » de M. Gérard Mulliez vend d’abord à chaque « star » des titres GMC qu’elle détient. Elle obtient une créance sur la « star » en contrepartie. La « star » a récupéré ses propres titres et les « revend » à la SC « Les étangs » en échange de la créance qui vient d’être constatée.
    La « revente » peut se faire à un prix plus ou moins élevé, en fonction de choix fiscaux. Ainsi, les sociétés déjà délocalisées peuvent se permettre de « mieux » valoriser les titres des « stars » qu’elles possèdent ; puisqu’elles ne paieront pas d’impôt sur les plus-values.

    Ce n’est qu’un peu plus tard – et en Belgique en l’occurrence – que les fils des « reventes » de titres se dénouent ; à leur vraie valeur : celle des experts (rappelons que cette valeur est sous-évaluée de 30%, pour « non liquidité » des titres).

    Or nous connaissons deux éléments : le nombre de titres composant le capital de chaque « star » ; et le nombre de titres de chaque « star » faisant l’objet des apports aux sociétés belges. Nous pouvons donc calculer le poids de la fraternité Gérard Mulliez dans l’AFM. Ce poids est un poids minimum.
    En effet, chez Patrick Mulliez, avant les apports « AFM » repérés par nombre de titres en 2008, il y a déjà dans la société Aeole 95 M€ de titres, valeur qui passe à 785 M€ après les apports AFM. Le nombre de titres des apports à Aeole est donc sous-évalué pour les seuls apports. De même pour SAIG de Jean Mulliez, où il y a déjà 45 M€ de titres, valeur qui passe à 806 M€ après les apports AFM. Ici encore, le nombre de titres AFM dans la SAIG est sous-évalué pour les seuls apports.
    Par suite, en prenant la moyenne des apports des deux frères, et en appliquant cette moyenne aux 6 frères et sœurs, nous obtenons la part en volumes de titres pour la fraternité Gérard Mulliez dans l’AFM, à partir soit du nombre réel de titres (Cimoflu et Valma sont connus depuis leur fusion), soit du nombre théorique de titres du capital statutaire. Ce qui minore à nouveau la part de la fraternité.
    Il suffit alors (la valeur de chaque titre n’étant pas identique) de valoriser la part de la fraternité et la part de l’AFM en appliquant la valeur des titres par le nombre de titres possédés par la fraternité ou le nombre de titres émis (pour l’AFM).

    Nous obtenons en millions d’euros : 4 359 M€ pour la fraternité, et 18 189 M€ pour l’AFM. La fraternité Gérard Mulliez possède pratiquement 24% de l’AFM.
    L’égalité entre membres de l’AFM est donc toute théorique. Il y a des membres « plus égaux » que d’autres.

    2. Sur les investissements « personnels » de la fraternité.

    Ils concernent surtout les investissements « personnels » de M. Gérard Mulliez via Ausspar, mais aussi les investissements à géométrie variable des frères Gérard, Patrick et Philippe, avec ou sans l’AFM, sur diverses sociétés : groupe Kiabi, groupe Acadie et groupe Maco Pharma.

    2.1. Sur Ausspar.
    La partie personnelle des investissements de M. Gérard Mulliez dans l’hydre atteint 1 736 M€ (voir article 16).
    2.2. Sur Burgodam.
    La partie personnelle des investissements de M. Patrick Mulliez dans l’hydre concerne le tiers de Consofond (i.e. l’investissement dans le groupe Kiabi), le tiers d’Acadie, et le tiers de Maco Pharma. Ces investissements sont évalués comme suit : apports de titres Bunsha par Singita à Consofond en 2008 : 104,5 M€ ; valorisation du tiers du groupe Acadie à partir des fonds propres consolidés 2008 : 17 M€ ; valorisation du tiers du groupe Maco Pharma, à partir de la valorisation des titres GMP B 2009 (dernières valorisations sur la restructuration de la société) : 32 M€. Au total, ces investissements représentent 154 M€ environ.
    2.3 Sur Hainaut Management Consultant : la famille de Philippe Mulliez contrôle le dernier tiers du groupe Maco Pharma, soit 32 M€.

    Au total, les trois frères détiennent en investissements personnels une valeur de 1 922 M€. Et ceci est un minimum.

    La valeur totale détenue par la fraternité Gérard Mulliez dans le groupe Mulliez est donc de 6 281 M€, sur les 25 milliards. Soit 25% du groupe.

    Encore « merci » à M. Richard Maurice, cette mise au point achevant notre « bonus ».

    B. Boussemart


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  • Les salarié(e)s Pimkie ont passé deux réveillons dans le froid, avec en majorité des mères de famille, qui auraient certainement mieux aimé être avec leurs enfants et leurs proches, chez elles.
    L’AFM contrôle via « Suramac SAS » plus de 90% du groupe Pimkie, Orsay et Xanaka. L’AFM met souvent en avant sa devise « Le bruit ne fait pas de bien, le bien ne fait pas de bruit ».
    La grève des salariés de Pimkie a fait beaucoup de bruit. Ce n’est pas terminé.

    Aux lecteurs de ce blog, un bonus que l’AFM doit aux capacités de « non-négociation » de M. Richard Maurice. Ce portrait termine (provisoirement) une galerie, qui peut reprendre à n’importe quel moment. Nous ferons (merci encore à M. Richard Maurice) dans l’article 21 la synthèse de la fraternité « Gérard Mulliez », par rapport à l’AFM et aux sociétés détenues en propre.

    M. Gérard Mulliez père a eu 6 enfants : Gérard (Portrait 16) et Patrick (Portrait 18) ; mais aussi Francette, Mariette, Jean et Philippe. Ce sont les familles de ces deux sœurs et deux frères qui nous occupent dans ce portrait 3. Honneur aux dames.

    1. Françoise (Francette) Méry de Montigny-Mulliez est une rentière tranquille. Elle gère les sociétés civiles de ses enfants (48 K€ de capital) et celles créées par ses enfants (188,8 K€ de capital), à savoir les SC Aymont, Caromon, Jermon, Lemon, Manumon, Pharmon, Romont et Stemont, ainsi que la SC familiale Merymu (906,9 K€ de capital).
    La famille dispose par ailleurs d’une société en Belgique : Montbel (Montigny Belgique). Cette société détenait jusqu’en 2006 pour environ 2,6 M€ de titres ; ces participations (non renseignées dans les comptes déposés à la Banque Nationale de Belgique) augmentent de 6,5 M€ en 2007 et de 6,6 M€ en 2008 ; pour atteindre un total de 15,7 M€. Ses fonds propres sont passés de 1,35 M€ en 2004 à 1,93 M€ en 2008 ; cette progression est liée aux dividendes du portefeuille de titres.

    2. Mariette Menet-Mulliez est par contre un cas intéressant. La société familiale d’origine – la SC Bermar – a en effet été transformée en SAS. Et jusqu’à récemment, la famille ne disposait que d’une filiale belge – Marjoram – calquée sur le modèle de Montbel ; cette filiale belge dispose maintenant de plusieurs sœurs. Bien évidemment, les 5 descendants de la famille disposent de sociétés civiles en France (Alnet, Cenet, Inet, Manet et Synet), et pour certains d’entre eux ont créé leurs sociétés.
    Marjoram ne nous apprend rien. C’est une société « sagement » implantée en Belgique, incolore, inodore et sans saveur. Ses titres de participations n’évoluent pas, à 2,54 M€, et ses fonds propres passent de 1,36 M€ en 2004 à 1,91 M€ en 2008 (comme pour Montbel ci-dessus). Ce qui signifie clairement que les titres supplémentaires de Montbel ne comptent pour pas grand-chose dans la « rentabilité financière » de cette société. Dans les deux cas, à hauteur d’un peu plus de 700 K€ sur 5 ans.
    Revenons à la société Bermar. Cette SC – lorsqu’elle passe en SAS en 2008 – avalise en même temps les apports liés à la succession de Gérard Mulliez père. A cette occasion, les 5 enfants de la famille et les 5 sociétés Belges Alnet Be, Cenet Be, Innet Be, Manet Be et Estaflers Del créées en 2004 ou 2005 font des apports à la SC Bermar, avec des titres qui concernent les « stars » de l’AFM, à savoir : 167 911 titres Cimoflu, 542 971 titres de chaque société Acanthe, Cimofat, Valma et Valorest, 539 373 titres de la SC Soderec et 710 882 titres de la société néerlandaise Claris NV. La SC Bermar augmente donc son capital suite à ces apports, et redistribue des titres « Bermar » entre les 5 enfants et leurs sociétés belges. En valeur 2008, ces parts représentent un peu plus de 80 M€ ; il est attribué en échange 1 472 315 parts nouvelles de la SC Bermar, qui viennent s’ajouter aux 14 882 000 parts anciennes. Ce qui signifie que la société Bermar vaut alors en réel près de 890 M€.
    Puis, au niveau de la Belgique, les sociétés Alnet Be, Cenet Be, Innet Be, Manet Be et Estaflers Del bénéficient ensuite d’apports venant de la société Bermar, et disposent fin 2008 de 898 M€uros de titres ; et de capitaux propres à hauteur de 864,45 M€. L’opération est bouclée, et l’ensemble des titres AFM repasse en totalité en Belgique (via la société Bermar).
    Nous avions 785 M€ en 2008 pour les 6 héritières de Patrick Mulliez ; nous avons maintenant 898 M€ pour les 5 héritiers(ères) de Mariette Mulliez.
    Outre les SC, la famille Menet-Mulliez détient également une série de SCI (Ma 2002, Wasquehal Le Cartelot, Sienne, Gabriel, Roseraie, Couchant 09, Harry …).
    Par ailleurs, Cédric Menet développe via la Sarl Menet une série d’entreprises dédiées à la motoculture, jardinage … dans le Nord et le Pas-de-Calais. Cette Sarl dispose déjà 1,64 M€ de titres de participations pour 0,74 M€ de fonds propres (+ 0,87 M€ de compte d’associé). Une de ses sœurs, Marion, participe à l’administration de Grosbill.

    3. Jean Mulliez est le second cas intéressant. Il est en effet présent en France avec la SC « de Roubaix » ; mais surtout, il a réalisé comme Mariette Menet-Mulliez une profonde transformation de sa société belge SAIG en 2008. SAIG Belgique disposait de 13,3 M€ de titres en 2002 ; suite à des apports successifs de titres non précisés, ces participations sont montées à 45 M€ en 2007. L’année 2008 est bien plus intéressante : les apports atteignent 732 M€ et concernent 429 232 titres Cimoflu, 6 883 008 titres Acanthe, Cimofat, Valma et Valorest, et 7 312 240 titres Claris NV.
    La société belge SAIG est valorisée fin 2008 à 805,6 M€ de titres de participations, pour des fonds propres de 744,2 M€.
    Les SCI recensées pour la famille sont la SCI Giloje, à Villeneuve Loubet et la SCI Sauvagine.
    Les trois fils de Jean Mulliez développent soit leur propre groupe, soit participent aux sociétés du groupe Mulliez.
    Jean-Luc Mulliez développe le groupe Altya, qui a son holding en Belgique « Altya Investissements ». Les trois frères participent à la gestion et au capital. Les sociétés opérationnelles sont en France (Altya, Ramsès Technologies, Sofimmo, Eurofip, Altya Productique, Alsol VI, Altya Formation), avec des résultats médiocres dans l’ensemble, et des baisses d’effectifs : sur 119 emplois recensés en 2005 dans les trois entreprises principales, 71 subsistaient en 2008.
    Olivier Mulliez est présent dans le groupe Acteos, qui développe la technologie RFID pour la grande distribution.
    Gilles Mulliez est quant à lui présent dans la société Webdistrib, qui s’occupe de la vente à distance du groupe Boulanger.

    4. La famille de Philippe Mulliez. La SC familiale est Philupo, et les 4 enfants disposent de sociétés en Belgique et au Luxembourg.
    En Belgique, il s’agit (par ordre alphabétique des enfants) des sociétés Aribel, Belcar, Label et Beltan, qui contrôlent un total de 65,7 M€ de titres, pour un total de 27,7 M€ de fonds propres ; ces 4 sociétés belges sont contrôlées par les sociétés luxembourgeoises Liferar, Lifercar, Liferla et Lifertan, qui contrôlent 18 M€ de titres, pour 17,5 M€ de fonds propres.
    En 2007, les sociétés luxembourgeoises ont transformé les créances qu’elles détenaient sur les sociétés belges en participations ; elles contrôlent donc les sociétés belges. La discrétion est de mise sur le contenu des sociétés luxembourgeoise. La famille – comme pour d’autres composantes présentes au Luxembourg, notamment la famille Leclercq détenant Décathlon – utilise le « secret défense » : « l’indication du détail des participations prévue par l’article 65 (1) 2° de la loi du 19 décembre 2002, concernant le registre du commerce des sociétés, ainsi que la comptabilité et les comptes annuels des entreprises, a été omise en application de l’article 67 (1) b, puisqu’elle est de nature à porter gravement préjudice aux sociétés détenues ». C’est nous qui soulignons.
    On rêve ! Quel préjudice, sinon révéler la véritable valeur des sociétés en question ?
    Savez-vous combien chacune des 4 sociétés luxembourgeoises a payé en 2008 au titre de l’impôt sur la fortune ? 62 €uros : mais c’est la ruine ! En France, dès qu’un des salariés Mulliez dépense 320 €uros d’achats, il a déjà payé ce niveau d’impôts ou taxes, rien qu’en TVA !
    Deux autres sociétés complètent le dispositif en Belgique : la société Hainaut Management Consultant, qui joue le même rôle que les sociétés Singita (Patrick Mulliez) ou Burgodam (Gérard Mulliez) pour le contrôle du Groupe Maco Pharma Belgique ; et la société Ysio.
    En France, outre la Société Civile Philupo (capital de 1 420 K€), les enfants disposent des SC Margar, Carlon, Laure et Tanga (dont les capitaux affichés sont faibles) ; d’une autre SC « collective » Tancar, et de diverses sociétés civiles immobilières : Les Arts, Palma, Dolphin, Marne-Lehouck …
    Il n’y a pas de « grands entrepreneurs » dans cette branche familiale.

    Ces 4 autres composantes de la fraternité Gérard Mulliez confortent les données obtenues pour MM Gérard et Patrick Mulliez. Dans l’article 21, nous nous attacherons à une synthèse de la fraternité, afin de dégager la fortune familiale de la fraternité, AFM ou non AFM.

    B. Boussemart 


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  • Petite réponse au commentaire de l'article 19.
    Le taux de profit d'une entreprise se mesure en rapportant : résultat net/fonds propres. C'est une mesure, très imparfaite, du taux de profit. Elle a le mérite de ne pouvoir être contestée. Elle indique ce que les capitaux investis dans une entreprise rapportent aux investisseurs.

    L'autre mesure (Résultat/Chiffre d'affaires) ne mesure pas la profitabilité d'une entreprise, mais le rapport entre le résultat et les ventes. Or, au plus vous êtes loin dans la chaîne de production de valeur, au plus ce rapport diminue (ainsi, les grands groupes de distribution ont des taux de résultat/chiffre d'affaires très faibles : pour Carrefour consolidé, en 2008, c'est 1,77% ; et pour Groupe Auchan consolidé, en 2008 également, c'est 1,88%). 

    Pour répondre à la question, le cumul des résultats nets rapporté au cumul des fonds propres pour Diramode donne un taux de profit moyen sur la période 1998/99 à 2008 de 19% !
    Si vous prenez la période la plus défavorable de Diramode (intégrant la seule année de perte des 5 dernières années) ce taux de profit est de 12,8% ; et il est de 13% en 2008.

    Par ailleurs, je n'ai jamais indiqué que le groupe Mulliez veut saborder ces entreprises. Je dis qu'il pille les résultats bénéficiaires pour accentuer année après année la pression sur le travail des salariés. Ainsi, après avoir prélevé 214 millions d'euros sur Pimkie, la famille Mulliez fait croire que la société n'est plus rentable - ce qui est faux - afin de licencier 190 salariés de plus. Alors que l'effectif diminue année après année : 453 emplois en moins entre 2001/2002 et 2008.
    Je prends le pari dès aujourd'hui que le chiffre d'affaires de Pimkie va s'accroître dans les années à venir. Et cette hausse se fera avec des effectifs de plus en plus faibles. C'est ça l'exploitation du travail, au quotidien.
    Il faut arrêter la désinformation et l'hypocrisie sur les chiffres qui circulent. Et sur l'idée largement mise en avant par la famille Mulliez, et dernièrement par M. Gérard Mulliez, selon quoi "il faut faire passer l'homme avant le fric". La famille fait l'inverse : elle fait passer le fric avant tout autre chose ; et les hommes, c'est pour eux du "jetable".
    La fonction de ce blog, c'est de rétablir la vérité, avec des chiffres contrôlables par tout le monde.

    B. Boussemart


    2 commentaires
  • Les salarié(e)s Pimkie ont passé un second réveillon dans le froid, avec en majorité des mères de famille, qui auraient certainement mieux aimé être avec leurs enfants et leurs proches, chez elles.
    L’AFM contrôle via « Suramac SAS » plus de 90% du groupe Pimkie, Orsay et Xanaka. L’AFM met souvent en avant sa devise « Le bruit ne fait pas de bien, le bien ne fait pas de bruit ».
    La grève des salariés de Pimkie fait pourtant beaucoup de bruit.
    Chaque jour de grève supplémentaire, nous allons publier un article pour chaque composante de la famille ; avec pour devise : « Le mal ne fait pas de bruit ; le mépris fait beaucoup de mal ».

    La gloire « soi-disant » passée de Pimkie et la gloire actuelle de Kiabi interpellent, comme on dit. Quelles sont les « pratiques Mulliez » sur ces enseignes ? En fait, elles sont en simple décalage, avec quelques années d’écart. Elles consistent à « presser le citron » que constitue l’entreprise, comme n’importe quel « Fonds d’investissement américain », honni par Gérard Mulliez au World Forum.

    Ce n’est pas vrai ? Quelques chiffres.

    Diramode : maison mère de Pimkie.
    Question « fric ».
    Entre les exercices 1998/99 (premier exercice publié, en même temps que l’exercice 1999/2000 – avant aucun compte n’est disponible aux greffes) et l’exercice 2008, les fonds propres (hors résultat) passent de 92 683 K€ à 73 226 K€.
    Diramode aurait donc perdu la différence, puisque les fonds propres représentent pour une entreprise le capital qu’ont investi les actionnaires et les bénéfices réalisés. Cette différence est de - 19 457 K€.
    Sauf qu’il faut regarder si l’entreprise a fait des pertes ou des bénéfices. En fait, la seule perte enregistrée par Diramode sur ces 10 exercices a lieu en 2004/05 ; toutes les autres années sont bénéficiaires. Au total, l’ensemble des bénéfices et de la perte donne un bénéfice de 194 403 K€.
    Appliquons notre formule :
    Capitaux propres de départ + bénéfice des 10 exercices - Capitaux propres d’arrivée =
    92 683 K€ + 194 403 K€ - 73 226 K€ = 213 860 K€.
    Ces 214 millions d’euros représentent les ponctions faites par la famille Mulliez sur la société Diramode. Et la direction prétend que l’entreprise n’est pas bénéficiaire ?
    Question « les hommes ».
    Au plus haut de l’activité, Diramode comptait en 2001/2002 un effectif de 1 093 personnes ; fin 2008, cet effectif est tombé à 640 personnes. Soit 453 emplois en moins. Qui a dit que la famille Mulliez créait partout des emplois ?
    C’était le « citron » n° 1 : « plus de fric, et moins d’hommes ». Que faire quand le citron est pressé ? Mais le remplacer par un autre … à presser, et qu’il soit le plus juteux possible !!

    Kiabi Europe : vous savez, la mode à petits prix.
    Question « fric ».
    Entre l’exercice 2000 (premier exercice de la nouvelle structure Kiabi Europe) et l’exercice 2008, les fonds propres (inclus les bénéfices, l’exercice 2000 étant influencé par la restructuration financière) passent de 67 542 K€ à 101 960 K€. Sur cette période, le cumul des bénéfices et de la seule perte (en 2001) est de 131 531 K€.
    Appliquons la formule :
    67 542 K€ + 131 531 K€ - 101 960 K€ = 97 113 K€.
    Ces 97 millions d’euros représentent les ponctions faites par la famille Mulliez sur la société Kiabi Europe. Beaucoup plus intéressant : cette ponction est faite depuis quelques années seulement : entre 2005 et 2008, la même formule donne :
    111 667 K€ + 105 920 K€ - 101 960 K€ = 115 627 K€.
    Ce qui signifie que la famille Mulliez a davantage ponctionné en dividendes que Kiabi Europe a fait de bénéfices entre 2006 et 2008. Que voilà un autre beau citron …
    Question « les hommes ».
    En 2000, Kiabi Europe annonce un effectif de 6 396 personnes ; en 2008, il est de 3 871 personnes. L’effectif de 2000 ne semble pas très juste (voir notre ouvrage page 477). En revanche, l’effectif 2002 apparaît davantage en phase, soit 4 811. Entre 2002 et 2008, Kiabi Europe, c’est 940 emplois en moins. Qui a dit … ?
    C’est le « citron » n° 2 : là encore, plus de « fric » et moins d’hommes.

    Et vers qui remontent ces dividendes ? Vers l’ensemble de la famille Mulliez … Merci qui ?

    B. Boussemart


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  • Les salarié(e)s Pimkie ont passé un second réveillon dans le froid, avec en majorité des mères de famille, qui auraient certainement mieux aimé être avec leurs enfants et leurs proches, chez elles.
    L’AFM contrôle via « Suramac SAS » plus de 90% du groupe Pimkie, Orsay et Xanaka. L’AFM met souvent en avant sa devise « Le bruit ne fait pas de bien, le bien ne fait pas de bruit ».
    La grève des salariés de Pimkie fait pourtant beaucoup de bruit.
    Chaque jour de grève supplémentaire, nous allons publier un article pour chaque composante de la famille ; avec pour devise : « Le mal ne fait pas de bruit ; le mépris fait beaucoup de mal ».

    M. Patrick Mulliez est encore plus discret que son frère Gérard. Il faut dire qu’il a pratiqué de longue date l’exil fiscal vers la Belgique, avec les SCA « AFM » dans ses bagages.
    Il mérite cependant d’être mieux connu ; il a notamment créé en 1978 Kiabi et développe depuis la fin des années 1990 (en compagnie de son frère Gérard et de l’AFM) le groupe Acadie, société belge qui regroupe les participations dans les magasins Top Office (bureautique), Tape à l’œil (vêtements pour enfants), Isabelle Atkins (parfumerie) et Granita (lingerie féminine).

    Surtout, il apparaît comme le « champion » toutes catégories de la création de holdings financiers en Belgique, calqués sur les anciens modèles français.
    Autre caractéristique : c’est un utilisateur immodéré de la défiscalisation via la « loi Pons ».
    En d’autres termes, M. Patrick Mulliez ne veut pas payer d’impôts. Il veut bien que les hôpitaux français fonctionnent, que la police protège ses nombreux biens, que des infrastructures étatiques ou locales soient à disposition pour qu’il ait une main d’œuvre pas chère et docile. Mais il ne veut pas payer pour tout cela. Les pauvres sont bien plus nombreux ; n’est-ce pas ?
    Enfin, il est passé maître dans la gestion immobilière externalisée (vers ses propres intérêts) de ses magasins, en passant cette fois par le Luxembourg.

    1. La Belgique.
    Les principaux holdings familiaux sont Singita, Pamu B, Société Mouscronnoise de Distribution, Société Européenne de Prises de Participations Commerciales et Industrielles (SEPPCI), Alca B Pamu B, Doma B Pamu B, Kenpas B Pamu B, Prisca B Pamu B et Sonal B Pamu B.
    La relation entre ces holdings, assez complexe, a été simplifiée fin 2009, après une série de fusions destinées à échapper aux plus-values sur les titres AFM hérités de GMC (voir le portrait 1).
    Petit historique préalable : les sociétés Alca, Doma, Kenpas, Prisca et Sonal, tout comme la société Pamu, sont d’abord des SC françaises ; chacune a un capital de 45,7 K€. L’air fiscal français ne leur convenant manifestement pas, elles quittent l’hexagone.
    Ainsi, l’acte du 24 décembre 1999 enregistre – avant sa liquidation – la réduction de capital de la société Pamu (France). Il indique : « Il est attribué, en contrepartie du retrait ci-dessus, à Madame Priscilla DUBLY-MULLIEZ, Mademoiselle Marie-Kentya MULLIEZ, Madame Dorothée BONDUELLE-MULLIEZ, Mademoiselle Alix MULLIEZ et Mademoiselle Sonia MULLIEZ, en nue-propriété sous usufruit de Monsieur et Madame Patrick MULLIEZ-MOTTE les biens suivants qui font partie de l’actif de la société et qui correspondent à la valeur des parts de la société civile PAMU remises à la société en vue de leur annulation :
    - 940 parts de la société civile GMC, soit 188 parts chacune (sous usufruit temporaire de la Fondation de France),
    - 11 183 actions de la SA Kiabi, soit 2 236 actions chacune et 3 actions en indivision,
    - 239 880 actions SOPARCHAN B, soit 47 976 actions à chacune et 4 actions en indivision,
    - et 7 493,80 F en compte courant dans la société PAMU. »
    Ce retrait représente 19 930 parts de 10 F (à l’époque), soit une réduction de capital de 1 993 KF (303,83 K€). Avec des sociétés déjà bien connues (cf article 16).
    Or les 940 parts de la société civile GMC représentent à elles seules 94% des 1 000 parts de la partie de l’héritage paternel revenant à M. Patrick Mulliez (les 6 000 parts de GMC représentaient un capital de 91,5 K€).
    En 2005, au moment de la liquidation de la SC GMC, cette part d’héritage est valorisée dans deux sociétés qui ne dureront que quelques jours (GMC B et GMC C) : pour chacune des 5 héritières 14,378 M€ pour GMC B, et de 0,417 M€ pour GMC C ; soit un total de 74 M€. En quelques jours, le capital est multiplié par 4 000 !!! Qui dit mieux ?
    Le passage en Belgique semble devoir exiger des liquidités : les sociétés belges de chaque héritière (on ajoute un « B » pour Belgique au nom initial des sociétés françaises), Alca B, Doma B, Kenpas B, Prisca B et Sonal B voient leurs participations en titres s’accroître de la valeur de l’héritage (au total la valeur des titres des héritières augmente de 307,463 M€), mais au prix d’un endettement de 257,363 M€. Il faut dire que les autres titres qu’elles détiennent sont ceux d’une société belge insignifiante, Aeole 2000, dont le capital ne restera égal qu’à 62 K€ ( !) jusqu’en 2008 (chaque héritière détient 494 titres de 25 €). Reste alors à réaliser la manipulation fiscale.
    Chaque héritière va d’abord apporter ses titres « AFM » à la société Aeole 2000 entre 2007 et 2008 ; le nombre d’actions Aeole 2000 est multiplié par 100, et le capital d’Aeole est augmenté de 604 M€, par apport des titres Acanthe, Cimofat, Cimoflu, Valma et Valorest (les 5 SCA de l’AFM) et Claris NV (la société néerlandaise de l’AFM). Au total, les 5 héritières apportent 649 181 titres Cimoflu, pour chacune des 4 autres SCA françaises 5 383 151 titres, et 6 032 344 titres Claris NV.
    Dans un 2ème temps, les 5 filiales belges Alca B, Doma B, Kenpas B, Prisca B et Sonal B fusionnent avec la société belge SEPPCI ; cette dernière devient donc l’actionnaire de référence d’Aeole 2000, qui a reçu les titres AFM.
    Restait à fusionner Aeole et SEPPCI : c’est chose faite en 2009. C’est donc SEPPCI qui est dorénavant détentrice des titres AFM. Ces titres, avant les opérations liées à l’héritage du père de Patrick Mulliez, valaient la modique somme de 18 300 € (en capital de GMC).
    En octobre 2009, le portefeuille de SEPPCI comprend (venant des actifs d’Aeole 2000) : titres Valorest : 147 868 579,52 € ; titres Acanthe : 229 100 968,98 € ; titres Cimofat : 118 989 843,27 € ; titres Valma : 248 857 465,21 € ; titres Claris NV : 31 500 432,16 €. A noter : les titres Cimoflu ont déjà disparu de la circulation, alors que la fusion entre Cimoflu et Valma n’avait pas encore été publiée à l’époque en France. Au total, les titres des 5 héritières valent 776,317 M€, contre 784,925 M€ l’année précédente.
    La différence représente la perte de valeur (rajustée à 1%) des titres AFM suite à la crise !!! Rappelons que le CAC 40 était – très grossièrement – à 6 000 points début 2008, qu’il a diminué à 3 000 points début 2009, pour revenir à 4 000 points fin 2009 (la perte est donc encore de 33% à fin 2009). La famille – selon les « Experts » – n’a pas beaucoup eu à souffrir de la crise. Ceci confirme notre publication antérieure, datée de quelques mois, qui donnaient une diminution globale de 2,5% pour les titres AFM.
    Dans les comptes des sociétés Alca B, Doma B, Kenpas B, Prisca B, Sonal B, Aeole 2000 et SEPPCI, inutile de chercher des impôts pour des niveaux conséquents. Ainsi, Aeole 2000 a réalisé en 2008 et 2009 près de 8 M€ de plus-values sur titres, et encaissé 4,7 M€ de dividendes ; elle va payer en impôts 48 € ! Qui dit mieux ?
    En outre, SEPPCI détient 100% de Singita, le holding intermédiaire de Patrick Mulliez, qui a pour vocation de contrôler les titres « non AFM » : Bunsha, Acadie, et Maco Pharma. Singita est une société particulièrement opaque : elle ne donne aucune information sur ses filiales (notre connaissance est indirecte, sur les opérations financières suivies une à une, comme la restructuration entre sociétés de Bunsha), alors qu’elle détient un modeste portefeuille de titres de 168 M€ fin 2008.
    Tout comme Singita, SMD (11 M€ de titres) et Pamu B (19 M€ de titres) ne publient aucune information sur leur portefeuille de titres. SMD et Pamu B sont gérées en direct par M. Patrick Mulliez et son épouse.
    Notre nouveau Président de l’Europe (ex Premier Ministre de Belgique) devrait s’occuper en priorité de ce qui se passe au Benelux, en termes de cachoteries financières.

    2. La loi Pons.
    Cette loi permet de bénéficier des avantages fiscaux pour des sociétés qui se consacrent exclusivement à « l’investissement direct ou indirect dans toutes les sociétés de en France Métropolitaine et les DOM TOM, dans le cadre des dispositions de la loi du 11 juillet 1986 » (loi Pons).
    S’agissant de M. Patrick Mulliez ou de sa famille, six sociétés situées rue Delezenne à Lille sont concernées : P.O.U.R., Colt, Medoc, Phébus, Impression et Odile.
    Ces sociétés perdent (pour des faibles valeurs) de l’argent jusqu’en 2007, et commencent à dégager des bénéfices (faibles) en 2008. Leur intérêt n’est pas dans ces pertes ou ces bénéfices, mais dans la fiscalité attachée à la loi Pons.

    3. La gestion immobilière.
    Elle concerne diverses SCI, comme Vacquerie 1, Vacquerie 2, Maulo, La Réunion, qui ont des capitaux très faibles (pour ces quatre sociétés, un total de 32 K€, pour des propriétés situées au cœur du triangle d’or de Croix dans le Nord).
    Elle concerne également des SCI créées par les héritières collectivement, comme la SCI Kermes (76,2 K€ de capital) ou Singita-ploffice.family, qui avec un capital de 10 K€, a acquis une propriété à Ramatuelle (3 300 + 5 489 m²) ; allez voir une agence immobilière avec 10 K€ pour ce type d’investissement : succès garanti. D’autres SCI combinent divers liens entre les héritières, comme La Marmaille ou Les Papous (Hardelot Plage), ou la SCI du 69, rue du Peuple Belge (Lille), ou la SCI de la Corniche, dans les Côtes d’Armor. Cette dernière SCI montre néanmoins un capital davantage en rapport avec la propriété foncière en question : 500 K€. Ces diverses SC ou SCI sont encore domiciliées en France. Mais d’autres sociétés des gendres de nos héritières sont en Belgique. Il en va ainsi par exemple des sociétés EMBK, ou Phama.

    Cette gestion passe sur un autre plan par des montages financiers entre des sociétés françaises, belges et luxembourgeoises ; qui affectent les résultats des sociétés opérationnelles, notamment Kiabi. Ce qui peut avoir des conséquences importantes pour les salariés.
    Explication, qui est d’ailleurs valable pour toutes les sociétés du groupe Mulliez ayant un intéressement.
    Comme chacun le sait, l’intéressement est un contrat qui donne lieu à une prime, lorsque certains objectifs sont atteints. Ces objectifs peuvent être d’activité (par exemple une progression de chiffre d’affaires), de productivité (par exemple réaliser tel ou tel critère par emploi – comme un chiffre d’affaires par tête), ou de rentabilité (par exemple, avoir telle valeur de résultat opérationnel, ou de résultat courant …). Or, dans ce dernier cas, le résultat dépend de ce que l’on met en recettes (le chiffre d’affaires essentiellement) et de ce que l’on met en dépenses (les achats, les frais de personnel, les loyers des magasins …). Avec des caractères pervers évidents pour les salariés.
    Ainsi, un critère qui intègre les salaires ne sera « intéressant » pour les salariés qui si les salaires évoluent moins vite que les recettes ; en d’autres termes, il faut moins embaucher et/ou moins payer les salariés, pour qu’ils obtiennent une prime avec ce critère, prime … aléatoire. C’est le même principe pour la participation ou pour l’actionnariat. En tant qu’actionnaire, vous avez intérêt à ce que votre entreprise réalise le plus de bénéfice possible, donc à réduire la masse salariale, et à donc … à vous virer vous-même. Les salariés de Renault Vilvoorde en Belgique en savent quelque chose ; eux qui étaient si heureux à la privatisation de Renault … Il n’est pas étonnant que M. Gérard Mulliez ait fait l’éloge de la participation au World Forum.
    Pour les loyers, il en va de même. Lorsque l’entreprise acquiert ses propres magasins, elle investit et amortit chaque année la valeur du bien immobilier (pour autant qu’il perde de la valeur) ; ce qui se situe dans le bas du résultat d’exploitation. Si elle loue les locaux pour installer ses magasins, elle paie des loyers qui viennent en déduction dès le haut du compte de résultat. Ceci peut souvent venir diminuer le niveau de résultat qui sert de calcul à l’intéressement.
    Si donc les salariés des entreprises contrôlées par M. Patrick Mulliez ont des méthodes de calcul de primes d’intéressement qui prennent en compte les loyers, il faut y regarder de plus près (tout comme pour Auchan, avec Immochan ; ou d’autres sociétés du groupe – nous y reviendrons avec Décathlon).
    En effet, il existe toute une série de sociétés qui appartiennent à la famille de M. Patrick Mulliez, et qui contrôlent – de l’extérieur – les biens immobiliers qu’occupent les magasins. En d’autres termes, Kiabi paie des loyers à des sociétés extérieures ; mais ces sociétés extérieures appartiennent également à la famille de M. Patrick Mulliez. Ma poche gauche ignore ce que touche ma poche droite !
    Ces sociétés sont d’abord localisées en Belgique, comme Ditexbel, société qui est ensuite transférée au Luxembourg avant d’être fusionnée avec Real Estate, puis absorbée par sa filiale Real Estate Capital, qui devient la filiale d’Ifieb, société luxembourgeois qui était son principal actionnaire (avec Singita). Real Estate Capital détient 100% de la société française AMM Holding. Comme beaucoup d’entreprises Mulliez, elle ne publie aucune information sur ses filiales, qui valent quelques 19,7 M€. Il est pourtant indiqué que « l’activité des filiales et participations, est exposée dans le tableau, prévu par l’article L.255-15 du Code de Commerce annexé au bilan ». Nous cherchons encore … Il faut dire que le Tribunal de Commerce de Lille est coutumier de ce type de problème ; il ne vérifie pas ce qui est apporté par les entreprises ! Et lorsque vous demandez des explications, il vous envoie … devinez où ?
    Vestris, autre société luxembourgeoise, contrôle Finactif (société française) et 12 Sociétés immobilières (pour 11 magasins et le centre de logistique de Dourges) ; Finactif contrôle de son côté 12 autres filiales à vocation immobilières liées à Kiabi. Vestris dispose de 8,6 M€ de titres, et Finactif 5,9 M€ de titres.
    Il faut enfin noter Soparabi B, qui a fait l’objet d’une transmission universelle du patrimoine (TUP) vers Sovaleur ; et Soparabi SCA.
    Soparabi SCA est une société belge qui a trois catégorie d’actionnaires : B (l’AFM au sens large), A (les salariés de l’enseigne Kiabi) et C (les personnes apportant une contribution professionnelle à l’enseigne Kiabi ; i.e. les franchisés, à la condition qu’ils soient agréés).
    Sovaleur est une société française ; elle est contrôlée fin 2008 par Kiabi Europe à hauteur de 55,07% et par Soparabi SCA à hauteur de 25,85% (voir ci-dessus). Elle détient à pratiquement 100% la société belge Kerkeind, qui ne publie que des comptes tronqués. Sovaleur, qui ne publie également en 2007 et 2008 que des comptes tronqués, contrôlait également des participations minoritaires dans des 13 SCI liées à Kiabi en 2006.
    Au dessus de toutes ces sociétés, figurent des sociétés luxembourgeoises liées à la famille de Patrick Mulliez : Ifile, Ifieb, Ifies. Les plus importantes sont Ifile et Ifies, qui n’ont pas publié de comptes depuis fin 2007. Elles disposent de 42 M€ de fonds propres pour Ifile, 35 M€ pour Ifieb.

    Elles accumulent de l’argent année après année, à partir de la rente foncière sur les magasins Kiabi.

    4. Les féaux de la famille.
    M. Richard Maurice dispose d’une société belge Socodistrib, créée en 2006, qui détient un capital de 62 K€. Elle a évidemment pour objet d’acquérir des titres : 61 999 titres de 1 € ont été souscrits à la création par M. Maurice, la dernière action étant détenue par Singita. En 2008, des précisions ont été apportées : M. Maurice demeure le gérant, mais deux catégories d’actions ont été créées : des actions de catégorie A et des actions de catégorie B. Avec une clause qui oblige tout actionnaire de catégorie A souhaitant vendre ses titres d’avoir l’agrément des actionnaires de catégorie B ; de fait, les actions « A » correspondent aux actions « S » du nouveau système Mulliez, et les actions « B » correspondent aux actions détenues par le groupe Mulliez. Aucun compte n’a été publié par Socodistrib, ni en 2007, ni en 2008 : quelle discrétion ! Il est fort probable que l’actionnaire B appartienne à la famille Mulliez.
    Comme tout dirigeant du groupe Mulliez qui se respecte, M. Eric Vandendriessche dispose d’une société civile afin de gérer son « portefeuille de valeurs mobilières et de titres sociaux ». La SC VDD – MAP n’a qu’un faible capital de 5 K€.
    Nul doute qu’en contemplant le sapin de Noël et en fêtant avec leurs familles le réveillon du Nouvel An, MM Richard Maurice & Eric Vandendriessche auront eu une pensée pour les salariés de Diramode qui défendaient dans le froid et la neige leurs emplois ; à moins qu’ils ne comptaient déjà les futures actions « A » ou « S » qui s’accumuleraient pour « bons et loyaux services ».
    Il faut ajouter à ces féaux M. Antoine Lepoutre, et sa SC Donate, au capital de 406 K€. Cette SC a été créée avec l’autorisation de M. Patrick Mulliez, et a comme contrepartie de son capital des titres Soparabi B, au moment de sa constitution, en 1994. M. A. Lepoutre exerce ses talents dans de nombreuses sociétés liées à Kiabi.

    PS. Comme il a été beaucoup question de délocalisation fiscale vers la Belgique, il faut réparer un oubli dans le portrait 16. En effet, la famille Dubrulle a créé trois sociétés en Belgique, chacune ayant un capital de 1,44 M€ : il s’agit des sociétés Arfau 08, Capfau 08 et Delfau 08.
    Autre oubli : l’AFM ou ses membres créent pratiquement une société par jour. La SC à capital variable Iteldur (présidée par M. Thierry Mulliez) a également accordé aux heureux élus de souscrire des titres « S » à Madame Francine Vandamme (2 643 200 parts), à la SC Patriger (Thierry Cavrois – 203 3840 parts) et à la SC VIMZ (Vianney Mulliez – 112 000 parts) ; chaque part vaut 1 €, et le capital social statutaire est de 6 millions d’euros.

    Demain, nous achèverons notre tour des portraits des enfants de M. Gérard Mulliez père ; avant de nous intéresser à la lignée directe de Louis Mulliez, à laquelle appartient le Président de l’AFM : M. Thierry Mulliez.

    B. Boussemart

     


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