• Bonsoir

    Je viens de lire dans Challenges du 29/03/2018 un papier (chiotte) de Thiébault Dromard sur le documentaire d'hier soir de FR3 à propos du grand homme Bernard Arnault ; ce monsieur (qui n'a rien d'un journaliste) indique à la fin de ses critiques (sic) : "Pièces à conviction fait dire que LVMH ne crée pas d'emplois. Il suffit de se plonger dans le rapport annuel pour constater que le numéro un du luxe mondial a recruté 33 200 personnes en CDI dans le monde l'an dernier dont 4 111 en France (le groupe a annoncé hier l'ouverture prochaine de deux maroquineries qui vont créer 500 emplois en France l'an prochain). En 25 ans, les effectifs du groupe ont été multipliés par 5 pour atteindre 140 000 personnes aujourd'hui".

    Comme je suis clairement responsable du calcul des emplois dans ce documentaire, où j'indique que Bernard Arnault n'a jamais créé un seul emploi, il faut expliquer le calcul au sieur Dromard (niveau maternelle revisitée par Macron ; il a dû sécher les cours).

    D'abord, où sont les 140 000 personnes dont parle Dromard, l'immense journaliste d'investigation, spécialisé en économie chez Challenges ? Le rapport LVMH sur les comptes 2017 (document de référence, page 81) indique 145 247 emplois fin 2017 (effectifs total CDI et CDD), pour un effectif de 128 637 Equivalent Temps Plein en 2017. Les mêmes documents de référence donnaient en CDI et CDD respectivement 134 476 emplois à fin 2016 (page 75) et 125 346 emplois à fin 2015 (page 71). Soyons encore plus précis : ce total des emplois se répartit entre CDI et CDD, et comprend des salariés à temps partiel ; pour ces données : total, CDI, CDD ; temps partiel, nous avons respectivement :

    - en 2015 : 125 436 ; dont 112 319 CDI et 13 027 CDD ; 24 363 à temps partiel ;

    - en 2016 : 134 476 ; dont 119 970 CDI et 14 506 CDD ; 27 423 à temps partiel ;

    - en 2017 : 145 247 ; dont 129 366 CDI et 15 880 CDD ; 27 875 à temps partiel.

    Dans le monde, le nombre total de CDI du groupe Arnault est passé de 119 970 à 129 366 entre 2016 et 2017 : où sont les 33200 personnes annoncées par Dromard ? Il a dû abuser sur l'alcool ou la fumette pour voir 3 fois le nombre de pseudo créations d'emplois ... Car en plus, il s'agit bien de pseudo créations d'emplois (voir ci-après notre second point). S'il s'agit de l'écart entre 2015 et 2016, le multiplicateur est encore plus important ; là, c'est alcool et fumette !

    Pour la France, la création d'emplois (il n'y a aucune distinction entre CDI et CDD) est calculée en fin de chaque année : les emplois sont passés de 23 150 en 2015, à 26 970 en 2016 et à 29 578 en 2017. L'écart est considérable ... Le brave grognard Dromard peut ici sortir l'artillerie "Arnault" (voir la déclaration de Bernard Arnault en 2015 dans son autre journal (Les Echos), dont nous parlons dans le documentaire, où il se vantait d'avoir "la volonté d'embaucher tous les ans près de 3000 personnes" (Les Echos du 28/10/2015).

    Paru tenu ? Entre 2015 et 2016, l'emploi du groupe LVMH en France augmente (voir ci-dessus) de 3 820 emplois ; c'est le monde merveilleux de Bernard Arnault et de son cireur de pompes Dromard. La réalité est tout autre ; il est en effet mentionné (en petites lettres, mais Dromard a également dû sécher les cours de français) en page 75 du document de référence 2016 que "la hausse des effectifs dans la division "Autres activités" s'explique par l'intégration au 1er janvier 2016 du groupe Parisien" qu'Arnault vient de racheter ; cette hausse des "autres activités" fait passer l'emploi de 2 068 en 2015 à 5 116 en 2016. Déjà plus de 3 000 emplois pseudo créés viennent en fait d'un rachat. Aucun impact sur les emplois de l'économie française : ce ne sont pas des créations, mais des transferts d'emplois d'un groupe vers un autre. Dans le détail, nous avions vérifié dans le document qui était sur la table et que je tiens bien évidemment à disposition de tout à chacun, il y avait en France en plus au moins 496 emplois sous la société "Le parisien", 189 emplois sous la société "Team Diffusion" et 1 766 emplois sous la société "Proximy" ... Cela, sieur Dromard, c'est du travail d'investigation, et pas de la com. reprise telle quelle de groupe Arnault !

    Mais direz-vous, entre 2016 et 2017 ? Là, c'est 2 608 emplois en plus pour la France. Là encore, sieur Dromard, il faut un peu se réveiller et préparer sérieusement ses dossiers. Il est indiqué dans le rapport 2017 (en page 81) que la hausse des effectifs dans les activités "Mode et maroquinerie" s'explique par l'intégration de Christian Dior Couture. Donc, ces effectifs viennent de la filiale Dior de Groupe Arnault, qui l'a refilée à LVMH en 2017, réalisant à cette occasion une superbe plus-value, payant en fait une grande partie du rachat des titres Dior pour monter à son capital. Il suffit de lire ce blog. Donc, sieur Dromard, nul de chez les nuls !

    Je peux remonter plus haut si vous le souhaitez ... Notamment, lors du rachat du groupe Agache-Willot (voir le livre que j'ai publié avec mon collègue Rabier à la Fondation des Sciences politiques sur le groupe à l'époque) ... Et que reste-t-il des emplois repris dans Boussac-Saint-Frères, des licenciements et fermetures de sites textiles etc .. sans oublier Peaudouce. Au lieu de lire et de tresser des louanges aux ouvrages de votre complice Gobin, vous feriez mieux de lire mon dernier ouvrage sur "Grandes fortunes, banquiers, politiciens ... La collusion des pouvoirs face à la crise". Editions Estaimpuis.  Vous pourrez y trouver en pages 286 et 287 une analyse de l'emploi du groupe LVMH. Ce qui évitera de déblatérer des bêtises.

    Sieur Dromard, je ne vous salue pas.

    B. Boussemart


    4 commentaires
  • Bonjour

    La grande distribution est particulièrement affectée par l'arrivée du phygital. Voici les comptes 2017 d'Auchan et de Carrefour, Casino n'ayant pas encore publié des comptes "exploitables" ...

     

    La grande distribution en 2017 – Le graal du « phygital »

     

    Tous les groupes de la grande distribution se mettent au « phygital », en associant le commerce physique (en magasin) et le e-commerce sous ses multiples formes. Il en résulte de nouvelles associations, qui complètent les stratégies de restructuration (notamment en politique des achats et en logistique) menées ces dernières années. Pour autant, les dernières tentatives d’alliances (notamment entre Leclerc et Amazon) ont échoué, le domaine de l’alimentaire (notamment en produits frais) étant difficile à maîtriser par le digital et les contraintes qu’il s’impose (notamment sur les approvisionnements et les délais de livraison brefs).

    Nous ne disposons pas encore du document de référence du groupe Casino (concerné actuellement par une alliance entre Monoprix et Amazon). Les principales informations publiées (données consolidées comparables aux années précédentes) concernent : le chiffre d’affaires (37 822 M€ en 2017 contre 36 030 en 2016), l’EBITDA (1 930 M€ en 2017 contre 1 697 en 2016) et le résultat net (246 M€), dont part du groupe (120 M€ en 2017, contre 2 679 M€ en 2016, mais avec 2 900 M€ de plus-values sur la cession des activités en Asie).

     

    1. Groupe Auchan : une activité stable, mais avec des résultats en net retrait.

     

    Le chiffre d’affaires consolidé du groupe Auchan progresse de 0,6% entre 2016 et 2017. Le détail est le suivant :

     

    Groupe – données consolidées en M€

    2010

    2011

    2012

    2013

    2014

    2015

    2016

    2017

    Hypers

    Supers

    Immobilier

    Banque

    Autres

    33 957

    6 911

    486

    427

    711

    35 383

    7 227

    503

    423

    837

    37 287

    7 607

    598

    425

    1 014

    38 012

    7 865

    624

    441

    1 135

    43 601

    7 620

    635

    444

    1 154

    52 730

     

    633

    438

    431

    51 718

     

    634

    460

    8

    52 002

     

    667

    486

     

    Total du chiffre d’affaires consolidé

    42 492

    44 373

    46 931

    48 077

    53 454

    54 232

    52 820

    53 155

    En % du chiffre d’affaires consolidé :

     

     

     

     

     

     

     

     

    France

    Europe (autre que France)

    Asie

    Reste du monde

    Eliminations

    46,0

    27,5

     

    27,7

    - 1,2

    45,0

    26,7

     

    29,4

    - 1,1

    43,5

    25,1

     

    32,5

    - 1,1

    42,9

    23,0

    12,6

    22,6

    - 1,1

    37,9

    19,4

    22,2

    21,6

    - 1,1

    36,4

    18,4

    27,0

    19,4

    - 1,1

    36,4

    18,7

    27,5

    18,7

    - 1,4

    36,3

    18,8

    27,0

    19,6

    - 1,6

    Note : depuis 2015, la ventilation entre Hypers et Supers laisse la place à l’activité Retail, pour l’ensemble des activités de distribution.

     

    L’activité en France reste stable depuis les trois dernières années ; ce propos peut être nuancé à la baisse (les éliminations sont plutôt à affecter à la France : 36,3% - 1,6% = 34,7%), mais aussi à la hausse (déconsolidée en 2017, la majeure partie du chiffre d’affaires d’Alinéa était réalisée en France : 408 M€ en 2016). L’Asie (la Chine et le Vietnam) est stable ; en fait, en RMB, le chiffre d’affaires consolidé de Sun Art Retail progresse (102,32 Mds RMB en 2017, contre 100,441 Mds RMB en 2016), tout comme son bénéfice net (3,02 Mds RMB en 2017, contre 2,629 Mds RMB en 2016) ; ce sont les écarts de change qui limitent la progression en base €. Le reste du monde (essentiellement la Russie, et marginalement le Sénégal) préserve également son activité. La comparaison est difficile entre 2016 et 2017, la ventilation des magasins par type (Hypers et Supers jusqu’en juin 2017) étant modifiée fin 2017 (Hypers, Proximité et Ultra-proximité). Cette ventilation fait « disparaître » entre juin et décembre 2017 des hypers en France (126 en juin, 119 en décembre) et en Russie (105 en juin, 62 en décembre), pour un total de 942 fin décembre, contre 972 fin juin 2017 (malgré la hausse en Chine : 446 en juin, pour 461 en décembre). Les 968 supers de juin 2017 font place à 1 065 magasins de proximité et 247 magasins d’ultra-proximité en décembre 2017 ; avec une forte hausse en France : de 260 supers à 416 proximité et 9 ultra-proximité, ainsi qu’en Roumanie : + 2 proximité et + 15 ultra-proximité ; l’apparition de 16 magasins de proximité au Vietnam, ainsi que de 3 ultra-proximité ; le passage de l’hyper au super en Russie : les 201 supers de juin 2017 font place à 240 proximité et 8 ultra-proximité. De manière plus globale, les 968 supers de juin 2017 font place à 1 065 magasins de proximité et à 247 ultra-proximité.

    Tous ces magasins se retrouvent dans le nouvel ensemble « Auchan Retail », qui a réalisé 52,002 Mds € de chiffre d’affaires en 2017 (dont 34% pour la France), contre 51,718 Mds € en 2016 (dont 34% également pour la France). Il n’y a donc pas de recul de l’activité Retail en France en 2017, mais une très légère progression. Auchan retail France a fait l’objet d’une réorganisation des services d’appui (ce qui coûte 36 M€ au groupe pour 2017). A l’inverse, des produits ont été comptabilisés sur la Chine pour les cartes prépayées non consommées en magasins.

    Surtout, Auchan Retail et Alibaba Group viennent de réaliser une alliance stratégique ; Groupe Auchan garde le niveau de participation sur les filiales chinoises, mais Ruentex, son partenaire historique, a cédé une partie significative de ses titres à une des filiales d’Alibaba. Après l’opération, Auchan Retail détient 36,18%, Alibaba 36,16% et Ruentex 4,67% de Sun Art Retail.

    Enfin, Auchan Sénégal a signé un protocole pour le rachat (entre novembre 2017 et février 2018) des magasins City Dia (9 points de vente à Dakar).

    Dans l’immobilier, Immochan France a acquis auprès d’Altarea 50% du Retail Park « Promenade de Flandre » à Neuville en Ferrain ; il contrôle ainsi 100% de ce Retail Park. Immochan a vu son produit s’accroître de 5,3% ; il réalise 60,1% des produits à l’international. Une partie non négligeable du résultat d’exploitation est obtenue par l’immobilier (229 M€) et la banque (Oney dégage 53 M€ de résultat d’exploitation), le retail n’obtenant que 631 M€ de résultat d’exploitation en 2017.

    En 2017, la structure des résultats intermédiaires ne bouge pratiquement pas entre le chiffre d’affaires et la valeur ajoutée. Cette dernière reste à un niveau satisfaisant, à 16,6% du chiffre d’affaires (16,7% en 2016) ; depuis 2015, la valeur ajoutée compte pour 8,7/8,8 Mds d’euros. En n’oubliant pas qu’une petite partie de l’activité (Alinéa) est sortie du groupe. Par contre, les autres résultats intermédiaires sont à la baisse, d’environ 0,5 points, suite à la hausse relative du coût salarial (ce dernier passe de 11,4% en 2016 à 11,8% du chiffre d’affaires en 2017).

    Ce coût salarial comprend la main d’œuvre externe. Il faut donc prendre garde à son contenu, qui peut être impacté par le recours à du personnel externe ; notamment lors des procédures de « réorganisation des services » d’appui Auchan Retail. Le groupe a par ailleurs bénéficié de 103 M€ de CICE, déduits du coût salarial. L’intéressement et la participation sont en retrait : 236 M € en 2017, contre 274 M€ en 2016.

     

    Groupe Auchan – données consolidées en M€

    2010

    2011

    2012

    2013

    2014

    2015

    2016

    2017

    A = Chiffre d’affaires

    42 320

    44 198

    46 742

    47 885

    53 272

    54 020

    52 820

    53 155

      Achats de marchandises

    +/- Variations de stocks achats de marchandises

    32 336

    - 339

    33 792

    - 201

    35 434

    + 102

    37 091

    - 183

    41 083

    + 85

    41 785

    - 310

    40 701

    - 442

    40 321

    + 189

    B = Prix de revient des ventes

    31 997

    33 591

    35 536

    36 908

    41 168

    41 475

    40 259

    40 510

     C = A - B = Marge commerciale

    10 323

    10 607

    11 206

    10 977

    12 104

    12 545

    12 561

    12 645

    - Autres frais généraux

    2 998

    3 146

    3 347

    3 130

    3 779

    3 851

    3 735

    3 833

    D = Valeur ajoutée

    7 325

    7 461

    7 859

    7 847

    8 325

    8 694

    8 826

    8 812

    - Charges de personnel

    4 910

    5 131

    5 413

    5 332

    5 842

    6 119

    6 043

    6 295

    E = Excédent Brut d’Exploitation

    2 415

    2 330

    2 446

    2 515

    2 483

    2 575

    2 783

    2 517

    F = Autres produits d’exploitation

    173

    175

    189

    192

    182

    212

    10

    12

      Intérêts et charges assimilées

    + Autres charges financières

    112

    59

    134

    78

    122

    90

    116

    79

    124

    35

    101

    77

    85

    66

    98

    63

    G = Charges financières

    171

    212

    212

    195

    159

    178

    151

    161

      Produits des participations

    + Intérêts financiers

    + Autres produits financiers

     

    14

    40

     

    23

    25

     

    37

    39

    1

    3

    32

    1

    7

    49

    1

    18

    59

    3

    14

    50

    5

    21

    59

    H = Produits financiers

    54

    48

    76

    36

    57

    78

    67

    85

    I = - G + H = Résultat financier

    - 117

    - 164

    - 136

    - 159

    - 102

    - 100

    - 84

    - 76

    E + F + I = Capacité d’Autofinancement courante

    +/- Résultats exceptionnels

    +/- Impôts sur les sociétés

    +/- Quote part des sociétés mises en équivalence

    2 471

     

    - 466

    - 9

    2 341

    + 110

    - 418

    - 8

    2 500

    - 46

    - 384

    - 6

    2 547

    + 1

    - 402

    - 2

    2 563

    - 1

    - 309

    - 10

    2 687

    - 63

    - 278

    - 9

    2 709

    - 78

    - 160

    - 5

    2 453

    - 173

    - 255

    - 2

    = Capacité d’autofinancement

    - Dotations aux amortissements

    +/- Amortissements des écarts d’acquisition

    +/- Dotations aux provisions nettes de reprises

    +/- Dotations aux provisions à caractère financier

    +/- Values sur cessions

    1 996

    1 074

     

    - 225

     

    + 45

    2 025

    1 122

     

    - 60

     

    +14

    2 064

    1 239

     

    - 122

     

    + 16

    2 143

    1 308

     

    - 108

    - 3

    + 111

    2 243

    1 495

     

    - 83

    - 5

    + 127

    2 337

    1 548

     

    - 83

    - 10

    + 22

    2 466

    1 503

    - 21

    - 130

    - 25

    + 16

    2 022

    1 488

    + 40

    - 105

    + 42

    - 2

    = Résultat net comptable

    Dont Groupe

    Dont hors Groupe

    742

    705

    37

    857

    810

    47

    719

    656

    63

    835

    767

    68

    787

    574

    213

    718

    518

    200

    803

    590

    213

    509

    275

    234

    Effectif moyen

    Coût salarial moyen en €uros par mois

    262 109

    1 561

    269 188

    1 588

    287 039

    1 572

    302 535

    1 469

    330 680

    1 472

    337 737

    1 510

    342 709

    1 469

    341 399

    1 537

     

    Les autres mesures de restructuration ont par ailleurs coûté (en autres charges opérationnelles) 36 M€, charges non récurrentes qui s’ajoutent à 126 M€ d’euros de dépréciations (dont 102 M€ de dépréciation d’actifs immobilisés – 44M€ en Chine et 5 M€ à Taïwan, 48 M€ en Pologne, 7 € en France ; et 24 M€ de fermetures de magasins) et aux 118 M€ de perte de valeur de goodwill et de dépréciation des créances (sur l’Italie, après acquisition des 49% de la SCS Cambria que le groupe a racheté).

    La réorganisation du groupe lui coûte donc cher.

    Comme chaque année, le résultat financier n’impacte guère le compte de résultat. Le groupe préserve ses fondamentaux financiers.

    Globalement, la baisse de la capacité d’autofinancement (près de 450 M€) est donc liée pour partie à la hausse du coût salarial (250 M€), pour partie aux coûts des restructurations (100 M€) et pour partie à la hausse de l’imposition sur les sociétés (près de 100 M€).

    Ce qui se répercute partiellement (suite à des reprises de provisions) jusqu’au niveau du résultat net. Ce dernier s’établit en définitive à près de 510 M€.

    C’est le meilleur niveau de résultat des 3 groupes (Casino, Carrefour et Auchan) publiant leurs comptes ; aussi bien résultat net du groupe que la part revenant au groupe.

     

    Le bilan du groupe Auchan reste très solide.

     

    Groupe Auchan – données consolidées en M€

    2010

    2011

    2012

    2013

    2014

    2015

    2016

    2017

      Fonds propres

    + Provisions

    + Dettes à plus d’un an

    8 471

    948

    3 052

    9 286

    872

    4 257

    9 820

    902

    4 618

    10 227

    866

    4 588

    11 559

    1 385

    6 338

    12 547

    1 369

    5 474

    12 902

    1 222

    4 813

    13 281

    1 156

    3 754

    A = Capitaux permanents

    12 471

    14 415

    15 340

    15 681

    19 282

    19 390

    18 937

    18 191

       Immobilisations d’exploitation

    + Immobilisations financières

    15 578

    366

    15 845

    325

    17 405

    377

    17 749

    518

    20 801

    717

    21 187

    703

    21 310

    738

    21 007

    687

    B = Actif immobilisé

    15 944

    16 170

    17 782

    18 267

    21 518

    21 890

    22 048

    21 694

    A - B = Fonds de roulement

    - 3 473

    - 1 755

    - 2 442

    - 2 586

    - 2 236

    - 2 500

    - 3 111

    - 3 503

       Stocks

    + Clients

    - Dettes fournisseurs

    +/- Autres créances et dettes d’exploitation

    3 536

    390

    7 704

    - 2 038

    3 572

    421

    7 697

    - 1 499

    3 686

    465

    7 605

    - 1 225

    3 903

    505

    7 724

    - 1 429

    4 511

    442

    8 557

    - 2 236

    4 851

    485

    8 890

    - 2 456

    5 265

    489

    9 312

    - 2 462

    4 910

    526

    8 799

    - 2 919

    C = Besoin en fonds de roulement

    - 5 817

    - 5 023

    - 4 679

    - 4 745

    - 5 840

    - 6 010

    - 6 020

    - 6 282

       Liquidités

    +/- Autres financiers à court terme

    1 914

    + 430

    2 649

    + 619

    2 561

    - 324

    2 028

    + 131

    2 673

    + 931

    2 671

    + 839

    2 381

    + 528

    2 619

    + 160

    D = Trésorerie

    2 344

    3 268

    2 237

    2 159

    3 604

    3 510

    2 909

    2 779

    C + D = Fonds de roulement

    - 3 473

    - 1 755

    - 2 442

    - 2 586

    - 2 236

    - 2 500

    - 3 111

    - 3 503

     

    Les fonds propres se renforcent et l’endettement diminue, alors que la trésorerie demeure largement positive. Le taux d’endettement financier est particulièrement faible (15,1% des fonds propres), notamment au regard des autres groupes (25% pour Carrefour ; et des premières estimations pour Casino, à confirmer).

     

    Groupe Auchan – données consolidées en M€

    2010

    2011

    2012

    2013

    2014

    2015

    2016

    2017

    Fonds propres

    8 471

    9 286

    9 820

    10 227

    11 559

    12 547

    12 902

    13 281

    Dettes à long et moyen terme

    Disponibilités

    Dettes à court terme

    4 054

    - 1 914

    1 186

    5 149

    - 2 649

    1 063

    5 675

    - 2 561

    1 857

    5 638

    - 2 028

    1 397

    7 485

    - 2 673

    582

    6 574

    - 2 671

    734

    6 005

    - 2 381

    1 102

    5 019

    - 2 619

    1 487

    Total endettement net

    3 326

    3 563

    4 971

    5 007

    5 394

    4 637

    4 726

    3 887

    Endettement net / Fonds propres (en %)

    39,3

    38,4

    50,6

    49,0

    46,7

    37,0

    36,6

    29,3

    Endettement retraité des financements clients :

    Dettes financières à plus d’un an

    Dettes financières à moins d’un an

     

    2 917

    - 714

     

    4 141

    - 1 904

     

    4 469

    - 1 302

     

    4 269

    - 1 125

     

    4 532

    - 2 337

     

    4 028

    - 2 288

     

    3 505

    - 1 610

     

    3 391

    - 1 392

    Total endettement financier retraité

    En % des fonds propres

    2 203

    26,0

    2 237

    24,1

    3 167

    32,3

    3 144

    30,7

    2 195

    19,0

    1 740

    13,9

    1 895

    14,7

    1 999

    15,1

    Taux de profit (Résultat net / Fonds propres) en %

    8,8

    9,2

    7,3

    8,2

    6,8

    5,7

    6,2

    3,8

     

    Les restructurations ne pèsent donc pas trop sur la structure financière ; pas davantage la distribution des bénéfices vers la famille Mulliez. En 2017, un dividende de 350 M€ a été distribué (part du groupe), auquel il faut ajouter les 187 M€ hors groupe. En 2018, il est proposé un dividende (groupe) de 165 M€.

    Enfin, le capital du groupe est détenu à plus de 93% par la famille Mulliez, le solde - soit un peu moins de 7% - étant détenu par les FCP Valauchan, Valfrance et Oney Val, et via les sociétés d’actionnariat étranger.

     

     

    2. Le groupe Carrefour – annus horribilis.

     

    L’année 2017 a connu de nombreuses transformations pour Carrefour :

    - le remplacement de G. Plassat par Alexandre Bompard ; qui vient de définir un nouveau modèle Carrefour (modèle omnicanal, développant l’offre de produits frais et bio) ;

    - l’introduction en bourse des activités du groupe au Brésil ; les actions de Grupo Carrefour Brasil mises sur le marché ont été apportées par Atacadão. Ce qui a permis de récupérer 0,84 Mds d’euros (groupe et hors groupe). A l’issue de l’opération, Carrefour détient 71,8% dans le groupe brésilien, Peninsula (le partenaire brésilien de Carrefour) 11,5%, et le flottant en bourse 16,7% ;

    - la fusion des sociétés Carmila et Cardety, deux foncières du groupe. La nouvelle entité était détenue alors à hauteur de 42,45% par Carrefour. Cette nouvelle entité a procédé ensuite à une augmentation de capital de 628,6 M€, Carrefour ne souscrivant qu’à hauteur de 50 M€ ; par suite, le groupe Carrefour ne détient plus que 35,76% de Carmila, le solde étant détenu par les partenaires financiers du groupe ;

    - l’acquisition définitive des 31 hypers espagnols rachetés au groupe Eroski (levée des conditions suspensives pour ces 31 magasins), l’accord portant sur 36 hypers, 8 galeries marchandes et 22 stations-service ;

    - la dépréciation des goodwill sur l’Italie : avec constat d’une charge de dépréciation de 700 M€, dont il faudra se rappeler au moment de l’examen des résultats comptables.

     

    Ceci se traduit partiellement sur la répartition du chiffre d’affaires : hausse des ventes en Espagne, amélioration de l’activité en Pologne et en Roumanie. Plus important, les ventes en France sont encore en léger retrait ; et les ventes en Chine en forte baisse ; en revanche, les ventes au Brésil se renforcent.

    Mais globalement, le redressement est limité, si l’on se réfère aux nouvelles acquisitions de magasins. Plus préoccupant, les nouvelles mesures annoncée en 2018 risquent de se traduire par une nouvelle diminution, significative, du chiffre d’affaires du groupe, avec des fermetures de magasins (France, Belgique …) ; diminution qui ne sera pas compensée – du moins au début – par les nouvelles mesures visant à dynamiser le phygital dans le groupe.

     

     

     

     

     

     

    Répartition

    géographique

    Chiffre d’affaires consolidé en millions d’euros

    En % du chiffre d’affaires total

    2010

    2011

    2012

    2013

    2014

    2015

    2016

    2017

    2010

    2011

    2012

    2013

    2014

    2015

    2016

    2017

    1. France

    37 426

    36 179

    35 341

    35 438

    35 336

    36 272

    35 877

    35 835

    41,5

    43,3

    46,0

    47,3

    47,3

    47,1

    46,8

    45,4

    Espagne

    Italie

    Belgique

    Grèce

    Pologne

    Turquie

    Roumanie

    Portugal

    Autres

    12 679

    5 733

    3 859

    2 401

    1 998

    1 619

    930

    822

    42

    8 373

    5 419

    3 825

    2 163

    1 892

    1 071

    955

     

     

    7 975

    5 103

    3 913

     

    1 809

    1 087

    986

     

     

    7 798

    4 771

    3 968

     

    1 677

     

    1 006

     

     

    7 787

    4 688

    3 968

     

    1 679

     

    1 069

     

     

    7 923

    4 940

    3 967

     

    1 678

     

    1 215

     

    1

    8 049

    4 892

    3 994

     

    1 649

     

    1 501

     

     

    8 634

    4 919

    3 993

     

    1 785

     

    1 781

     

     

    14,1

    6,4

    4,3

    2,7

    2,2

    1,8

    1,0

    0,9

     

    10,3

    6,7

    4,7

    2,7

    2,3

    1,3

    1,2

     

     

    10,4

    6,6

    5,1

     

    2,4

    1,4

    1,3

     

     

    10,4

    6,4

    5,3

     

    2,2

     

    1,3

     

     

    10,4

    6,3

    5,3

     

    2,2

     

    1,4

     

     

    10,3

    6,4

    5,2

     

    2,2

     

    1,6

     

     

    10,5

    6,4

    5,2

     

    2,2

     

    2,0

     

     

    10,9

    6,2

    5,1

     

    2,3

     

    2,3

     

     

    2. Autres Europe

    30 083

    23 698

    20 873

    19 220

    19 191

    19 724

    20 085

    21 112

    33,4

    29,2

    27,2

    25,7

    25,7

    25,6

    26,2

    26,8

    Brésil

    Argentine

    Colombie

    11 210

    2 753

    1 544

    11 131

    2 420

    1 531

    11 273

    2 901

     

    10 855

    2 930

     

    11 148

    2 743

     

    10 681

    3 609

     

    11 772

    2 735

     

    13 248

    2 795

     

    12,4

    3,1

    1,7

    13,7

    3,0

    1,9

    14,7

    3,8

     

    14,5

    3,9

     

    14,9

    3,7

     

    13,9

    4,7

     

    15,4

    3,6

     

    16,8

    3,5

     

    3. Amériques

    15 507

    15 082

    14 174

    13 785

    13 891

    14 290

    14 507

    16 043

    17,2

    18,6

    18,5

    18,4

    18,6

    18,6

    18,9

    20,3

    Taïwan

    Chine

    Malaisie

    Indonésie

    Inde

    Singapour

    1 394

    4 191

    410

    1 004

     

    86

    1 430

    4 345

    402

    1 032

    26

    76

    1 535

    4 838

     

     

    28

     

    1 453

    4 990

     

     

     

     

    1 400

    4 888

     

     

     

     

    1 639

    5 020

     

     

     

     

    1 729

    4 446

     

     

     

     

    1 857

    4 050

     

     

     

     

    1,5

    4,7

    0,5

    1,1

     

    0,1

    1,8

    5,3

    0,5

    1,3

     

    0,1

    2,0

    6,3

     

     

     

     

    1,9

    6,7

     

     

     

     

    1,9

    6,5

     

     

     

     

    2,1

    6,5

     

     

     

     

    2,3

    5,8

     

     

     

     

    2,4

    5,1

     

     

     

     

    4. Total Asie

    7 085

    7 311

    6 401

    6 443

    6 288

    6 659

    6 175

    5 907

    7,9

    9,0

    8,3

    8,6

    8,4

    8,7

    8,1

    7,5

    Total C.A. hors taxes

    90 101

    81 270

    76 789

    74 886

    74 706

    76 945

    76 644

    78 897

    100,0

    100,0

    100,0

    100,0

    100,0

    100,0

    100,0

    100,0

    Base 100 = 2008

    103,6

    93,5

    88,3

    86,1

    85,9

    88,5

    88,1

    90,7

     

     

     

    De fait, les mesures de 2017 ont été prolongées début 2018 par :

    - un plan de restructuration drastique : rationalisation des implantations des sièges du groupe, avec un plan de départ de 2 400 personnes (sur 10 500 salariés des sièges) ; restructuration des magasins belges (avec un impact potentiel de 1 233 personnes) ; restructuration affectant les magasins ex-Dia (273 magasins potentiellement concernés), alors que ces magasins venaient d’être rachetés récemment ;

    - un partenariat dit stratégique avec « Showroomprivé » ; avec une prise de participation de 16,86% du capital rachetés à Conforama, filiale du groupe Steinhoff. Les actionnaires fondateurs gardent 27,17% du capital ;

    - un partenariat avec « La Poste » pour la livraison des courses à domicile à partir des « Drive » Carrefour ;

    - un partenariat en Chine avec les groupes Tencent et Yonghui : ces groupes prendraient une participation dans Carrefour Chine, et Tencent permettrait de développer en outre la partie digitale des activités de distribution.

     

     

     

     

     

    Groupe Carrefour – données consolidées en M€

    2010

    2011

    2012

    2013

    2014

    2015

    2016

    2017

      Ventes de marchandises

    - Coût de la fidélisation

    90 099

    774

    81 271

    816

    76 789

    662

    74 888

    588

    74 706

    609

    76 945

    552

    76 645

    - 591

    78 897

    - 644

    = Total des ventes de biens et services

    -  coût d’achat des marchandises

    89 325

    71 640

    80 455

    64 912

    76 127

    61 523

    74 299

    59 828

    74 097

    59 270

    76 393

    60 838

    76 054

    60 789

    78 253

    67 760

    = Marge commerciale

    - autres charges externes

    17 685

    5 992

    15 543

    5 579

    14 604

    5 168

    14 471

    4 954

    14 827

    4 987

    15 555

    5 928

    15 265

    5 330

    15 493

    5 447

    = Valeur ajoutée

    - coût salarial

    - impôts d’exploitation

    11 693

    8 493

    494

    9 664

    7 843

    547

    9 436

    7 566

    515

    9 517

    7 679

    545

    9 840

    7 762

    532

    10 257

    8 209

    598

    9 935

    8 240

    578

    10 046

    8 599

    595

    = Excédent Brut d’Exploitation

    + Revenus immobiliers

    +/- Autres gestion

    2 706

    476

    + 1 711

    1 574

    433

    + 1 876

    1 355

    502

    + 1 831

    1 293

    482

    + 1 893

    1 546

    449

    + 1 771

    1 450

    481

    + 1 963

    1 117

    473

    + 2 247

    852

    484

    + 2 238

    = Résultat opérationnel

    - Charges financières

    + Produits financiers

    4 893

    823

    166

    3 883

    820

    63

    3 688

    935

    53

    3 668

    770

    49

    3 766

    599

    35

    3 914

    547

    32

    3 837

    542

    27

    3 574

    470

    25

    = Capacité d’Autofinancement courante

    +/- Résultats des sociétés mises en équivalence

    +/- Résultats exceptionnels

    +/- Impôts sur les sociétés

    4 236

    + 35

    - 1 137

    - 697

    3 126

    + 64

    - 2 262

    - 1 002

    2 806

    + 72

    - 707

    - 388

    2 947

    + 30

    + 144

    - 631

    3 202

    + 37

    + 149

    - 709

    3 399

    + 44

    - 257

    - 597

    3 322

    - 36

    - 372

    - 494

    3 129

    + 4

    - 1 310

    - 618

    = Capacité d’autofinancement

    - Amortissements des immobilisations corporelles

    - Autres amortissements

    +/- Toutes provisions

    +/- Résultats nets des sociétés abandonnées

    2 437

    1 633

    240

    - 48

    + 52

    - 475

    1 394

    267

    - 40

    + 2 580

    1 783

    1 269

    205

    - 74

    + 1 081

    2 490

    1 199

    180

    - 53

    + 306

    2 680

    1 203

    147

    - 31

    + 67

    2 589

    1 282

    155

    - 33

    + 4

    2 420

    1 313

    143

    - 30

    - 40

    1 205

    1 359

    175

    - 33

     

    = Résultat net comptable

    Dont Groupe

    Dont hors Groupe

    568

    433

    135

    404

    371

    33

    1 316

    1 233

    83

    1 364

    1 263

    101

    1 367

    1 249

    118

    1 123

    980

    143

    894

    746

    148

    - 362

    - 531

    169

    Effectif moyen

    Coût salarial moyen en €uros par mois

    464 148

    1 525

    407 861

    1 602

    358 396

    1 759

    364 795

    1 754

    368 797

    1 754

    375 529

    1 822

    372 330

    1 844

    376 154

    1 905

     

    Tout cela permet de lire les résultats de 2017 comme une catastrophe annoncée, qui va encore se prolonger (au moins partiellement) en 2018.

    Chez Carrefour comme pour Auchan, nous retrouvons un compte de résultat qui reste « acceptable » jusqu’au niveau de la valeur ajoutée. Cette dernière est en retrait par rapport à 2014 à 2016, à un peu moins de 13% des ventes. Mais cette diminution du taux de valeur ajoutée s’accompagne d’une hausse relative du coût salarial ; par suite, l’excédent brut d’exploitation perd 1 point entre 2014 (2,1% des ventes) et 2017 (1,1% des ventes).

    Le résultat opérationnel par segment géographique permet de localiser les difficultés :

    - la France est particulièrement concernée : le résultat opérationnel rapporté au chiffre d’affaires perd 1,7 points entre 2014 et 2017. La perte est particulièrement forte entre 2016 et 2017 : le taux perd 1 point : de 2,9% à 1,9%. Ce qui est évidemment préjudiciable à l’activité globale du groupe, la France restant le principal segment géographique du groupe (à l’inverse du groupe Auchan).

     

     

     

     

     

    Groupe Carrefour – Chiffre d’affaires et résultat opérationnel

    2010

    2011

    2012

    2013

    2014

    2015

    2016

    2017

    France

    Europe (hors France)

    Amérique

    Asie

    Hard discount, proximité, holdings

    34 907

    24 597

    13 919

    6 923

    9 753

    35 179

    23 699

    15 082

    7 312

     

    35 341

    20 873

    14 174

    6 400

     

    35 438

    19 220

    13 786

    6 443

     

    35 336

    19 191

    13 891

    6 288

     

    36 272

    19 724

    14 290

    6 659

     

    35 877

    20 085

    14 507

    6 176

     

    35 835

    21 112

    16 042

    5 907

     

    Total du chiffre d’affaires en M€

    90 099

    81 271

    76 789

    74 888

    74 706

    76 945

    76 645

    78 896

    France

    Europe (hors France)

    Amérique

    Asie

    Hard discount, proximité, holdings

    1 284

    726

    441

    289

    232

    862

    508

    554

    258

     

    929

    509

    608

    168

    - 74

    1 198

    388

    627

    131

    - 106

    1 271

    425

    685

    97

    - 92

    1 191

    567

    705

    13

    - 31

    1 031

    712

    711

    - 58

    - 45

    692

    677

    715

    4

    - 83

    Total Résultat opérationnel avant éléments non courants

    2 972

    2 182

    2 140

    2 238

    2 386

    2 445

    2 351

    2 005

    France

    Europe (hors France)

    Amérique

    Asie

    Hard discount, proximité, holdings

    3,7

    3,0

    3,2

    4,2

    2,4

    2,5

    2,1

    3,7

    3,5

     

    2,6

    2,4

    4,3

    2,6

     

    3,4

    2,0

    4,5

    2,0

     

    3,6

    2,2

    4,9

    1,5

     

    3,3

    2,9

    4,9

    0,2

     

    2,9

    3,5

    4,9

    - 0,9

     

    1,9

    3,2

    4,5

    0,1

     

    % Résultat opérationnel / Chiffre d’affaires

    3,3

    2,7

    2,8

    3,0

    3,2

    3,2

    3,1

    2,5

     

    La zone Europe est en « convalescence » en 2017 ; mais il faut rester prudent. Si en effet le taux de Résultat Opérationnel reste plus important que la moyenne du groupe, il diminue néanmoins ; son niveau absolu bénéficie en fait du renforcement espagnol.

    L’Amérique du sud demeure le point fort du groupe ; ce qui a été « reconnu » par la mise sur le marché d’une partie du capital de « Carrefour Brasil » ; mais là encore, sortir du groupe une partie (même partielle) particulièrement rentable, renvoie aux pratiques antérieures visant à dégager coûte que coûte des résultats, pour distribuer à des actionnaires prédateurs (notamment le groupe Arnault). Il faut noter que la composition exacte des actionnaires n’est pas encore connue à fin mars 2018, le site Carrefour ne donnant que les actionnaires à fin 2016 (la sortie de Colony, partenaire initial de groupe Arnault, n’est donc pas encore officiellement actée).

    Enfin, l’Asie n’est pas en grande forme, avec un chiffre d’affaires qui diminue. Il faut donc attendre le miracle « Tencent » ; à ceci près que les autres groupes ont une longueur d’avance (voir le partenariat entre Auchan et Alibaba), et qu’ils n’ont pas cédé une partie de leurs titres pour permettre les alliances avec des partenaires chinois.

    La capacité d’autofinancement est affectée par d’importantes pertes exceptionnelles (1,3 milliards d’euros), qui renvoient à la question du goodwill italien, mais également à des coûts de réorganisation : refonte des chaînes logistiques en France, plan de fermeture de magasins en Chine, coût d’insertion des magasins Eroski. Ce qui entraîne en définitive (les autres éléments liés aux amortissements et provisions variant peu entre 2016 et 2017) une perte de 362 M€ pour le groupe (dont - 531 M€ pour la part du groupe). C’est le plus mauvais résultat, de longue date.

     

    Le bilan à fin 2017 est le suivant :

     

     

     

     

    Groupe Carrefour – données consolidées en M€

    2010

    2011

    2012

    2013

    2014

    2015

    2016

    2017

      Fonds propres

    + Provisions

    + Dettes à plus d’un an

    10 563

    3 748

    10 365

    7 626

    4 266

    9 513

    8 361

    4 580

    8 983

    8 597

    4 139

    7 550

    10 228

    4 104

    6 815

    10 672

    3 522

    6 682

    12 008

    3 607

    6 200

    12 158

    3 492

    6 428

    A = Capitaux permanents

    24 676

    21 405

    21 924

    20 286

    21 147

    20 856

    21 815

    22 078

       Immobilisations d’exploitation

    + Immobilisations financières

    30 875

    2 564

    26 219

    2 458

    23 792

    2 261

    22 847

    2 572

    24 669

    3 571

    24 314

    3 469

    25 996

    3 700

    25 303

    3 694

    B = Actif immobilisé

    33 440

    28 677

    26 052

    25 419

    28 240

    27 783

    29 696

    28 996

    A - B = Fonds de roulement

    - 8 764

    - 7 272

    - 4 128

    - 5 133

    - 7 093

    - 6 927

    - 7 881

    - 6 918

       Stocks

    + Clients

    - Dettes fournisseurs

    +/- Autres créances et dettes d’exploitation

    6 994

    979

    16 796

    - 495

    6 848

    1 265

    15 362

    - 1 712

    5 658

    431

    12 925

    - 1 602

    5 738

    524

    12 854

    - 1 615

    6 213

    374

    13 384

    - 1 651

    6 362

    678

    13 648

    - 2 078

    7 039

    1 255

    15 396

    - 2 209

    6 690

    1 138

    15 082

    - 2 188

    C = Besoin en fonds de roulement

    - 9 319

    - 8 962

    - 8 439

    - 8 207

    - 8 449

    - 8 686

    - 9 311

    - 9 442

       Liquidités

    - Autres financiers à court terme

    3 271

    2 715

    3 849

    2 159

    6 574

    2 263

    4 757

    1 683

    3 113

    1 757

    2 725

    966

    3 305

    1 875

    3 593

    1 069

    D = Trésorerie

    555

    1 690

    4 311

    3 074

    1 356

    1 759

    1 430

    2 524

    C + D = Fonds de roulement

    - 8 764

    - 7 272

    - 4 128

    - 5 133

    - 7 093

    - 6 927

    - 7 881

    - 6 918

     

    Malgré les résultats médiocres (dont certains – comme les provisions sur le goodwill italien – n’ont pas d’impact sur la trésorerie), le groupe préserve sa structure financière :

    - les fonds propres se renforcent, avec le maintien du paiement d’une partie du dividende en titres ;

    - ce qui permet de financer les investissements sans trop de difficulté ; le groupe pratique en effet un renforcement de son endettement financier à long terme, compensé par une diminution significative de son endettement à court terme et une hausse des liquidités.

     

    De fait, le taux d’endettement financier diminue à nouveau de manière significative : il était encore de près de 47% en 2014, à 39% en 2015, puis à 32% en 2016 ; il est réduit à un peu plus de 25% en 2017.

     

     

    Groupe Carrefour – Données consolidées en M€

    2010

    2011

    2012

    2013

    2014

    2015

    2016

    2017

    Fonds propres groupe

    Fonds propres minoritaires

    Dettes financières à plus d’un an (1)

    Dettes financières à moins d’un an (1)

    A = Total endettement (1)

    B = Total Fonds propres

    Taux d’endettement financier : A/B (%)

    9 584

    979

    8 746

    527

    9 273

    10 563

    87,7

    6 617

    1 009

    7 696

    - 592

    7 105

    7 626

    93,2

    7 487

    874

    8 589

    - 4 564

    4 025

    8 361

    48,1

    7 844

    754

    6 934

    - 3 150

    3 784

    8 597

    44,0

    9 191

    1 037

    5 844

    - 1 058

    4 786

    10 228

    46,8

    9 633

    1 039

    6 232

    - 2 089

    4 143

    10 672

    38,8

    10 426

    1 582

    5 764

    - 1 937

    3 827

    12 008

    31,9

    10 059

    2 099

    6 6634

    - 3 573

    3 061

    12 158

    25,2

    (1) Les dettes sont retraitées des financements clients

     

    Par suite, le groupe dispose à nouveau de marges de manœuvre au niveau financier.

     

     

    B. Boussemart – 29 mars 2018.

     

     

     

     


    6 commentaires
  • Bonjour

    Vous pourrez voir demain sur France 3 l'émission "Pièces à conviction" consacrée à "Bernard Arnault, l'art de payer moins d'impôts".

    Avec une petite contribution à ce film.

    B. Boussemart


    votre commentaire
  • Bonjour

    Vous pourrez voir demain sur France 3 l'émission "Pièces à conviction" consacrée à "Bernard Arnault, l'art de payer moins d'impôts".

    Avec une petite contribution à ce film.

    B. Boussemart


    votre commentaire
  • Bonsoir

    Je viens d'écouter ce soir diverses radios sur les sujets d'actualité (les retraités nantis qui sont dans la rue ; les cheminots qui contestent la réforme de Macron et de ses sbires ...) et la discussion sur Antenne 2, et notamment le fait que les pauvres capitalistes nous demandent encore des sacrifices pour préserver notre avenir.

    Quelques remarques immédiatement (je vais mettre sur ce blog dans les jours qui suivent les preuves de ce que j'avance) :

    - les retraités nantis : les seuls arguments sont sur des moyennes de revenus (quelles moyennes d'ailleurs ?), qui feraient que les revenus des retraités seraient supérieurs à ceux des jeunes actifs ... La bonne blague. De quels revenus parle t-on ? Des revenus des travailleurs, ou des revenus des riches du CAC 40 et autres ? On ajoute des choux et des carottes : les revenus des sieurs Dassault, Arnault etc ... qui sont au-dessus de l'âge légal de la retraite, à ceux des ouvriers de chez Renault, de la fonction publique etc ... qui n'ont pas eu le plaisir d'accumuler des titres pour bénéficier des revenus du capital !!! Honte à RTL et consorts ... qui ont en rajouté toute la journée ! Et la manipulation marche à fond : même des retraités à 2 000 € par mois se sentent coupables ! Et on leur raconte la solidarité etc ... le fait que leurs parents n'avaient que le minimum vieillesse etc ... Et le PIB .. Messieurs les calculateurs en chef des retraites .. . De combien a t-il augmenté ? Et quelle est sa répartition entre les riches et les pauvres ? De plus en plus d'inégalités, y compris au sein des retraités. Monsieur Macron, on a bien compris votre stratégie : vous voulez remplacer la lutte des classes par la lutte des catégories d'âges ... Mieux diviser pour mieux régner ...

    - les cheminots nantis. Autre bonne blague. J'ai eu l'occasion à deux reprises sur Radio Campus (hier et le 7 mars), c'est public, vous pouvez vérifier, que non seulement la SNCF (et il faut bien évidemment regarder le niveau comptable auquel on s'attache) n'a pas perdu d'argent entre 2006 et 2017, mais que sa dette est uniquement liée à deux faits importants : d'une part que l'Etat n'a jamais mis en capital de l'argent à la hauteur de ce qu'il demandait comme service public à la SNCF (mobilité comme réseau, et surtout réseau - c'est joli de faire des lignes TGV, mais il faut les financer) ; et surtout qu'au niveau comptable, la réforme de 2014-2016 a transféré la totalité de la dette que l'Etat devait garantir vers la SNCF (je vais donner l'écart des comptes consolidés entre groupe SNCF 2013 et groupe SNCF 2017 - comme par hasard, les comptes groupes ne sont pas disponibles en 2014 et 2015, au moment où les manipulations financières sont au top), sans oublier le fait que les rares pertes comptables (deux exercices connus sur la période 2006-2017) sont uniquement liées à des "pertes de valeur" décidées par la direction de la SNCF, par rapport à sa stratégie. En d'autres termes, on décide par exemple de fermer des gares, et on provisionne (donc on crée des pertes comptables) qui "obligent" financièrement à ces fermetures ... Et le plus gros de ces "pertes de valeur" sont liées à Réseau Ferré de France (près de 9 milliards d'euros en 2015). Ce qui entraîne des fonds propres négatifs pour l'ensemble du groupe SNCF (mobilité comme réseau), une manière de justifier la politique actuelle ... préparée de longue date. Monsieur Macron, on a bien compris votre stratégie : diviser les catégories de français les unes par rapport aux autres ... Et aux financiers de rafler la mise !!! Là encore, Macron se dévoile : ici aussi, c'est diviser pour mieux régner ... Les "nantis de la SNCF et de la fonction publique" ... par rapport aux salariés du privé, qui tirent également la langue (vu les faibles hausses de salaires accordées par les copains du CAC 40). Pourquoi Macron ne donne pas son salaire lorsqu'il était à la banque Rothschild ? La comparaison des privilégiés serait enfin intéressante !!!

    - encore ce soir, une représentante bcbg de la république en marche qui nous explique sur France 2 que les entreprises n'ont pas assez d'argent pour investir ... et qu'il faut les aider ... Autre bonne blague du macronisme. Les groupes mondiaux (y compris français) n'ont jamais autant gagné d'argent et n'ont jamais accumulé autant d'argent. Là est tout le problème capitaliste. Au contraire, ils ne savent plus quoi faire de leur argent, sinon spéculer. D'où les hausses faramineuses des bourses mondiales ... qui commencent à paniquer (depuis plusieurs semaines) à la moindre nouvelle politique ou économique. Nous avons déjà dit que le capitalisme était moribond .. Nous confirmons ... Voir notre prochain ouvrage, chiffre à l'appui.

    En attendant, il faut soutenir toutes les luttes qui existent actuellement. Oui ; vous ne savez pas ; mais informez vous. Ne comptez pas sur la presse Dassault, Drahi, Pinault, ... (voir mon ouvrage sur les grandes fortunes, les banquiers et les politiciens) pour vous donner l'information.

    Allez la chercher. Vous la trouverez. Bonnes grèves et bonnes luttes. Un cinquantenaire (1968-2018), ça se fête dignement.

    B. Boussemart

     


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires